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Fondateur de la maison de haute-couture et de parfums qui porte son nom.
Très à l’écoute de son temps, il sait donner aux femmes modernité et liberté de mouvement en s’inspirant de styles très divers.

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Jean PATOU

Né Jean Alexandre le 27 septembre 1887 à 20h à Paris 10e
Selon acte n° 4353 – Archives de Paris en ligne – V4 E 6298 – vue 8/31

Décédé le 8 mars 1936 à Paris

 

 

A 23 ans, il fonde sa maison de haute-couture

Un acheteur lui ouvre les portes des USA

Son expérience de la guerre renforce son humanisme

Des créations novatrices aussi pour le monde du sport

Créateur de modernité entre vêtement et parfum

 

 

A 23 ans, il fonde sa maison de haute-couture

Pendant un temps, Jean Patou travaille dans la chamoiserie que dirige son père dans l’Oise, avant d’aller apprendre le métier de fourreur auprès d’un oncle. De cette expérience naît son intérêt pour la mode.

A 23 ans, il ouvre une maison de haute-couture à Paris en 1910 où il intègre un atelier de fourrure. L’affaire échoue pour des raisons financières, mais Jean Patou renouvelle l’initiative en ouvrant en 1912, la Maison Parry. Il s’agit d’un petit salon de couture situé au Rond-Point des Champs-Elysées.

Il ne copie pas totalement la mode du moment mais lance de nouvelles tendances à contre-courant. Ainsi, sa première et modeste collection propose nombre de vestes alors que la mode est aux manteaux. Même si sa production est loin de rivaliser avec les grands couturiers, Jean Patou parvient à séduire actrices et demi-mondaines telles Êve Lavallière, Geneviève Lantelme…

 

Un acheteur lui ouvre les portes des USA

L’opportunité lui vient en 1913, quand un acheteur américain venu acquérir quelques modèles, repart finalement avec toute la collection. Cette achat réconforte les finances de la Maison Parry et lui ouvre les portes des Etats-Unis.

Ainsi encouragé, Jean Patou déménage et s’agrandit.

Il installe près de la place de la Concorde. Dans sa maison de couture qu’il nomme désormais Jean Patou et Cie, ateliers, bureaux et salons s’y trouvent rassemblés.

Mais au moment de présenter sa première collection, le couturier est mobilisé pour le front en 1914 et n’en revient qu’en 1919 après avoir participé à la Première Guerre mondiale en tant que capitaine d’un régiment de zouaves de l’armée d’Orient basé aux Dardanelles.

 

Son expérience de la guerre renforce son humanisme

Ce qu’il y a vécu lui donne une nouvelle vision des relations humaines qu’il applique dans la gestion de sa maison de couture. Pour se consacrer à son rôle de directeur artistique tout en se nourrissant du travail en équipe, il s’entoure de collaborateurs spécialisés. Il veille aussi au bien-être de ses employés par l’attribution d’une mutuelle, et à partir de 1920, de congés payés. Il instaure même un système de délégués au sein de la maison.

La société d’après-guerre a soif de liberté, de nouvelles relations et de déplacements favorisés par l’automobile.

C’est ainsi que Jean Patou entretient pour les modèles de jour une ligne fluide, tubulaire, empreinte de simplicité tandis que ses tenues de soirée se font soyeuses, ornées de broderies…

Et pour répondre au besoin de liberté de mouvement les tenues sont raccourcies dévoilant davantage les jambes. Pour cela, il s’inspire autant des modes antiques, médiévales et mêmes religieuses ou du romantisme du 19e siècle.

L’influence orientale est également prisée pour les tenues d’après-midi et du soir, pour davantage de fantaisie.

Il possède à Biarritz la villa Casablanca rachetée à un autre couturier Paul Poiret.

 

Des créations novatrices aussi pour le monde du sport

Jean Patou est l’un des couturiers les plus en phase avec le goût de l’époque contemporaine tout en étant un remarquable novateur par son avant-gardisme atavique.

Proche du monde sportif et notamment du tennis, il invente pour Suzanne Lenglen une tenue révolutionnaire : jupe plissée s’arrêtant aux genoux, chandail sans manches et bandeau dans les cheveux, faisant fi des accessoires inadaptés tels que chapeau, jupon long…


Suzanne Lenglen

 

Appréciée ou décriée, cette tenue séduit les dames et dès la saison suivante, Jean Patou intègre pour la première fois dans sa collection, une gamme de vêtements de sports et de plein air intéressant aussi la clientèle féminine non sportive mais désireuse d’une simplicité vestimentaire.

Il fait rimer le sport avec l’élégance et la diversité. Bientôt, cette mode attire un véritable engouement.

Il est le premier à songer à se créer un monogramme composé de ses initiales. « JP. »

Dès 1923, il se lance dans la parfumerie au sein de sa société de couture et lance différents parfums dont le premier parfum unisexe « Le Sien » sorti en 1929.

En 1927, il innove encore avec une ligne de produits de maquillage.

Mort prématurément à l’âge de 49 ans, Jean Patou laisse une maison de haute-couture et de parfum connue internationalement.

Si l’activité couture cesse en 1987, la maison de parfum Jean Patou a été rachetée.

 

 

Créateur de modernité entre vêtement et parfum

On peut dire que Jean Patou est autant fait pour la mode vestimentaire que pour les parfums.

En créateur inspiré et visionnaire, il se plait à séduire la clientèle par sa mode audacieuse voire révolutionnaire qui allie finesse, esthétique et sens pratique pour plaire au plus grand nombre, une fois passé l’étonnement initial.

Se soucier de la liberté de mouvement est dans la nature de ce couturier qui pressent la femme indépendante et moderne, en phase avec son temps.

Le monde des odeurs plaît infiniment à ce magicien des parfums qui sait donner de la consistance à l’impalpable et à l’éphémère des senteurs.

Et son parfum « unisexe » correspond parfaitement à l’ambivalence de sa nature Gémeaux qui le prédispose à être un « nez » subtil et inspiré.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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