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Il y a 800 ans, Claire d’Assise fonde l’Ordre des Pauvres Dames qui deviendra l’Ordre des Clarisses… proclamée patronne de la télévision par le pape Pie XII en 1958

 

(Chiara OFFREDUCCIO di FAVARONE devenue)

Sainte CLAIRE d’Assise

née le 16 juillet 1194 à Assise en Ombrie Italie

décédée le 11 août 1253 à Assise « peu avant l’aube »

 

Sa mère apprend qu’elle enfantera « une lumière qui éclairera le monde »

Messire Favarone, père de Claire, est un chevalier de la noblesse d’Assise influent dans la cité. Ortolana, sa mère appartient, elle aussi, à l’aristocratie riche de Fiume. Cette grande dame aime beaucoup faire des pèlerinages et elle peut se permettre des voyages coûteux et difficiles. C’est ainsi qu’elle se rend en Terre Sainte l’année précédant la naissance de Claire. La famille, qui compte sept chevaliers, tous nobles et puissants, habite une riche demeure sur la place de la cathédrale Saint-Rufin. Le train de vie familial est l’un des plus importants de la cité.

Peu avant la naissance de Claire, fille aînée de la famille, sa mère, angoissée à la perspective de l’accouchement qui approche, prie avec ferveur devant la croix. C’est alors qu’elle reçoit cette parole prophétique que l’avenir confirmera : N’aie pas peur, tu enfanteras une lumière qui éclairera le monde.

Claire grandit dans un milieu  quasi exclusivement féminin, d’où le père semble absent. Mais Ortolana, femme d’une foi profonde éduque sa fille à l’amour de Dieu et à la compassion envers les pauvres. L’enfant  montre un goût prononcé pour la prière et déjà s’efforce de secourir les nécessiteux, nombreux dans la cette ville en cette période de grandes tribulations sociales. Ainsi, l’homme d’armes de la maison de son père se souvient que Claire  cachait de la nourriture servie à la table familiale, pour la mettre de côté afin de la donner en secret aux pauvres.

En 1204, Messire Favarone s’exile avec sa famille à Pérouse, avec les nobles qui combattent le soulèvement lié à la Commune d’Assise. Déjà en 1198, la famille de Claire avait été contrainte de se réfugier dans son château de Cocorano.


Claire et François d’Assise

 

Impressionnée par la conversion de François d’Assise,
Claire décide de délaisser richesse et mariage pour une absolue pauvreté

Claire est très touchée par la conversion du fils d’un riche marchand d’Assise, François Bernardone qui, à 24 ans délaisse une vie facile et brillante pour se consacrer au Christ dans la plus stricte pauvreté. Le nouveau mode de vie de ce brillant jeune homme qui, il y a peu, régnait sur la jeunesse d’Assise, est une révélation pour Claire. Elle désire aussi pour elle-même vivre l’Evangile à la suite du Christ, pauvre, humble et frère de tous les hommes.

C’est pourquoi, avec la complicité d’une amie, elle rencontre François à plusieurs reprises avant de prendre la décision d’adopter ce même genre de vie. Et en 1210, elle est présente aux sermons de François d’Assise qui a constitué depuis un an sa communauté. Auparavant, il a réparé de ses mains, une petite église mariale des environs d’Assise, datant du VIe siècle, la Portioncule, lieu réputé d’apparitions des anges.

Selon les souvenirs de ses proches, Claire devenue une belle jeune fille de 18 ans, on entreprend de lui chercher un époux. Ses parents veulent la marier magnifiquement selon son haut rang à quelque homme important et considérable. En vain. Malgré l’insistance générale, personne ne parvient à la convaincre. Et tout en se montrant toujours douce et gracieuse,  elle renonce à fixer son cœur sur les choses du monde et au contraire elle prêche le détachement du monde.

Le dimanche des Rameaux 1212, Claire, revêtue de ses habits de fête, va participer à la procession parmi la foule des dames d’Assise. Alors que tout le monde se précipite pour recevoir les rameaux bénits, Claire reste immobile à sa place, comme absorbée dans un rêve. C’est l’évêque officiant qui descend alors les marches de l’autel pour lui remettre la palme entre les mains.

C’est la dernière fois que le monde voit Claire.


François d'Assise recevant la profession de foi de Claire.

 

Claire, et ensuite sa sœur Agnès, fuient secrètement la riche maison familiale
pour se consacrer à Dieu

La nuit suivante, Claire, décidée à partir pour sa nouvelle vie, s’enfuit secrètement de la maison de son père. Craignant d’être retenue, elle ne sort pas par la porte habituelle mais par une autre porte si bien condamnée et barricadée qu’il aurait fallu plusieurs hommes pour en dégager le passage. Or, Claire y parvient seule mais … avec l’aide de Jésus-Christ. Au matin suivant, ceux qui voient cette porte ouverte sont perplexes et se demandent comment la jeune fille a pu y parvenir.

Dans la nuit, Claire se hâte vers la petite église Notre-Dame des Anges dite la Portioncule où l’accueillent les frères de la communauté de François d’Assise veillant dans la prière, à la lueur des flambeaux.


Chapelle de La Portioncule englobée désormais dans la Basilique Ste-Marie-des-Anges

 

En signe de consécration à Dieu, François lui coupe les cheveux puis la conduit à l’abbaye de Saint-Paul. Quand les parents Favarone viennent pour la reprendre, Claire se saisit de la nappe de l’autel pour montrer qu’elle bénéficie d’un droit d’asile et montre ses cheveux coupés. Dès lors, elle ne se laisse en aucune façon arracher de ce lieu.

Seize jours après le départ de Claire, c’est sa sœur cadette, Catherine (devenue Agnès), qui s’enfuit elle aussi pour retrouver sa sœur et la suivre dans la voie de la pauvreté au service du Christ. Dès le lendemain, dirigés par l’oncle paternel Monaldo, chef de la famille, ce sont douze hommes qui accourent au monastère fous de colère, pour enlever la jeune fille. Rouée de coups et saisie par les cheveux, Agnès est violemment enlevée par les chevaliers. Claire de son côté, toute en larmes, se prosterne en priant pour sa sœur. Et voilà que tout-à-coup, le corps d’Agnès devient si lourd que les hommes sont incapables de la soulever pour lui faire franchir un petit ruisseau qui coule tout près. Dès lors libérée, Agnès est joyeuse de se vouer au service de Dieu, et comme sa sœur prend François pour guide.

Provisoirement hébergées au monastère de Sant Angelo di Panzo, les deux sœurs sont installées dans la maison attenante à la petite église de Saint Damien également restaurée par François. C’est là que, venues des environs, des jeunes filles rejoignent Claire. Sa réputation est telle que la communauté s’agrandit aussi de jeunes femmes de haut rang, promises à de brillants mariages avec ducs ou rois, telle Agnès de Prague qui rompt ses fiançailles avec l’empereur Frédéric II. Plus tard, Claire lui écrira : … vous unir au Christ pauvre et crucifié… Quel échange merveilleux et admirable : laisser les biens de la terre pour ceux de l’éternité et posséder à jamais le bonheur.

C’est ainsi qu’est fondée la première communauté de l’ordre des Pauvres Dames ou des Pauvres Clarisses.

En 1229, Béatrice dernière sœur de Claire rejoint ses aînées à Saint Damien. Ortolane  leur mère, vient également vivre au monastère et y finit ses jours.

 

 

Devenue abbesse, Claire obtient du pape en 1216,
le privilège de vivre pauvre : du jamais vu pour l’époque !

En 1215, un peu contre son gré, Claire reçoit le titre d’Abbesse.

L’année suivante, quand Claire sollicite du Pape Innocent III le privilège de vivre pauvre, celui-ci la félicite mais se met à rire bien fort. En effet, il s’agit là d’une demande bien originale car Rome n’a jamais rien entendu de pareil.  Il lui accorde cette faveur exceptionnelle et de sa propre main se met à écrire : Nous vous accordons de n’être forcées par personne à recevoir des biens… Ce privilège de pauvreté autorise les sœurs de St Damien à vivre sans revenu fixe et  ne recevant et en n’ayant ni possession ni propriété, ni par elles-mêmes ni par personne interposée… sinon la quantité de terre que la nécessité requiert pour l’honnêteté et le retrait du monastère.

 En ce temps de féodalité où les communautés religieuses vivent du revenu de leurs propriétés, c’est là une véritable révolution !

Sœur parmi ses sœurs, Claire abbesse, se fait la servante de toutes les sœurs. Douce, affectueuse et compatissante envers chacune. Selon les témoignages de religieuses on sait que :

Les nuits d’hiver, elle veillait à ce que nous n’ayons pas froid et au besoin, se levait pour nous recouvrir …

Avec nous, elle était toujours joyeuse et enthousiaste dans son ardeur à servir Dieu…

Dans la communauté cloîtrée, Claire veut pour ses sœurs une alternance entre temps de prière et travaux manuels et dans sa Règle précise : La possibilité de travailler est une grâce, un don de Dieu, tandis que l’oisiveté est nuisible à la vie spirituelle.

Atteinte d’une maladie incurable à partir de 1224, Claire, même alitée, continue à filer et confectionner des dizaines de linges d’autel pour les églises.

 

La foi de Claire et de ses sœurs fait des merveilles

Un jour qu’il ne reste qu’une moitié de pain pour nourrir la communauté, Claire commande d’en faire 50 tranches à porter aux sœurs attablées.  Quand Cécilia lui répond qu’il faudrait pour cela le miracle qui permit au Christ de nourrir une foule avec 5 pains et 2 poissons. Claire réplique : Va et fais ainsi que je te l’ai dit. Ce jour-là, il y eu 50 morceaux bons et gros pour nourrir la tablée.

Alors qu’il n’y a plus d’huile dans le monastère, Claire envoie Frère Bentivegha quêter pour en rapporter. Pour cela elle lave une cruche qu’elle pose sur un muret près de l’entrée. Quand une heure plus tard, le frère vient la prendre, il la trouve pleine d’huile. Le religieux se met à grommeler : Elles se sont moquées de moi, ces femmes : elles m’appellent pour aller chercher de l’huile et la jarre est pleine ! Personne ne sut comment la cruche s’était remplie.

Par sa foi, ses prières ferventes et son influence sur la communauté, Claire attire une divine protection du monastère notamment, lors de l’invasion des Sarrasins en 1240 et l’année suivante, quand l’armée impériale vient assiéger la cité d’Assise.

Gravement malade et alitée, Claire ne peut assister à sa dernière messe de Noël. Comme elle soupire de se retrouver ainsi toute seule, c’est alors qu’elle entend les chants et tout l’Office des frères de l’église Saint-François comme si elle y était. Pour cette grâce divine obtenue par Claire, le pape Pie XII la proclame patronne de la télévision.

 

A sa mort, cinquante monastères sont rattachés à l’Ordre des Clarisses

En 1253, dans ses derniers jours de vie, elle reçoit la visite de nombreux cardinaux et prélats qui la vénèrent déjà comme une sainte. Le pape Innocent IV vient la visiter et alors confirme la Règle que Claire a écrite pour l’Ordre. C’est pour elle la garantie que cette forme de vie communautaire dans la pauvreté du Christ pourra continuer.

Dans l’histoire de l’Eglise, c’est la première fois qu’une règle monastique est composée par une femme.

Le 11 août 1253, Claire meurt et à cette date, il y a déjà plus de cinquante monastères rattachés à elle.

Elle est canonisée seulement deux ans plus tard en 1255.

Ainsi en quarante ans de vie consacrée, Claire est demeurée fidèle à son projet d’imiter la vie du Christ pauvre et humble, à la manière de François d’Assise.

L’un des traits les plus marquants de sa personnalité est l’allégresse spirituelle qui imprègne toute sa vie. Malgré les épreuves, les privations, la maladie, elle puise cette joie dans la certitude de se savoir aimée de Dieu.

 


Assise, Basilique Sainte-Claire - détail de la fresque de la vie de la sainte

 

 

Extraits de la louange de Claire

Quand vous voyez de beaux arbres couverts de fleurs, il faut remercier Dieu.
Dites-lui aussi merci quand vous rencontrez des gens ou d’autres créatures,
 afin que Dieu soit loué pour tout et en tout.

 

Marche avec vigilance sur le chemin du bonheur.
 Hâte-toi et cours d’un pas léger, sans achopper aux pierres du chemin,
sans même soulever la poussière qui souillerait tes pieds.
Va, confiante, allègre et joyeuse.


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

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