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« Père du féminisme » selon Hubertine Auclert et « véritable fondateur du féminisme » d’après Simone de Beauvoir, le droit des femmes doit beaucoup à ce journaliste dévoué à cette cause pendant plus de quarante ans.

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Léon RICHER

Né Léon Pierre RICHER le 19 mars 1824 à 10h du matin à L’Aigle Orne 61
Selon acte n° 39 – AD 61 en ligne – 3NUMECE 2145/2 E 2_214_24 – 1823-1826 – vue 74 et 75

 Décédé le 15 juin 1911 à Paris

 

 

Il découvre tôt les injustices sociales qui accablent les femmes

Son congrès international du Droit des femmes en 1878, fonde le féminisme en France

Le Droit des femmes dure plus de 20 ans : record dans la presse féministe du 19e siècle

Un rassembleur organisateur au cœur des tribulations de son époque

 

 

Il découvre tôt les injustices sociales qui accablent les femmes

Né d’un père épicier, et devenu clerc de notaire, il découvre tôt les injustices sociales à l’égard des femmes.

Après  avoir été employé aux chemins de fer du Paris-Orléans, il entre dans le journalisme au milieu des années 1860. Dès lors, il ne rate pas une occasion de soulever la question des droits de la femme à travers articles et conférences.

A propos de la question religieuse, il utilise un genre nouveau de 1866 à 1868 dans une série de Lettres d’un libre-penseur à un curé de village. Le succès est tel que l’auteur doit les rééditer en deux volumes.

Par ailleurs, il mène campagne en faveur de Julie Daubié, première femme à décrocher le baccalauréat, mais à qui  on refuse la remise du diplôme. Finalement, il lui sera accordé grâce à cette intervention énergique.

En 1869, il fonde l’hebdomadaire Le Droit des femmes qui paraîtra jusqu’en 1891. Il vise à réformer les droits légaux des femmes  notamment des salaires égaux pour un travail égal, une révision du Code civil… Quant au suffrage des femmes, Richer  dit le soutenir mais en pratique trouve des raisons de s’y opposer.

La journaliste féministe Maria Deraismes fonde avec Richer la Société pour l’amélioration du sort de la femme qui organise le 11 juillet 1870, le premier banquet féministe, repas public et politique où l’accent est mis sur les valeurs de la République.

 


Caricature de Léon Richer par André Gill vers 1882.

 

Son congrès international du Droit des femmes en 1878, fonde le féminisme en France

Sous la IIIe République, les droits des femmes sont associés à l’immoralité et les militantes sont contraintes de faire profil bas.

Sous le pseudonyme de Jean Frollo, il signe des articles dans le Petit Parisien où il est rédacteur en chef de 1879 à 1885.

En 1878, il organise avec Deraismes une conférence sur les droits des femmes avec des représentants de France de Suisse, d’Italie, des Pays-Bas, de Russie et d’Amérique.

La question du suffrage Féminin étant jugée prématurée, Hubertine Auclert s’éloigne mais la majorité des féministes restent aux côtés de Deraismes et de Richer qui s’opposent à la stratégie conflictuelle préconisée par Auclert.

Il considère que les féministes radicales desservent la cause qu’elles prétendent défendre.

Il réunit un premier Congrès international du Droit des Femmes, en pleine Exposition universelle de 1878. Cet évènement retentissant est un véritable triomphe et signe le premier acte important du féminisme en France. Il ouvre aussi à Richer des portes pour la suite de ses initiatives.

Considérant qu’il est plus facile de faire évoluer la situation en collaborant avec les politiciens, Richer fonde en novembre 1882, la Ligue française pour le droit des femmes. Lors de la première assemblée générale en janvier 1883, Victor Hugo est nommé président honoraire.

La ligne de Richer est anticléricale par crainte d’une domination du prêtre ou du confesseur sur des femmes trop soumises à la religion.

En 1886, il provoque la constitution d’une commission extra-parlementaire de sénateurs et députés adhérents à la Ligue pour améliorer les droits des femmes.

En 1890, il fonde la Fédération internationale pour la revendication des droits de la Femme, comprenant la France, la Belgique, l’Angleterre. l’Écosse, la Suède, la Suisse, l’Italie, la Pologne, la Grèce, l’État de New-York, et en est élu Président.

 

Le Droit des femmes dure plus de 20 ans : record dans la presse féministe du 19e siècle

Mais au fil du temps les divisions des mouvements féministes font faiblir cet ardent lutteur qui abandonne ses Sociétés entre les mains de ses collaborateurs et collaboratrices.

Son Journal Le Droit des femmes, suspendu en décembre 1891, est le périodique féministe du 19e siècle à la plus grande longévité.

Richer suit cependant l’évolution et prononce son dernier discours le 25 mai 1902 lors du banquet offert par les féministes pour son 78e anniversaire.

Franc-maçon, auteur de nombreux ouvrages et membre de la Société des gens de lettres depuis 1868, il est le doyen de l’association des journalistes républicains.

Il est en correspondance avec Eugénie Niboyet, journaliste féministe.

Décoré par René Viviani de la médaille d’argent pour son dévouement, il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

 

 

Un rassembleur organisateur au cœur des tribulations de son époque

Organiser des actions d’envergure au nom d’un humanisme d’avant-garde est le propre de ce journaliste à la plume de rassembleur.

Il est fait pour conduire son chemin à travers moult discussions, tensions, conflits sociaux, qui lui donnent matière à mettre en scène les structures nécessaires en vue d’un mieux-être social.

Natif des Poissons et marqué par les Gémeaux, il est un homme de plume adaptable au contexte donnant la priorité à ce qui rassemble et fait avancer la cause féministe.

Améliorer le sort civil de la femme est en fait l’œuvre de sa vie et cette voie pionnière le fait entrer au Panthéon des rares hommes féministes.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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