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L’un des plus virulents parmi « les Fauves », ce peintre autodidacte, géant sanguin et colérique, peint le monde tel qu’il le voit, même si cela doit choquer.
Coureur cycliste dans Paris-Roubaix  en 1897, et  rameur sur la Seine… il se fait aussi céramiste, peintre, violoniste, écrivain…

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Maurice de VLAMINCK

Né le 4 avril 1876 à 16h à Paris 1er
Selon acte n°489 – Archives de Paris en ligne – V4 E 2530 – vue 26/31

 Décédé le 11 octobre 1958 à Rueil-la-Gadelière Eure-et-Loir 28

 

 

La mécanique et les courses cyclistes pour vivre

Derain et Vlaminck, amis pour la vie !

Ce jour-là, j’aimais Van Gogh mieux que mon père !

Une peinture puissante et des écrits acerbes.

Je n’ai pas travaillé, j’ai peint !

Un puissant terrien, forgeron et ardent chevalier

 

 

La mécanique et les courses cyclistes pour vivre

Son ascendance est flamande, comme le signifie son nom. Son père est professeur de violon et sa mère enseigne le piano. La famille, aux moyens modestes, s’installe au Vésinet en 1879. Maurice, élève intelligent mais indiscipliné, fréquente des enfants beaucoup plus fortunés.

Jules Robichon, artiste-peintre et l’artisan bourrelier du Vésinet, lui enseignent quelques rudiments de peinture.

A 16 ans, il quitte sa famille et s’installe à Chatou où il travaille comme mécanicien avec comme passe-temps la peinture. Il s’enthousiasme pour le cyclisme qui écrit ses premières pages de compétitions.

A 18 ans, il se marie à Suzanne Berly dont il a trois filles.

Sur la ligne de départ du Paris-Roubaix 1897, il y a parmi les 52 pros un grand costaud à l’allure singulière (1m80 et 80kg). Maurice de Vlaminck, pédaleur, violoniste et peintre à ses heures, chasse les prix dans les courses cyclistes, histoire d’améliorer ses fins de mois très précaires. Mais les pistes cabossées et l’enfer du Nord ont raison de sa témérité et l’intrépide abandonne en cours de route.

La fièvre typhoïde l’empêche de continuer sa carrière cycliste. Il donne alors des leçons de violon.

Il apprécie peu la vie de caserne lors de son service militaire mais il trouve à vendre une de ses toiles au vétérinaire et peint les décors pour le théâtre du régiment.

Il s’adonnera à la peinture avec une prodigieuse énergie jusqu’à la fin de sa vie.

Personnage truculent, professant des idées anarchistes, il écrit des articles pour des journaux de gauche : l’Anarchie et Le Libertaire. A l’intellectualisme et à la discipline académique, il veut opposer la force de l’instinct.

 


Autoportrait

 

Derain et Vlaminck, amis pour la vie !

En 1900, un jour dans le train, Maurice engage la conversation avec un jeune homme également passionné de peinture : André Derain. Dès le lendemain, il plante leurs chevalets côte à côte et contents de leurs tableaux, décident de louer un atelier commun à Chatou. Ils resteront amis pour la vie.

De 1904 à 1906, Derain et Vlaminck sont les premiers initiateurs du Fauvisme  qui plaît aux jeunes peintres.

C’est au Salon des Indépendants de 1905 que leurs toiles jugées scandaleuses leur valent d’être catalogués comme Fauves. On parle alors de la « cage aux Fauves ».

Dénué de formation académique, Vlaminck peint avec fougue et nourrit une vraie passion pour l’art primitif, tandis que Derain travaille auprès de maîtres. L’instinct de la couleur pure et de la violence chromatique convient à son tempérament de rebelle.


Portrait de Derain

 

Ce jour-là, j’aimais Van Gogh mieux que mon père !

Bouleversé par la peinture de Van Gogh découverte lors d’une exposition en 1907, Maurice affirme : ce jour-là, j’aimais Van Gogh mieux que mon père !

La route devient alors un thème favori pour Vlaminck, lui le fanatique de courses cyclistes, de voitures de sport, et de longue randonnée sous la pluie et l’orage…

Il peint des paysages, sites urbains, scènes de rue, étalant la couleur par touche ou larges nappes, exaltant la violence des tons purs, des effets de contraste. Une formidable puissance expressive s’en dégage.

Découvrant la peinture de Cézanne, Vlaminck aborde alors une nouvelle manière de peindre et la page du Fauvisme se tourne. Il revient à une figuration plus traditionnelle. Il entre aussi en contact avec plusieurs de ses illustres contemporains, comme Picasso, Van Dongen, Max Jacob, Apollinaire…

Après une brève phase cubiste, il rejette ensuite ce style qu’il qualifie de négation de l’art de peindre.

 

 

Une peinture puissante et des écrits acerbes.

En séjour avec Derain dans le midi, il peint des vues de Martigues et de Marseille et reçoit des critiques élogieuses de ses œuvres. Sa peinture réalisée dans une pâte épaisse dans des tonalités puissantes, rencontrent un grand succès auprès du public.

Mobilisé lors de la Grande Guerre, il est rappelé à Paris comme dessinateur et ouvrier tourneur, sans délaisser la peinture pendant ses loisirs.

Vers la fin de la guerre, il loue un atelier à Montparnasse, mais refusant la vie superficielle de la capitale, il achète une maison  à Valmondois dans l’Oise.

Remarié en 1928 à Berthe Combe dont il aura deux filles, le peintre quitte Valmondois pour s’installer à Rueil-la-Godelière où il vivra jusqu’à la fin de ses jours dans une ambiance qui résume son idéal :

Une vraie femme, une maison, des petits, un boqueteau, un bout de rivière, des fleurs, des bêtes…

 


La moisson

 

Auteur d’illustrations de livres, de céramiques, de bois gravés, de lithographies, il publie Tournant dangereux en 1931, lui l’amoureux du risque, ou Portrait avant décès en 1943 qui fait scandale à cause de sa critique acerbe sur ses contemporains.

Il est l’auteur de 26 ouvrages, romans, essais, recueils de poèmes.

En novembre 1941, instrumentalisé par le pouvoir nazi, il fait avec Paul Belmondo, Paul Landowski et d’autres artistes français la fameuse tournée à travers l’Allemagne, selon le projet de Goebbels de faire émerger une nouvelle Europe. Vlaminck y apparait comme un voyou riche et anciennement roux, buté comme un paysan.

A la Libération, cela lui vaut une interdiction de publication par le Comité National des Ecrivains. Il vit retiré à la Tourilière où il meurt en 1958.

 


Les Ramasseurs de pommes de terre

 

Sur sa pierre tombale au cimetière de Rueil-la-Gadelière est gravée l’une de ses pensées :

Je n’ai jamais rien demandé. La vie m’a tout donné. J’ai fait ce que j’ai pu. J’ai peint ce que j’ai vu.

Il a son buste sculpté par Paul Belmondo à Rueil-la-Gadelière

 

Je n’ai pas travaillé, j’ai peint !

Dans son testament, il écrit notamment :

Je donne gratuitement à tous et toutes, les émotions profondes, dont le souvenir est encore frais et vivace en mon vieux cœur, que m’ont procurées les Ruysdaël, les Bruegel, les Courbet, les Cézanne, les Van Gogh… et je fais don sans regret, sans envie, de ce que je n’aime pas et de ce que je refuse : le lait pasteurisé, les produits pharmaceutiques, les vitamines, les ersatz, les rébus décoratifs et l’art abstrait.

 

Un puissant terrien, forgeron et ardent chevalier

Vlaminck artiste, peint et crée comme un solide paysan laboure sa terre avec puissante énergie et regard ouvert sur la nature qui l’entoure.

L’épaisseur des traits, la force des couleurs donnent une consistance quasi palpable tel un maçon construisant sa maison, comme si son œuvre émergeait directement de la terre-mère.

Avant-gardiste, volontiers provocateur par le pinceau et la plume, il aime prendre le risque de troubler l’ordre établi, d’affronter risque et danger pour se sentir en prises avec la vie et le monde.

Voyageur immobile, travailleur infatigable, il traverse son temps au rythme de la nature, avec la puissance du bâtisseur et aussi l’âme d’un chevalier prompt à guerroyer au nom d’une de ses solides convictions puisées dans un réalisme terrien.

Habité aussi par le feu impatient, il ressemble au forgeron alchimiste qui métamorphose puissamment la matière.

 

 

Sources documentaires :
Wikipedia et ouvrage Vlaminck de Georges Boudaille éditions Musée Personnel 13, rue Saint-Georges Paris – Ecole Française

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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