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Ce pionnier de l’aviation, surdoué, pose son avion sur le toit des Galeries Lafayette en 1919

 

Charles Toussaint VEDRINES
dit

Jules VEDRINES

né le 29 décembre 1881 à 10 h. du matin à Saint Denis 93 Hauts de Seine
selon acte n °1325

décédé le 21 avril 1919 à 10h30 à St Rambert d’Albon 26 Drôme
selon acte n°15

 

Aviateur ardent à faire partager sa passion

Voyez-vous, je suis heureux d’être dans une cité ouvrière pour dire à mes anciens camarades que la volonté et l’énergie suffisent souvent à un homme pour modifier profondément sa situation…

Ainsi  parle d’abondance et dans sa langue fleurie, le conférencier Védrines, venu à Saint Etienne, le 31 mars 1912. Le public découvre ce gavroche parisien, orateur sans façon, qui, à coups d’expressions pittoresques, leur fait partager sa passion de « nager dans l’azur des cieux ».

 

Tourneur-mécanicien, parvenu à voler, il devient un as de l’aviation, car dit-il : c’était l’hiver dans mon porte-monnaie !

Ouvrier metteur au point dans l’usine de moteurs Gnôme, il devient mécanicien du pilote-acteur anglais Robert Loraine. Il réussit un jour à se faire confier un appareil et veut devenir aviateur. Il obtient le  brevet de pilote n°312, le 7 décembre 1910. Dès lors, il devient un excellent pilote de raids.

Facétieux, il survole Paris à basse altitude, le 23 mars 1911 et jette une pluie de fleurs sur le cortège de la Mi-Carême.

Le 26 mai 1911, embauché chez Morane-Saulnier, il participe à plusieurs courses aériennes et gagne Paris-Madrid sur Morane, en 14h 6mn.

On raconte que le populaire Védrines, seul pilote à parvenir à Madrid, descendit de son avion lestement, tendit d’autorité une main graisseuse au souverain (roi d’Espagne) en lui disant avec sa gouaille coutumière : "Alors ça va ? Bonjour à tous ! Et d’abord, j’ai la dent." 

Le 6 août 1911, sa ville natale Saint Denis l’honore d’un défilé triomphal.
 

En 1912, il bat à sept reprises, le record du monde de vitesse, et remporte la coupe Gordon-Bennett aux Etats-Unis (167,8 km/h). En 1913, il est notamment le 1er pilote à se poser sur l’aéroport international de Beyrouth au Liban.

Excellent pilote, on lui confie les missions les plus difficiles pendant la Guerre de 14-18. Réformé pour  « faiblesse de constitution », il s’emploie à force de démarches à faire casser cette mesure, indigne de son tempérament patriote. Il rejoint l’aviation militaire en août 1914. Il fait d’abord partie de la fameuse escadrille des « Cigognes » et forme celui qui sera, avec Fonck, l’As des As, Georges Guynemer. Habitué des missions spéciales, Jules Védrines dépose sept agents espions dans les lignes ennemies et en reprend trois. Héroïque pilote, il remplit de dangereuses missions sur son avion, qu’il surnomme « La Vache ».
Il livre aussi des dizaines de combats aériens, dont vingt-trois dans le ciel de Verdun.

Védrines sur son Blériot XI baptisé la vache, novembre 1914

 

Après l’Armistice, il est décoré pour ses talents d’instructeur. Le 19 janvier 1919, malgré l’interdiction de la préfecture de Paris, il pose son Caudron G III, sur le toit des Galeries Lafayette du boulevard Haussmann et remporte la prime de 25 000 francs offerte pour cet exploit, mais doit payer 16 F d'amende pour avoir survolé Paris et atterri dans un endroit interdit !

Il meurt des suites d’un accident alors qu’il tente le raid Paris-Rome sans escale. Il est inhumé au cimetière parisien de Pantin, après des funérailles grandioses.

Parmi ses 4 enfants, son fils Henri devient député de l’Allier.

La Poste honore Jules Védrines dans une plaquette de timbres, dédiée aux pionniers de l’aviation en octobre 2010.

Jules VEDRINES


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

En astrologie, d'où vient le goût de voler ? Pour en savoir plus : http://www.janinetissot.com/travaux/aviateurs.html


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