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Alice SOLLIER
Née Alice MAILLE devenue Alice MATHIEU-DUBOIS
reconnue par le mariage de ses parents en 1867
épouse de Paul SOLLIER, psychiatre
Née le 3 avril 1861 à 8h du matin à Compiègne 60 Oise
Selon copie acte n°196 via Marc Brun
Décédée le 29 janvier 1942 à 23h30 à Paris 14e
Selon acte n°737 Archives de Paris 14e en ligne - vue 14/31

Détail piquant : une jeune négresse… a subi avec succès le baccalauréat de lettres…
Fille d’un esclave noir de Guyane affranchi, devenu dentiste
Première femme noire médecin honorée sur la Tour Eiffel
Conquérante de l’humain aux avant-postes de son temps
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Détail piquant : une jeune négresse…
a subi avec succès le baccalauréat de lettres…
Une femme -noire de surcroît- se pique d’étudier et pratiquer la médecine à l’égal des hommes, voilà de quoi ébranler les convenances en cette fin de 19e siècle. Pourtant, il n’y a guère lieu de s’inquiéter : ces avant-gardistes sont exceptions !
La presse s’en saisit, histoire de faire le buzz à propos de ces femmes savantes.
Ces audacieuses osent bousculer l’ordre établi et ouvrir des voies aussi inédites qu’ardues vers l’égalité homme-femme. Dans le contexte français où le droit de vote et d’éligibilité ne sera reconnu aux femmes qu’en 1944, il est naturel de le faire savoir avec le vocabulaire en usage à l’époque.
À la Faculté des lettres… Détail piquant : une jeune négresse, Mlle Mathieu-Dubois, déjà bachelière ès sciences de l’an passé, a subi avec succès des épreuves qui étaient affrontées pour la première fois, croyons-nous, par une femme de race noire.
Par cet entrefilet du 12 décembre 1880 dans le quotidien Le Gaulois, les lecteurs découvrent un exploit pittoresque relaté selon les termes habituels nés de l’esprit colonialiste et machiste.
Alice Mathieu-Dubois devient à 19 ans la 1ère bachelière noire et quelques années plus tard en 1887, la 1ère femme noire médecin, sortie de la Faculté de médecine de Paris ouverte depuis peu aux femmes après la pionnière Madeleine Brès.
Solidarité oblige dans le milieu médical sexiste où les femmes sont l’exception, elle se lit d’amitié avec Blanche Edwards, 1ère femme lauréate du concours de l’Internat de médecine en France.
Au moment de sa soutenance de thèse, la presse souligne encore cette rareté et sans la nommer : une doctoresse nègre, mulâtresse, une petite créole que les étudiants appellent bamboula.
Au-delà du style journalistique alors prisé, cette femme - bien que vue comme une curiosité de foire - poursuivra avec détermination et brio un parcours professionnel et humaniste d’exception.
Avec son époux Paul Sollier médecin-psychiatre, on la retrouve de 1889 à 1897 à la tête de la Clinique parisienne Villa Montsouris, devenant ainsi la 1ère femme à diriger un établissement de santé privé dédié aux maladies nerveuses.

La dentition chez les enfants idiots par Mme Sollier au sommaire de L'Art dentaire, mai 1888
Fille d’un esclave noir de Guyane affranchi, devenu dentiste
Hors normes dès sa naissance, Alice est fille d’un esclave noir de la colonie de Guyane affranchi en 1834 ; alors devenu homme libre de couleur, il grandit à Cayenne et parviendra à devenir dentiste, profession alors en libre exercice, sans formation médicale mais avec obligation de payer patente. Installé à Compiègne, il exploite aussi un cabinet à Noyon jusqu’à son décès en 1890.
Dotée d’abord du patronyme de sa mère, Alice sera reconnue six ans plus tard en 1867 lors du mariage de ses parents et se nommera alors Alice Mathieu-Dubois. Suite au décès de sa mère quinze jours après le mariage, son père - lui-même fils d’une esclave africaine et de père inconnu - va pourvoir seul à son instruction.
Le choix de la médecine chez Alice est sans doute inspiré de la profession paternelle si bien qu’elle prendra en 1887 comme thèse de son doctorat : L’état de la dentition chez les enfants idiots et arriérés : contribution à l’étude des dégénérescences dans l’espèce humaine.
Par la suite, elle s’oriente vers les maladies nerveuses.

Première femme noire médecin honorée sur la Tour Eiffel
Co-directrice avec son mari de 1897 à 1921 du Sanatorium de Boulogne-sur-Seine spécialisé dans le traitement des maladies du système nerveux et de la toxicomanie, elle est interviewée en 1904 sur son rôle et sur la place des jeunes filles dans les études et carrières médicales.
En l’absence de son mari mobilisé dès le 2 août 1914, Alice Sollier assume la direction du sanatorium pendant toute la durée de la guerre, avec un rare dévouement. Elle assure fin août 1914 l’évacuation vers la zone de l’intérieur de tous les malades qui seront à nouveau réunis dans l’établissement quelques semaines plus tard après la bataille de la Marne.
À partir des années 1920, elle exerce comme médecin et co-directrice à la clinique neurologique de Saint-Cloud puis au sanatorium de la Malmaison à Rueil-Malmaison jusqu’en 1935 sans le diriger.
Au décès de son mari en 1933, la presse relate le parcours de Paul Sollier et de son admirable femme et collaboratrice.
Décorée de la Légion d’honneur, elle est honorée notamment par une rue à son nom dans sa ville natale et une place du 13e arrondissement de Paris lui est dédiée.
En soignant mes malades, toute la journée je suis… moi-même toute la journée.
Mes amis… ce sont mes patients, et je n’ai pas de plus belle distraction que de les soigner.
(Interview d’Alice Dubois par Madeleine Israël dans Les Dimanches de la femme en 1931)
Sources documentaires :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_Mathieu-Dubois
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/alice-dubois-mathieu-la-premiere-femme-noire-medecin-en-france-va-avoir-une-rue-son-nom
https://youtube.com/shorts/aQ1DTs-0_i0?si=wDPBrpF2IM9fd7zj
https://numerabilis.u-paris.fr/ressources/pdf/sfhm/chm/chmx2020/chmx2020x04.pdf
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k523666h/f2.item
https://www.lequotidiendumedecin.fr/archives/il-y-150-ans-la-faculte-de-medecine-de-paris-souvrait-aux-femmes
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bamboula
Conquérante de l’humain aux avant-postes de son temps
Habitée par le bel esprit chevaleresque du Bélier, Alice traverse son temps en Prométhée humaniste.
Stimulée par les obstacles, elle s’active sans relâche pour servir l’humain avec ardeur dans ce qui est nécessaire pour son devenir.
(Maison XII avec Mars maître Soleil/Bélier importante)
Conquérante et indépendantiste par nature, elle révolutionne les normes de son temps pour ouvrir en pionnière des voies nouvelles, au nom de cette mission humaniste.
Elle se montre insensible aux sarcasmes et vocabulaire péjoratifs à son égard.
(Lune/Capricorne et Vénus/Bélier).
C’est ce qui lui permet d’avancer sans cesse en altruiste peu impressionnable pour aider ses patients
à surmonter la maladie afin de recouvrer autonomie et indépendance.
L’influence Gémeaux associée à l’intuition neptunienne l’oriente probablement vers les maladies nerveuses et de dépendance psychique où contact et paroles jouent un rôle déterminant.
(Ascendant Gémeaux avec Mercure/Poissons conjoint à Neptune/MC + amas en XI)
L’influence jupitérienne favorise popularité et réussite dans ses entreprises.
(Jupiter/Lion au FC en liens positifs avec amas en XI et ascendant)
Hommage à l’exemplaire Alice Sollier qui a initié des voies d’avenir pour la femme

(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)
Merci à Marc Brun pour ce signalement
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