Première femme diplômée psychiatre en France,
Féministe, anarchiste, avant-gardiste, jusqu’au-boutiste, à la pointe du combat…

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Madeleine PELLETIER

Née Anne Madeleine PELLETIER le 18 mai 1874 à 23h30 à Paris 2e
Selon acte n° 727 - Archives de Paris en ligne -

 Décédée le 29 décembre 1939 à Épinay-sur-Orge Essonne 91

 


Madeleine Pelletier vers 1900

 

…évidemment, je suis née plusieurs siècles trop tôt. (Madeleine Pelletier)

Il ne faut pas être par un homme, mais par soi-même. (Madeleine Pelletier)

L’idéal est une illusion, mais sans cette illusion la vie ne vaut pas la peine.
(Madeleine Pelletier)

Prométhée bâtisseuse au nom des femmes et pour leur devenir

 

 

…évidemment, je suis née plusieurs siècles trop tôt. (Madeleine Pelletier)

Ce cliché de Madeleine Pelletier alors âgée de 26 ans, nous restitue un regard volontaire et déterminé qui ne craint rien ni personne pour défendre jusqu’au bout ses idées avec énergie et sans rien lâcher.

Le cheveu court et vêtue sobrement à la masculine, elle fait autorité par sa stature-même et impose un respect induit d’abord par ses convictions puis par le vestimentaire qui lui permet de se démarquer sans effet de séduction.

Doctoresse anarchiste d’une incroyable modernité, Madeleine Pelletier entre dans l’histoire pour être la 1ère féministe à défendre le droit à l’avortement en 1911. Ce droit ne verra le jour qu’en 1975 sous le nom de loi Veil.

En 1898, elle fait partie des 129 femmes sur les 4 500 étudiants en médecine.

Un an durant, elle doit se battre, notamment avec le soutien du journal La Fronde fondé par Marguerite Durand, avant d’être admise 1ère femme médecin à l’Internat.

Pendant cette période d’internat passée dans les asiles psychiatriques de la Seine, elle est initiée en franc-maçonnerie et publie de nombreux articles dans des revues scientifiques.

Bien décidée à faire évoluer la société et la médecine de son temps, celle qui sera en 1906 la 1ère femme psychiatre diplômée en France, trace un chemin de vie hors du commun qui interpelle encore notre XXIe siècle.


Madeleine Pelletier : « Un chapeau melon, un costume d'homme et une canne,
qui lui donnent un faux air d'Oliver Hardy » (Hélène Soumet professeur de philosophie)

 

Il ne faut pas être par un homme, mais par soi-même. (Madeleine Pelletier)

Issue d’une famille pauvre, elle est seule survivante avec son frère des douze grossesses de sa mère, marchande de légumes accaparée par les soins à donner à son époux, ex-cocher de fiacre devenu paralysé. Opposée aux convictions royalistes et religieuses de sa mère peu aimante, Madeleine vit une enfance malheureuse et arrête ses études à l’âge de 12 ans puis s’intéresse à la politique.

Vers ses 15 ans, fréquentant les cercles anarchistes, elle comprend la nécessité de l’instruction et décide de passer seule le baccalauréat qu’elle réussit en 1897 avec la mention « très bien ». Ensuite, elle suit un cursus afin de devenir médecin.

Selon Christine Bard, historienne du féminisme, Madeleine choisit une carrière scientifique car c’est ce qui est le plus coté au masculin et donc le plus valorisé dans la société. Elle comprend aussi que dans les sciences se joue un des noyaux du sexisme avec dans l’idée que les femmes sont inférieures intellectuellement aux hommes.

C’est ce qui la poussera à se tourner vers l’anthropologie pour étudier le rapport entre la taille du crâne et l’intelligence selon la théorie alors en vogue de Paul Broca.

En 1906, devenue médecin des Postes à Paris 14e, Madeleine Pelletier doit aussi pour vivre exercer la nuit dans les quartiers pauvres.

Opposée aux « féministes en dentelle » qu’elle juge trop timorées, elle peine à insuffler un activisme revendicatif dans le groupe La solidarité des femmes dont elle est devenue présidente.

Adhérente à la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) où ses idées jugées extrémistes l’isolent, elle se rapproche alors des anarchistes qui partagent certaines de ses convictions : l’abolition du mariage, le néomalthusianisme, l’avortement, l’antimilitarisme.

 


Le Libertaire
du 1er août 1914, journal auquel collabore Madeleine Pelletier depuis début 1914.

 

L’idéal est une illusion, mais sans cette illusion la vie ne vaut pas la peine.
(Madeleine Pelletier)

Sortie de moult déconvenues, lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, elle s’investit dans la Croix-Rouge sur le champ de bataille de la Marne pour en revenir encore plus antimilitariste et découragée par la bêtise de l’être humain.

Attirée à partir de 1920 par l’idéal communiste, elle entreprend d’aller voir, de ses yeux et seule, « les réalisations » de la Russie soviétique, notamment à propos de l’égalité des sexes. Ce voyage clandestin est une déception car la réalité (famine, pauvreté, inquisitions policières) ne correspond en rien au monde rêvé. Après quelques années de collaboration, Madeleine Pelletier quitte en 1926 le parti communiste.

Dès lors, elle fréquente la mouvance anarchiste et continue à mener une vie publique et militante. Au travers de ses multiples prises de position et publications, elle dénonce notamment le fascisme montant des années 1920, en Italie.

Parvenue à une meilleure situation matérielle, elle peut s’acheter une maison à Gif-sur-Yvette, passer son permis de conduire et acquérir une voiture.

Son militantisme malthusien lui vaut de solides inimitiés et on l’accuse en 1933 d’avoir pratiqué un avortement. Fin 1937, devenue hémiplégique, elle doit interrompre un temps ses combats et recourir aux dons de ses amis pour survivre.

Condamnée à être internée d’office, elle meurt à 65 ans d’un AVC.

 

Sources documentaires :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Madeleine_Pelletier
https://maitron.fr/pelletier-madeleine-pelletier-anne-madeleine/
https://www.youtube.com/watch?v=dWQ_JhdwW_0
https://www.youtube.com/watch?v=KDJALBE3vxw
https://www.humanite.fr/histoire/feminisme/la-doctoresse-madeleine-pelletier-feministe-et-revolutionnaire

 

 

Prométhée bâtisseuse au nom des femmes et pour leur devenir

Habitée par de puissantes convictions qui allient avec force réalisme terrien et théories intellectuelles avant-gardistes, telle pourrait être l’esquisse du caractère de Madeleine Pelletier.

C’est pourquoi elle ne peut se contenter de la doctrine communiste théorique, il lui faut aller voir sur place la réalité quotidienne du peuple russe, seule et en indépendante.

(Ascendant Capricorne avec Uranus en Verseau et en I ; triplicité de terre habitée par 6 planètes ; amas au Taureau avec Soleil-Pluton-Mercure ; Vénus maître du Taureau en Gémeaux et conjointe à Mars)

 Depuis sa prime jeunesse jusqu’au terme de sa vie, elle est cette Prométhée qui révolutionne son temps et lui fait dire : …évidemment, je suis née plusieurs siècles trop tôt.

 Faire ce qui ne s’est encore jamais fait et dire ce qui ne se dit pas, Madeleine Pelletier est de celles-là, quoi qu’il lui en coûte car militer pour ses convictions au nom de l’humain est vital et même viscéral pour elle.

 Internée comme folle, notre doctoresse incarne au féminin cet autre extrémiste de la mythologie, Prométhée qui ose voler le feu de la connaissance à la roue du Soleil pour le porter aux humains afin d’acquérir une indépendance qui lui est si chère.

Pour avoir commis ce forfait, Prométhée sera enchaîné sur un rocher.

 Le parcours de vie de cette battante, dédié au combat pour l’humain et l’égalité des sexes, montre encore la voie en notre 21e siècle.

 Portant en son caractère le besoin de libérer la femme de l’emprise d’asservissement et de dépendance, Madeleine Pelletier se doit de s’activer sans faiblir et sa vie durant à ce combat, synonyme de réalisation personnelle.

(Lune affaiblie en Cancer et en VI)

Voilà incarné ce que permet le puissant Taureau bâtisseur allié au Capricorne héros de la persévérance en lien avec le Verseau prodigieux révolutionnaire nanti d’une âme d’assistant social.

 


Logiciel Auréas Astro-PC Base - Version 11

 

Merci à Marie-Pierre pour ce signalement.

 


Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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