La renommée de sainteté de cette religieuse carmélite lui vaut d’être canonisée par le Pape François le 16 octobre 2016. Auteur de nombreux écrits, elle considère l’ascèse du silence nécessaire pour pouvoir vivre avec Dieu.

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Sainte Elisabeth de la Trinité
Née Marie Elisabeth Joséphine CATEZ

Le 18 juillet 1880 à 8h du matin à Farges-en-Septaine Cher 18
Selon acte n°13 source AD18 en ligne – 3 E 4994 1873-1887 – vue 119/453

Décédée le 9 novembre 1906 à Dijon 21 Côte-d’Or

 


https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_de_la_Trinit%C3%A9

 

Enfant colérique, volontaire et turbulente

Dès l’adolescence, elle veut être religieuse carmélite

Sa mère consent à son entrée au Carmel à sa majorité

La vie au Carmel, une ascèse du silence et de la solitude

Tout passe, l’amour seul demeure, il faut tout faire par amour.

L’amour, dans la tendresse et la force de sa foi

 

 

Enfant colérique, volontaire et turbulente

Née dans une famille chrétienne, d’un père capitaine, elle montre très tôt un attrait pour la prière. Elle a sept ans, quand son père meurt dans ses bras. Avec sa sœur, elles sont ensuite élevées par leur mère.

Dès l’âge de huit ans, elle affirme vouloir être religieuse.

D’un tempérament colérique et volontaire, elle est une enfant turbulente. Son institutrice dit d’elle : Cette enfant est d'une volonté de fer, il faut qu'elle arrive à ce qu'elle désire.

Elève au Conservatoire de musique, elle s’y révèle brillante au point de décrocher le premier prix.

Lors de sa première communion, elle reçoit de la supérieure du Carmel une image avec l’explication de son prénom qui signifie en hébreu Maison de Dieu.


https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_de_la_Trinit%C3%A9

 

Dès l’adolescence, elle veut être religieuse carmélite

Elle signale vouloir être religieuse carmélite, mais sa mère peu convaincue par cette vocation, l’encourage discrètement à découvrir la vie mondaine d’alors. C’est ainsi qu’Elisabeth semble apprécier soirées et dîners mondains où on lui demande de jouer au piano, art où elle excelle. Les vacances familiales lui font découvrir la mer et la montagne. Ce qui est rare à l’époque.

Parmi les activités de la paroisse, elle enseigne le catéchisme, participe à la chorale et les enfants sont charmés par son talent pour leur conter des histoires fantastiques.

A partir de son journal de vie qu’elle commence à l’âge de 18 ans, on sait qu’elle aime les belles robes, mais aussi qu’elle s’emploie à lutter contre son caractère colérique :

J'ai eu aujourd’hui la joie d’offrir à mon Jésus plusieurs sacrifices sur mon défaut dominant, mais comme ils m’ont coûté. Je reconnais là ma faiblesse.... Il me semble, lorsque je reçois une observation injuste, que je sens bouillir mon sang dans les veines, tant mon être se révolte... Mais Jésus était dans mon cœur et alors j’étais prête à tout supporter pour l’amour de Lui. 


https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_de_la_Trinit%C3%A9

 

Sa mère consent à son entrée au Carmel à sa majorité

En 1899, sa mère consent à son entrée au Carmel, à condition qu’elle soit majeure.

D’ici là, Elisabeth visite régulièrement le Carmel de Dijon et y rencontre un religieux dominicain, le Père Vallée ainsi que la Mère supérieure du Carmel qui lui sert de directrice spirituelle et la forme à l’esprit carmélitain.

Elle continue aussi ses voyages, notamment à l’Exposition universelle de 1900 à Paris. A cette occasion, elle visite la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

Au cours des mois suivant, les élans mystiques d’Elisabeth se font plus rares au point qu’elle se dit insensible comme une bûche, ne croyant que par volonté pure.

 

La vie au Carmel, une ascèse du silence et de la solitude

Elisabeth entrée au Carmel de Dijon le 2 août 1901, se montre joyeuse dans ses lettres à ses proches et parle de son amour du silence.

Le 8 décembre 1901, elle prend l’habit et reçoit son nom de religieuse Elisabeth de la Trinité.

Peu après, elle n’éprouve plus les joies de la prière et bien que marquée par sa lecture des écrits de grands saints, dont Thérèse de Lisieux, elle entre dans une année de doutes, d’impuissance et de lassitude au point qu’elle en vient à douter de sa vocation.

Selon la coutume carmélite, elle passe la nuit en oraison, la veille de sa profession religieuse dans le Carmel. Elle affirme alors avoir reçu sa vocation : j’ai compris que mon ciel commençait sur la terre, le ciel dans la foi, avec la souffrance et l'immolation pour Celui que j'aime.

Pendant ses années de Carmel, Elisabeth produit de nombreuses lettres, poèmes et écrits spirituels axés sur la Trinité et la louange.

Pour Elisabeth l’ascèse du silence – qui occupe une place très importante dans la spiritualité de l’Ordre du Carmel –  lui permet de vivre avec Dieu. En effet, tous les bruits extérieurs ou intérieurs (imagination, sensibilité, intellectualisme) sont autant  d’obstacles à la présence de Dieu.  Elle prie et développe une dévotion particulière à la Vierge Marie.

 

Tout passe, l’amour seul demeure, il faut tout faire par amour.

Mais à partir du Carême 1906, elle vit les premiers symptômes de la maladie d’Addison, insuffisance surrénalienne qui l’emportera à l’âge de 26 ans. Elle dit percevoir dans la souffrance une possibilité de vivre plus proche de Dieu.

Lors de la prière des agonisants récitée par les sœurs pendant son agonie, Élisabeth leur dit alors : Au soir de la vie tout passe, l'amour seul demeure. Il faut tout faire par amour.

Ses écrits publiés par la supérieure du Carmel rencontrent ensuite un grand succès.

Sa renommée de sainteté se développe à partir de 1931.

A partir de ses écrits, son univers spirituel et le contenu de sa pensée théologique sont reconnus d’une telle densité que Sœur Elisabeth de la Trinité est béatifiée en 1984 par le pape Jean-Paul II puis canonisée à l’automne 2016 par le pape François.

 

 

L’amour, dans la tendresse et la force de sa foi

Force et volonté se dégagent du caractère d’Elisabeth qui est riche d’une fine sensibilité ainsi que d’une lucidité aussi clairvoyante qu’intransigeante.

Et quand arrive l’injustice, le feu de la révolte la pousse à des élans de colère très difficiles à contenir.

Doté d’une grande détermination, sa conviction reste toujours solide même dans les obstacles.

Elle se sent une âme de mère servante dévouée et sa dévotion à la Sainte-Vierge lui vient de sa nature Cancer.

Humaniste et visionnaire, très solide dans l’action, elle a le sens du sacrifice qui permet une sublime élévation spirituelle.

Il lui faut rayonner l’amour à la fois dans la tendresse et la force d’une foi métamorphosante.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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