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Il est, avec le marquis d’Arlandes, le 1er homme au monde à s’élever dans l’air…

 

François PILÂTRE de ROZIER
(né François PILÂTRE dit du ROSIER)

Né le 30 mars 1754 à Metz Moselle 57, heure absente sur acte de baptême

décédé le 15 juin 1785 à Wimille (actuellement Wimereux près de Boulogne-sur-Mer)
en tentant de traverser la Manche en ballon

 

 

Elève dissipé et rebelle, il va à Paris pour le savoir et la vie audacieuse dont il a besoin

Fils de militaire devenu aubergiste à Metz, François est un élève dissipé et étourdi. En 1775, il quitte sa ville natale pour Paris, après s’être disputé avec son père. Conseillé par d’influentes personnalités, il se forme au métier d’apothicaire chimiste pendant un an. Mais son impatiente curiosité le pousse à renoncer avant d’avoir la maîtrise pour se lancer, sous le nom de Desrozier, dans le commerce de produits pharmaceutiques.

A l’époque, on lui reconnaît une intelligence vive, une curiosité aigüe, un courage proche de la témérité, un goût effréné du plaisir, mais aussi une absence totale de scrupule.
Ambitieux, il se met sous la protection du médecin royal et n’hésite pas à s’intituler premier apothicaire et inspecteur des pharmaciens du prince de Limbourg.

 

Devenu physicien il fonde le 1er musée technique où il enseigne aux nobles

En 1780, il transforme son patronyme en Pilâtre de Rozier, plus aristocratique. Doué pour les études, quoique rebelle, il développe si bien ses dons pour la physique et la chimie qu’il succède à son maître au poste de professeur de physique et de chimie à l’Académie de Reims.

Mais six mois plus tard, il rentre à Paris où il se fait nommer, grâce à ses relations, intendant des cabinets de physique et d’histoire naturelle de Monsieur, comte de Provence, frère du Roi et futur Louis XVIII.

En 1781, il fonde le « Musée de Paris », premier musée technique, qui deviendra en 1791 le Conservatoire des Arts et Métiers. Il y fait des expériences de physique et dispense des cours de sciences aux nobles.

Malgré ses multiples activités, il s’intéresse aux problèmes scientifiques les plus divers et il invente, notamment, le « respirateur », ancêtre du scaphandre.


Pilâtre soufflant de l’hydrogène dans une flamme

 

Grâce aux Montgolfier, il se passionne pour les expériences aérostatiques

En 1783, les frères Montgolfier, qui viennent d’inventer et d’expérimenter avec succès leurs premiers ballons, arrivent dans la capitale. François Pilâtre, jeune physicien, leur propose ses services, sans doute recommandé par Lavoisier.

Le 19 septembre 1783, il assiste au 1er vol habité avec des animaux, un coq, un canard et un mouton, devant le roi Louis XVI à Versailles. Le vol est un succès et les animaux atterrissent sains et saufs. Pourtant, le roi ne veut pas prendre le risque d’un vol humain en « montgolfière ».

« Je ne saurais tolérer que l’envol d’un condamné à mort. Il n’aura pas grand-chose à perdre… », telle est la réponse de Louis XVI à Pilâtre de Rozier annonçant son projet de voler en ballon. Mais Pilâtre, par l’entremise notamment du marquis d’Arlandes, négocie habilement avec le souverain qui finit par autoriser le 1er vol humain.

Pilâtre participe, avec enthousiasme, aux tests de la nouvelle montgolfière, les 15 et 17 octobre 1783. D’autres essais, en ballon captif, permettent d’améliorer et de maîtriser l’alimentation du foyer produisant l’air chaud.

 

Osant voler en ballon, Pilâtre et d’Arlandes écrivent la 1ère page de la fabuleuse aventure aéronautique

Dès lors, tout est prêt pour le 1er vol habité. Dans la nacelle du ballon (2 200 m3) qui s’élève le 21 novembre 1783 à Paris, il y a François Pilâtre de Rozier et François Laurent Marquis d’Arlandes. Leur montgolfière superbement décorée est ceinte de fleurs de lis coiffant les 12 signes du zodiaque !

L’envol se fait des jardins du château de La Muette  (16e arr. de Paris), résidence du Dauphin ; cependant le couple royal préfère être absent car il redoute l’échec voire la catastrophe.

Le ballon, très bien manœuvré par Pilâtre aidé par d’Arlandes, parvient à s’élever à 1 000 mètres et parcourt environ neuf kilomètres jusqu’à la Butte-aux-Cailles (13e arr. de Paris) après un vol de 25 minutes.

Mongolfière du 1er vol humain avec Pilâtre et d’Arlandes

 

Tout Paris se précipite : « l’homme a quitté la Terre » !

On peut considérer cet exploit comme aussi sensationnel à l’époque, que l’est plus tard, le 1er vol spatial humain avec Youri Gagarine le 12 avril 1961, ou les premiers pas sur la Lune de Neil Armstrong le 21 juillet 1969.

Ce vol réussi confère aux aéronautes une grande popularité : leurs noms figurent dans toutes les gazettes et leurs portraits sur les éventails, les innombrables gravures et boîtes de toutes sortes.

Le 19 janvier 1784, c’est de Lyon  et devant une foule estimée à 100 000 personnes, qu’il s’envole à bord d’une immense montgolfière de 23 270 m3, la plus grosse jamais construite. Elle emmène six passagers dont Joseph de Montgolfier pour un vol très court. A l’instant du décollage, un certain Fontaine bondit prestement dans la galerie et devient ainsi le 1er passager clandestin de l’histoire aérienne.

Les exhibitions se poursuivent. Les volontaires affluent. De leur côté les femmes enthousiastes veulent, elles aussi, connaître l’ivresse de l’air. C’est ainsi que marquises et comtesses s’envolent en ballon captif avec Pilâtre, qui salue leur tranquillité pendant la promenade aérienne.

Lors d’une fête à Versailles, le 23 juin 1784, Pilâtre fait une nouvelle ascension de trois quarts d’heure avant de se poser près de Chantilly.

 

Traverser la Manche en ballon : exaltant défi mais fatal pour Pilâtre et son aide Romain

Le 15 juin 1785, Pilâtre avec le physicien Pierre-Ange Romain,  s’envolent pour tenter de traverser la Manche en ballon. Un public nombreux est là pour l’envol du célèbre aérostier. Mais un peu plus tard, leur ballon se dégonfle et s’écrase au sol près de la Tour de Croy à cinq kilomètres de Boulogne. Pilâtre meurt sur le coup tandis que Romain expire dans les bras de ses sauveteurs.

L’aérostat construit aux Tuileries, à partir de finances publiques, combinait deux ballons, l’un gonflé à l’hydrogène et l’autre alimenté en air dilaté par la chaleur. Un ami l’avait mis en garde : Quelle folie, monsieur, vous placez un fourneau sous un magasin de poudre !  Le pionnier avait répliqué avec assurance : Laissez-moi faire, j’ai confiance en mon aéromontgolfière.


Carte postale commémorative de la mort de Pilâtre de Rosier

 

 

 

 

 

François PILÂTRE de ROZIER


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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