les Actus DN
en collaboration avec la FDAF - www.fdaf.org

 

accueilindex alphabétiquepar thèmesles dossiers

 

Journaliste, son activité de militante socialiste et féministe, lui vaut la prison puis la déportation. Elle est jugée pour « socialisme, féminisme et débauche ».

télécharger cet article

 

Pauline ROLAND
Née Marie Désirée Pauline ROLAND

Le 7 juin 1805 à Falaise Calvados 14 Calvados
(17 Prairial de l’An XIII de la République)
Selon acte obtenu sur les AD14 en ligne – 1804-1805 NMD Falaise

 Décédée le 16 décembre 1852 à Lyon Rhône 69

 

 

Dès ses études, le socialisme l’enthousiasme

Faire reconnaître mon égalité parfaite avec celui auquel je m’unirais…

Elle ne connaissait ni l’orgueil ni la haine ;
Elle aimait ; elle était pauvre, simple et sereine…

Féministe militante pour l’équité et l’indépendance

 

 

Dès ses études, le socialisme l’enthousiasme

Son acte de naissance nous indique que son père est directeur des Postes à Falaise et selon sa biographie sa mère serait receveuse des postes, en un temps où rares sont les femmes exerçant une profession.

Cette ascendance maternelle avant-gardiste vaut à Pauline de recevoir une instruction grâce à l’insistance de sa mère. A cette occasion, elle est initiée par un de ses professeurs aux idées de Saint-Simon, fondateur du socialisme français. C’est avec enthousiasme qu’elle adhère à cette philosophie.

Elle a 27 ans, quand elle s’installe à Paris, en 1832, et commence à écrire pour les premiers journaux féministes tout en se plongeant dans les histoires de France en 1835, d’Angleterre en 1838 puis d’Ecosse et d’Irlande en 1844.

Amie de l’écrivain Georges Sand, elle se joint au phalanstère fouriériste à Boussac en 1847,  exemple d’organisation de vie harmonieuse en communauté nommée la Phalange. Ce concept élaboré par Charles Fourier est promu par des industriels idéalistes comme Jean-Baptiste Godin prônant un socialisme humaniste.

Dans ce phalanstère, elle travaille comme institutrice et collabore au journal l’Eclaireur de l’Indre.

 

Faire reconnaître mon égalité parfaite avec celui auquel je m’unirais…

Telle est son idée à propos de vie matrimoniale.

Côté famille, elle vit pendant douze ans en union libre avec Jean-François Aicard et elle veille à ce que leurs deux enfants portent son nom et soient élevés par elle.

Elle élève aussi un fils qu’elle a eu avec Adolphe Guéroult et à la mort de Flora Tristan en 1844, elle s’occupe de sa fille Aline qui deviendra plus tard la mère de Gauguin.

A Paris, elle s’active dans les milieux féministes et socialistes. En 1848, elle prend la tête du Club républicain des femmes et contribue à fonder en 1849 l’Association des instituteurs, institutrices et professeurs socialistes qui prône l’égalité des sexes dans le système éducatif.

Sa notoriété de militante dévouée à la cause des travailleurs est telle que les délégués de plus de cent professions l’élisent au comité central.

 

Elle ne connaissait ni l’orgueil ni la haine ;
Elle aimait ; elle était pauvre, simple et sereine…

Elle est arrêtée en mai 1850 et déférée devant la justice pour socialisme, féminisme et débauche. Violemment attaquée, elle est emprisonnée pendant sept mois jusqu’en juillet 1851.

Malgré cette épreuve, ses convictions politiques et sociales restent fermes au point qu’elle s’active avec ardeur dans la résistance parisienne au coup d’Etat du 2 décembre 1851 fomenté par Napoléon III.

Cela lui vaut d’être condamnée à dix ans de déportation en Algérie. C’est par la mobilisation de proches comme Georges Sand, qu’elle bénéficie d’une libération anticipée. Mais affectée par les dures conditions de sa détention, elle meurt avant de retrouver ses enfants.


Victor Hugo lui a consacré dans les Châtiments, le poème qui débute ainsi :
Elle ne connaissait ni l’orgueil ni la haine ;
Elle aimait ; elle était pauvre, simple et sereine…

 

 

Féministe militante pour l’équité et l’indépendance

Convaincre par les idées et le dialogue est son domaine et l’a orientée vers l’enseignement, le journalisme.

Femme d’avant-garde, elle se doit d’œuvrer pour une société plus libre, juste et humaniste, organisée pour le bien du devenir humain et surtout une égalité de droits homme/femme.

Les affrontements et situations à risques, loin de la rebuter, lui conviennent et correspondent à sa nature.  C’est pourquoi elle se trouve impliquer activement au cœur des évènements sociaux de son époque.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

haut de page