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Il est le père de l’électronique… et à l’origine du Palais de la Découverte à Paris et du CNRS.
Les découvertes de ce génial physicien marquent une étape décisive dans les domaines de l’électronique et de l’atome

 

Jean Baptiste PERRIN

né le 30 septembre 1870 à 19h30 à Lille 50 Nord,
selon acte n° 4664

décédé le 17 avril 1942 à New York USA

 

  

Doué pour les Lettres et les Sciences, il devient agrégé de physique

Son père, issu d’une famille de paysans lorrains, est officier d’infanterie et sa mère, fille d’in ingénieur des Ponts et Chaussées est apparentée à Frédéric Sauvage, inventeur de l’hélice marine. Il est orphelin de père à 10 ans, sa mère doit élever seule ses quatre enfants et les finances de la famille sont insuffisantes. Ainsi  Jean, doué pour les études, devient boursier de la IIIe République et après le baccalauréat part étudier à Paris.

Doué aussi bien pour les Lettres que pour les Sciences, il choisit pourtant la vocation scientifique. Entré à l’automne 1891 à l’Ecole normale supérieure, il y étudie jusqu’en 1894.

On raconte que, quand il entre à l’Ecole normale de la rue d’Ulm à Paris, il est si beau garçon que ses camarades l’appellent l’Apollon.

Chercheur à 25 ans, il prouve l’existence des électrons : 1er chapitre de l’électronique

Devenu agrégé de physique, il prépare, avec passion, une thèse de doctorat au laboratoire de physique de l’école, tout en occupant des fonctions d’agrégé préparateur. Il y est entouré de camarades jeunes et enthousiastes tels que le biologiste Noël Bernard et le physicien Paul Langevin.
Ainsi, à vingt-cinq ans il débute, de brillante façon, dans la recherche.

Deux ans plus tard, en 1897, il montre que les rayons cathodiques sont formés de particules d'électricité chargées négativement : c'est la preuve directe de l'existence de l'électron. Par sa démonstration irréfutable, il est ainsi le premier à prouver l’existence des électrons. Et par là, il écrit le chapitre initial d’une nouvelle science : l’électronique.

 

Au nom de l’amitié et de ses ardentes convictions sociales,
il milite avec ses amis dont Pierre et Marie Curie

Quand en 1898, il postule à la charge de cours de chimie-physique de la faculté des sciences de l’université de Paris, il est en concurrence, notamment avec Pierre Curie. Bien que plus jeune que Curie, c’est finalement Perrin qui obtient le poste à la faveur de son statut de normalien et d’agrégé.

Dans le cadre de l’Ecole normale supérieure et dans le contexte de l’affaire Dreyfus, Jean Perrin est au cœur d’un groupe d’amis indéfectibles, Emile Borel, Pierre et Marie Curie, Paul Langevin.
 Le « clan » très soudé organise des dîners entre intellectuels recevant écrivains et poètes. En 1907, les familles du « clan » décident d'élever, conjointement et eux-mêmes, leurs enfants en dehors de l'institution scolaire publique.

Ils militent tous à la Ligue des droits de l’homme, dès sa fondation, et participent aussi aux premières universités populaires.

 

A la suite d’Einstein et d’Avogadro, son génie fait avancer les sciences physiques

En 1910, il devient titulaire de la chaire de chimie-physique à la Faculté des sciences de Paris.

Jean Perrin réalise les expériences pour vérifier les prédictions d’Einstein (mouvement brownien publié en 1905). Il démontre l’accord complet entre théorie et expérience et confirme par là l’existence effective des atomes.
Ces expériences mémorables sont consignées dans son ouvrage
« Atomes », publié en 1913. Ce best-seller traduit en plusieurs langues est réédité jusqu’en 1970.

En 1913, Jean Perrin réalise un nouvel exploit : avec des moyens rudimentaires, il parvient à calculer le nombre d’Avogadro. Le physicien italien Avogadro avait énoncé le postulat suivant : deux masses de gaz qui, à la même température et sous la même pression, occupent des volumes égaux, contiennent le même nombre de molécules. Restait à calculer le nombre.
Jean Perrin y parvient et obtient le prix Nobel de physique en 1926.

Il crée la même année le laboratoire de physique-chimie. Ce laboratoire est exceptionnel pour l’époque puisqu’il comporte aussi bien, un puits à l’abri des rayons cosmiques, qu’une coupole astronomique.

 

Ce brillant physicien-chimiste se montre aussi un éminent politicien, fondateur du CNRS

Pendant la guerre de 1914-1918, pacifiste mais ardent patriote, il est officier du Génie dans l’armée française. Il crée plusieurs appareils d'acoustique dont nos armées s’équipent.

Passionné par l’astronomie, il donne en 1921, l’explication de l’origine nucléaire de l’énergie solaire.

En 1923, il est élu membre de l’Académie des Sciences (Physique générale).

En octobre 1936, Léon Blum le nomme sous-secrétaire d’Etat à la Recherche, ce qui donne à ce grand savant l’occasion de montrer qu’il est aussi un organisateur : il crée le Centre national de la Recherche Scientifique (C.N.R.S.) qui coordonne les travaux des chercheurs.
Son action est considérable pour l’organisation de la recherche en France.

En 1937, il crée le Palais de la découverte à l’occasion de l’exposition universelle.

En 1940, il est nommé directeur de l’université française de New York. Il quitte sa chaire de Paris qui est envahie par les Allemands et s’enfuit à Bordeaux où il embarque à bord du Massilia.

 

Déjà souffrant, il meurt à New-York le 17 avril 1942 dans les bras de son fils. Il est inhumé au Panthéon, en juin 1948, en compagnie de son ami et confrère Paul Langevin.

 

Il est le père de Francis Perrin, physicien spécialiste de la fission nucléaire, directeur du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de 1951 à 1970.

 

 

 

Jean Perrin


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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