Au 19e siècle, il est l’un des plus grands facteurs d’orgues, cette profession héréditaire où s’exprime son génie lui ouvre une prestigieuse destinée internationale. Il est le créateur de plus de 500 instruments.

télécharger cet article

 

Aristide CAVAILLé-COL
Né Aristide Cavaillé dit Cavaillé-Col

Le patronyme Col provient de sa grand-mère paternelle

Né le 4 février 1811 à 4h du matin à Montpellier Hérault 34
Selon acte AD34 en ligne – 5 M i 1/60 – naissances 1811 – vue 35/284

Décédé le 13 octobre 1899 à Paris

 

 

 

Héritier de facteurs d’orgues, il attache son nom aux plus prestigieux de ces instruments.

Par l’hérédité, il baigne déjà dans la facture d’orgues depuis deux générations et tout naturellement Aristide fait son apprentissage dans cette profession, associé à son père et à son frère aîné. La famille réside à Toulouse.

Il a 19 ans quand, étudiant en mathématiques, il invente avec son frère et son père, un instrument à clavier à anches libres baptisé poïkilorgue qui est un orgue varié expressif.

Cet instrument est remarqué par Rossini lors de la représentation à Toulouse, de son opéra Robert le Diable. Le compositeur les incite à venir à Paris car il a besoin d’un petit orgue pour la représentation d’un opéra. C’est ainsi que la famille Cavaillé s’installe dans la capitale en 1833 à la demande de Rossini.

Aristide ne tarde pas à révéler un peu de son génie créatif et novateur en remportant le concours ouvert pour construire le grand orgue de l’abbaye royale de Saint-Denis, avec l’appui de quelques grands compositeurs.

Cet instrument colossal  et inédit est une brillante réussite et signe le début d’une éblouissante carrière de facteur d’orgues.

Par la suite, aidé de son père et de son frère, il construit les orgues de nombreuses églises à Paris et en province. Dans la capitale, les plus prestigieuses paroisses se doivent de faire appel à son savoir-faire génial.

Ainsi parmi quelque 500 instruments sortis de ses mains, figurent les orgues des cathédrales d’Amiens, Rennes, Nancy, la basilique Saint-Cernin à Toulouse, l’église Saint-François-de Sales à Lyon…

Son savoir-faire séduit hors de nos frontières, notamment en Belgique, Espagne, Pays-Bas, Royaume-Uni.

 


https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0e/PlaqueCavailleCollStSulpice.jpg

 

Il éleva son métier à la hauteur d’une science et d’un Art…

Dans la dernière décennie du 19e siècle, le déclin des commandes s’amplifie et pousse l’entreprise à la faillite. Miné par la maladie et les soucis financiers, Aristide cède son entreprise à Charles Mutin le 15 mars 1898.

Aristide Cavaillé-Col, atteint par ailleurs d’une cécité galopante, survit peu à ce naufrage et décède en octobre de l’année suivante.

On lui attribue l’invention de la scie circulaire, en réalité, il se contente de l’améliorer.

Lors de l’éloge funèbre, Charles Mutin évoque ainsi ce créateur d’exception :

« Le Patron ... ce nom, en désignant M. Cavaillé-Coll, n’avait rien de l’appellation familière que des employés donnent au chef d’une maison ; il voulait dire quelque chose de plus, de plus affectueux aussi. Cavaillé-Coll fut le chef et le protecteur de la facture d’orgues tout entière ; lui seul, et pas d’autres, éleva son métier à la hauteur d’une science et d’un Art, et grâce à son génie l’Orgue est devenu l’instrument merveilleux que nous possédons aujourd’hui. »

En hommage à la mémoire de cet inventeur d’instruments à vent, un astéroïde découvert en 1990 porte son nom : l’astéroïde 5184 Cavaillé-Col.

 

Aristide est de la trempe des bâtisseurs de cathédrales.

Sa subtile inspiration de visionnaire est alliée à un génie créatif d’avant-garde. Il se fait alchimiste de l’orgue jusqu’à la perfection et aucun défi ne le rebute.

Chaque commande est pour lui un challenge audacieux et risqué stimulant sa créativité qui s’exprime toujours avec de l’ampleur et une rigueur sans faille.

 

 

Merci à Denis Marconnet – facteur d’orgues - pour sa causerie brillante et experte sur l’histoire des orgues qui m’a fait connaître ce nom prestigieux.
http://montbrisorgue.chez-alice.fr/

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

haut de page