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Journaliste, juriste et avocate à la Cour, elle voue sa vie à faire avancer la cause des Françaises et fait partie des leaders du féminisme en France.

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Maria VÉRONE

Née Camille Maria VÉRONE le 20 juin 1874 à 23h à Paris 2e
Selon acte n°866 – Archives de Paris en ligne – V4 E 2610 – vue 25/31

 Décédée le 23 mai 1938 à 18h à Paris 9e
Selon acte n°543 – Archives de Paris en ligne – 9D 156 – vue 22/31

 

 


Maria Vérone vers 1919

 

Secrétaire à 15 ans du Congrès de La Libre Pensée de France

Le barreau ouvert aux femmes, elle devient avocate

La femme veut voter. La femme paie l’impôt, la femme doit voter.

Investie au service de la cause des femmes et de son pays

 

 

Secrétaire à 15 ans du Congrès de La Libre Pensée de France

Parmi les pionnières des Françaises d’avant-garde, Maria Vérone en militante déterminée contribue à faire avancer le droit et la liberté des femmes.

D’abord pédagogue puis rédactrice de presse, ensuite formée au Droit, elle devient avocate au Barreau de Paris.

Dès sa jeunesse, elle baigne dans le milieu politique et le courant socialiste par son père Gustave Vérone, séminariste mais jamais ordonné prêtre. Ce chef comptable, devenu farouche anticlérical, fait partie des fondateurs de La Libre Pensée Française.

Née d’une mère fleuriste-plumassière, elle a pour grand-mère maternelle une parente de Jean-Baptiste Drouet qui, chef de poste à Sainte-Menehould, a fait arrêter Louis XVI à Varennes en juin 1791.

Le décor de vie est planté pour Maria Vérone qui, dès l’âge de 15 ans, reçoit en hommage une timbale en argent gravée : Congrès de la Libre Pensée de France, à la citoyenne Maria Vérone, secrétaire du congrès 1889 ».

Signe du destin et passage de relais ? Son père décède l’année suivante.

Devenue institutrice auxiliaire, elle s’occupe des universités populaires, et à ce titre reçoit à 20 ans, une médaille de remerciement pour son professorat. Mais l’activité de cette militante socialiste, conférencière à l’occasion, déplaît à l’administration de l’Instruction nationale qui refuse sa titularisation et la révoque.


Une réunion de la Ligue pour le droit des femmes en 1914 avec Maria Vérone, sa présidente.

  

Le barreau ouvert aux femmes, elle devient avocate

La loi de 1900 qui ouvre le barreau aux femmes, motive Maria Vérone à reprendre des études jusqu’à décrocher la profession d’avocate au barreau de Paris en 1907, dont elle est l’une des pionnières.

Devenue rédactrice au journal La Fronde fondé par Marguerite Durand en 1897, elle rencontre sur les bancs de la presse Georges Lhermitte, avocat et rédacteur de L’Aurore, qui deviendra son second mari en 1908 (après son divorce d’avec l’imprimeur Maurice Giès).

Dès lors, le couple Maria et Georges participe à l’élaboration de la loi de séparation des Églises et de l’État adoptée en 1905 et à la Ligue Française pour le Droit des Femmes dont ils seront par la suite l’un et l’autre président.

Avocate à la Cour et conférencière, Maria Vérone œuvre parmi les militantes avant-gardistes convaincues que réussir l’avenir du pays passe par un travail commun de l’homme et de la femme. Auprès d’elle dans ce combat on retrouve, notamment, la Walkyrie de la mécanique Camille du Gast.

Maria Vérone prend la parole aux côtés de Jean Jaurès, lors du fameux meeting du Pré-Saint-Gervais le 25 mai 1913 contre la loi portant à 3 ans le Service militaire.

 

La femme veut voter.
La femme paie l’impôt, la femme doit voter.

Obtenir le droit de vote pour les femmes est dans l’air et Maria, fondatrice de l’Union des avocates de France et fer de lance du féminisme, s’efforce de multiplier les manifestations pour sensibiliser le public.

Avec  d’autres femmes militantes qualifiées de suffragistes, Maria Vérone participe à nombre de manifestations et se retrouve même retenue quelques heures au poste de police en novembre 1928.

Présidente de la Ligue Française pour le Droit des Femmes, elle se voit offrir un poste de ministre par Léon Blum président du Conseil en 1936. Pour raison de santé, elle décline cette offre qui aurait fait d’elle la 1ère femme ministre en France.

Néanmoins, ce gouvernement marque une grande première avec l’arrivée de trois femmes secrétaires d’État : Cécile Brunschvicg, Suzanne Lacore et Irène Joliot-Curie.

A son décès en 1938, c’est son mari Georges Lhermitte qui prend la présidence de la Ligue pour le droit des femmes.

 


Maria Vérone avocate dans les années 1920

 

 

Investie au service de la cause des femmes et de son pays

Leader avant-gardiste résume une grand part de son caractère marqué à la fois par le Verseau révolutionnaire et le Lion chef de file.

En outre, par le concours des Gémeaux, elle a le don oratoire de la tribune et de la démonstration verbale au service des plus simples et des plus démunies que sont les femmes. Naturellement sensible à la cause féministe, elle la prend à bras le corps et avec une énergie de pédagogue bâtisseuse où elle s’investit totalement, persuadée de son rôle de militante au nom de ce qui est bon pour le devenir des femmes et des hommes de son pays.

Nul doute que les interventions de cette femme visionnaire étaient frappées au sceau d’une irrésistible conviction qui a contribué à faire avancer le droit de ses concitoyennes.

 

Que cette vignette soit une reconnaissance à cette militante, illustre oubliée de l’histoire !

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

 

Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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