|
Jean GAUTHERIN
Né le 19 décembre 1840 à 16h à Ouroux-en-Morvan Nièvre 58
Selon acte n° 64 – AD58 en ligne – vue 445/1150
Décédé le 21 juillet 1890 à 15h à Paris 6e
Selon acte n°1390 – Arch. Paris en ligne – V4 E 5960 – vue 13/31

Son buste de Marianne est adopté par la Mairie de Paris en 1880
Venu à Paris grâce au bon lait de sa mère
Du plâtre au marbre, un talent reconnu à l’international
Habile metteur en scène et dompteur stylé de la matière dure
|
Son buste de Marianne est adopté par la Mairie de Paris en 1880
Extraordinaire parcours de vie que celui de Jean Gautherin, petit berger illettré devenu illustre sculpteur !
De ses doigts habiles de sculpteur naît une Marianne dont le buste en marbre blanc est remarqué du public au Salon des artistes de 1880 à Paris.
Le torse de sa Marianne est habillé d’un corsage à lacets et les cheveux flottants s’échappent d’un bonnet phrygien, symbole de liberté retrouvée par référence aux esclaves affranchis de l’Empire romain.
Nous sommes à la fin de la décennie 1870 au terme de six années d’ordre moral, la IIIe République renoue enfin avec la tradition républicaine symbolisée par l’hymne national la Marseillaise et la Fête du 14 juillet. C’est alors que partout en France, les bustes de Marianne s’installent en masse dans les mairies et les écoles. Il faut dire que depuis 1848, cette figure allégorique de la République est restée à l’écart des représentations officielles.
Le Conseil municipal de Paris adopte alors la Marianne de Gautherin et l’installe dans l’Hôtel-de-Ville. Ainsi la salle des Mariages de la mairie du 7e arrondissement, rue de Grenelle, s’orne d’une Marianne de Gautherin qui a vu célébrer notamment en juillet 1918 l’union de Pablo Picasso avec la danseuse russe Olga Khokhlova sous le regard d’illustres témoins dont Jean Cocteau.
Ainsi, des mains géniales de ce statuaire morvandiau de 40 ans débarqué tout jeune dans la capitale, sort une œuvre symbole du triomphe allégorique de la République.
Son talent précoce vite remarqué l’amène à exposer dès l’âge de 25 ans et jusqu’à sa mort.
Outre pour la Ville de Paris, il travaille pour le casino de Monte-Carlo, les cathédrales de Marseille et de Nevers, la maison Christofle et l’on trouve aussi ses œuvres à Copenhague avec la statue de l’impératrice de Russie Maria Feodorovna.

Buste de Marianne sculptée par Jean Gautherin - 1880
Venu à Paris grâce au bon lait de sa mère
Né dans une famille paysanne du hameau de Savault au cœur du Morvan, Jean Gautherin montre très tôt des dons pour le dessin et de ses doigts d’enfant sortent des sculptures formées avec son couteau dans des morceaux de bois.
Gardant les moutons de son voisin, il sculpte de petits bâtons qu’il offre à ses camarades.
Sa mère, nourrice sur place à Paris, travaille pour un directeur de l’hôpital de la Salpêtrière. Réputées pour être de bonnes allaitantes, les Morvandelles louent leurs services dès le XIXe siècle soit chez elles dans le Morvan, soit au domicile de riches familles de la capitale.
Quand lors d’un voyage à Paris, le père de Jean Gautherin donne une des œuvres de son fils au patron de sa femme, ce dernier est si impressionné qu’il lui offre son voyage à la capitale.
Ce clin d’œil du destin entrouvre la chance d’une carrière célèbre pour le sculpteur prodige mais illettré. Il lui faut d’abord faire ses humanités (apprentissage des lettres, de l’histoire, des langues, de l’art…).
Ses dons artistiques lui ouvrent la porte de l’École d’apprentis des Gobelins puis il travaille auprès d’autres sculpteurs avant d’être admis à 23 ans à l’École des Beaux-Arts de Paris.
Ses progrès sont tels que Jean Gautherin accède en 1865 au « Salon » - célèbre manifestation artistique parisienne du XIXe siècle - où il décroche une première médaille.

Sculpture de Jean Gautherin à l’Hôtel-de-Ville de Paris - 1881
Du plâtre au marbre, un talent reconnu à l’international
Si son premier grand succès est le plâtre, il taille ensuite le marbre.
La guerre de 1870 l’amène à être incorporé dans les bureaux de l’intendance en raison de sa faiblesse de constitution.
La paix revenue, il reprend son ciseau de sculpteur et produit toujours beaucoup de portraits. On lui reconnaît un art proche de l’excellence pour rendre quasiment à la perfection le caractère d’une physionomie.
De son séjour à Copenhague en 1885, il reste dans cette ville un important fonds de ses œuvres.
Si son activité de sculpteur reconnu lui vaut de beaucoup voyager, il revient toujours lors de ses vacances dans son Morvan natal à Montsauche.
Cofondateur de la Société des Amis des Arts de la Nièvre, l’ancien gamin illettré sculpteur de morceaux de bois, meurt à l’aube de la cinquantaine, au sommet de son art.

Le Réveil - Jean Gautherin - Salon de 1882
Sources documentaires :
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Gautherin
https://www.patrimoinedumorvan.org/culture/personnages-celebres/jean-gautherin-sculpteur-1840-1890
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nourrice_morvandelle
https://paris1900.lartnouveau.com/biographies/sculpteurs/gautherin.htm
https://musees-reims.fr/oeuvre/le-reveil
https://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/patrimoine/la-bibliotheque/les-bustes-de-marianne
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bonnet_phrygien
https://www.paris.fr/pages/a-la-mairie-du-7e-l-elegance-d-un-lieu-pour-dire-oui-31866
- Les Objets racontent l’histoire Éditions France-Loisirs p.180

Le Paradis perdu de Jean Gautherin – Mairie Paris 5e - 1881
Habile metteur en scène et dompteur stylé de la matière dure
Chez ce Sagittairien typé, l’art de mettre en scène dans l’ampleur et dans l’espace est inné.
(Soleil/Sagittaire en VII conjoint au descendant et à Saturne et où cohabitent Mercure maître d’ascendant et Jupiter maître des lieux en VI)
Il lui faut se coltiner la pierre la plus dure, la plus durable et la plus noble, c’est ce que lui permet la sculpture du marbre.
Ses œuvres souvent monumentales destinées à être mises en représentation publique sont messages populaires par-delà le temps et les modes.
Ainsi sa Marianne qui le fait entrer dans la célébrité est symbole durable d’une époque où justement la République s’ouvre au peuple.
Ardent à la tâche - qui est sa raison d’exister -, il sait restituer avec un art quasiment parfait, une expression émouvante et finement gravée dans le marbre.
C’est le cas des bustes destinés à restituer et honorer des personnages illustres.
En digne et idéaliste Sagittairien, il se fait ainsi passeur d’une histoire livrée au regard populaire par-delà les époques, et à travers ses sculptures visibles dans des lieux publics.
Hommage à ce sculpteur surdoué
dont les œuvres sont témoignages publics et pérennes.

(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)
Merci à Marie-Édith et Jacques pour le prêt de l’ouvrage
où j’ai découvert ce génie de la sculpture
|