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Cette grande couturière exerce une influence majeure sur la mode du 20e siècle. Les modèles très audacieux de cette féministe révolutionnent les habitudes vestimentaires.

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Madeleine VIONNET
Née Marie Madeleine Valentine Vionnet

Le 22 juin 1876 à zéro heure à Chilleurs-aux-Bois Loiret 45
Selon acte N°25 – AD45 en ligne – EC 79079 – vue 65/177

Décédée le 2 mars 1975 à Paris 16e

 


Source : Wikipedia

 

Formée à la couture au lieu de devenir institutrice

De retour d’Angleterre, elle brille chez les sœurs Callot

Notoriété et succès pour sa maison de couture fondée en 1912

Novatrice dans ses créations et humaniste pour son personnel

Que de gens s'ignorent toute leur vie et courent après eux-mêmes…
 Il faut toujours se dépasser pour s'atteindre !
(écrits de Madeleine Vionnet)

 

 

Formée à la couture au lieu de devenir institutrice

Méconnue du grand public, elle est une référence dans le monde de la haute-couture. A l’égal de Coco Chanel, elle est un des mythes fondateurs de la mode contemporaine.

Inventrice de la coupe en biais, du drapé et des robes du soir moulantes, elle a treize ans en 1889, quand elle se retrouve ouvrière dans un atelier. Là elle se forme à toutes les techniques de la couture. L’année suivante, là voilà à Paris, chez le couturier Vincent , rue de la Paix.

Malgré une ascendance Vionnet dans la saboterie, elle naît d’un père gendarme devenu employé des douanes puis receveur d’octroi à Aubervilliers. Malgré son rêve d’être institutrice, son père la place à douze ans, chez la femme du garde-champêtre du village qui est couturière.

Mariée à l’âge de 18 ans à Emile Depoutot en 1894 ; leur fille décède en 1896 et le couple divorce.

Elle se remarie en 1923 avec Dimitri Netchvolodoff , ancien officier de marine russe à qui elle confiera une boutique de bottier, mais dont elle divorce vingt ans plus tard.

 

De retour d’Angleterre, elle brille chez les sœurs Callot

Son esprit féministe et conquérant prend le dessus quand elle quitte, travail, mari et pays pour s’expatrier au-delà de la Manche. Histoire d’apprendre l’anglais mais aussi de pratiquer d’autres techniques. D’abord, lingère dans un asile d’aliénés, elle rejoint ensuite, l’équipe d’une couturière qui habille la jet-set britannique en copiant les modèles venus de Paris. Là, elle découvre comment la copie d’œuvres est une banalité.

En 1900, fascinée par le style vestimentaire de la danseuse Isadora Duncan, elle se met à travailler l’art du drapé avec une telle maîtrise qu’elle est engagée comme première couturière dans la célèbre maison parisienne des sœurs Callot.

Grâce aux sœurs Callot, j’ai pu faire des Rolls-Royce, sans elles, j’aurais fait des Ford !  dira plus tard, Madeleine Vionnet.

Appelée chez le couturier parisien Jacques Doucet, elle décide de supprimer définitivement l’usage du corset dans toutes ses créations. Cette révolution dans le monde de la mode est souvent attribuée à Paul Poiret.

Ses créations rencontrent un tel succès qu’elle ouvre dans la capitale, sa propre maison rue de Rivoli qui devient la coqueluche du Tout-Paris. Entre autres, elle y invente le manteau de ville.

 

Notoriété et succès pour sa maison de couture fondée en 1912

La Maison de couture Vionnet fondée à Paris en 1912, installe une succursale à New-York en 1924.

Lors de la Grande Guerre, elle doit fermer sa Maison, sans pour autant cesser de travailler. Les modèles qu’elle confectionne entre 1917 et 1919, sont parmi les plus audacieux de sa production.

De 1920 à 1930, elle donne libre cours à sa passion des fleurs en bandeaux, guirlandes, colliers somptueusement parsemées sur des capes ou des cols. Nantie de son expérience britannique, elle s’applique à défendre ses modèles devant les contrefacteurs. C’est l’occasion d’un procès historique que la couturière gagne. Dès lors, elle met en place un système de copyright avec n° de série et son empreinte digitale.

De là naît une inestimable collection d’archives où chacun de ses modèles est photographiés sous tous les angles.

Pendant les années 1920, elle est vénérée par la presse spécialisée et ses modèles sont portés par des célébrités telle Liane de Pougy.

Dans le même temps, installée avenue Montaigne, elle participe à la décoration des Galeries Lafayette (créées par Alphonse KAHN et Théophile BADER) qu’elle veut transformer en temple de la mode.

Pour travailler son incomparable drapé, elle utilise un petit mannequin de bois qui restera sa mascotte jusqu’à la fin de sa vie et dont elle se servira pour expliquer aux curieux les étapes de son travail.

Robe de soirée de la maison Vionnet 1931

 

Novatrice dans ses créations et humaniste pour son personnel

Madeleine a l’art du beau, de la modernité et du bon goût tant pour ses modèles que pour sa maison de vacances, surnommée Maison blanche.

Quand elle se retire, elle est au faîte de sa gloire et c’est le jour où commence la Seconde Guerre mondiale, qu’elle voit dans ses écrits, avec désespérance comme le début d’un chaos fait de mensonges et de folies. (17 août 1939).

Mise en liquidation en 1940, la maison Vionnet qui a compté dans les années trente, jusqu’à 1.200 employés répartis dans vingt-six ateliers, disparaît et le personnel est licencié. De la ruche Vionnet à l’activité intense, sortaient quelque 300 modèles à chaque collection.

Novatrice dans la mode mais aussi pour son personnel, elle veille au confort de ses employés qui disposent d’une chaise à la place du tabouret, d’un réfectoire, d’une crèche et peuvent recevoir les soins sur place d’un dentiste et d’un médecin à demeure. Elles vont même découvrir les congés payés bien avant la loi de juin 1936.

Jusqu’à son décès quasiment centenaire, Madeleine Vionnet reste très active. Elle donne des cours de couture pour le biais, apprend le piano et le russe et assiste aux présentations de collections de haute-couture.

 

 

Que de gens s'ignorent toute leur vie et courent après eux-mêmes…
 Il faut toujours se dépasser pour s'atteindre !
(écrits de Madeleine Vionnet)

Qui d’autre mieux que Madeleine Vionnet pouvait s’occuper de vêtir les femmes, d’embellir leur féminité, les materner avec un esprit audacieux et avant-gardiste !

Bon goût, sensibilité,  élégance, font  bon ménage, chez cette maîtresse de maison imaginative et conquérante fourmillant d’idées nouvelles pour mettre en beauté les femmes de son temps.

Elle gère son entreprise avec un esprit familial et humaniste pour que ses employés trouvent protection et confort dans leur travail qui leur apporte l’indépendance financière dans un temps où misère et précarité règnent dans un monde ouvrier au dur labeur.

 

Sources documentaires :
http://www.aveg.ch/articles/2004_Vionnet.pdf
https://fr.wikipedia.org/wiki/Madeleine_Vionnet

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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