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Que seraient la Provence et le Midi sans Marcel Pagnol ?
Evoquer cet écrivain nous donne à voir et entendre aussitôt Marius, Fanny, César… et toute la faconde irrésistible, inoubliable, de l’accent marseillais.

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Marcel PAGNOL

Né le 28 février 1895 à 17h à Aubagne Bouches-du-Rhône 13
Selon acte n°41 - AD13 en ligne – vue 11/49

 Décédé le 18 avril 1974 à Paris 16e

 


Marcel Pagnol 1948 – Studio Harcourt

 

Né… sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers 

L'âge d'Augustine, c'était le mien, parce que ma mère, c'était moi,
et je pensais, dans mon enfance, que nous étions nés le même jour

Connait-on le Pagnol bricoleur, inventeur, passionné de mathématiques ?

Si j'avais été peintre, je n'aurais fait que des portraits

Fabuleux portraitiste par la couleur des mots et… de l’accent !

 

 

Né… sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers 

Quand Augustine s’en va au marché, elle laisse son fils le petit Marcel dans la classe de son père Joseph instituteur à l’école de Saint-Loup à Marseille. Quelle surprise pour elle, de voir qu’à trois ans il sait déjà lire couramment !

Cette précocité l’inquiète tant que cette mère adorée empêche aussitôt son fiston de retourner à l’école avant l’âge requis.

Nommé dans la plus grande école communale de Marseille, Joseph Pagnol et sa famille emménagent rue du Jardin des Plantes où Marcel passera une grande partie de son enfance.

« Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers »

 


https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Massif_du_garlaban_aubagne.JPG?uselang=fr

 

Mais le véritable paradis d’enfance du futur académicien sera la Bastide Neuve au village de La Treille proche de Marseille, dans les collines et au bord de la garrigue.

C’est là que Joseph, soucieux de la santé fragile d’Augustine, loue une maison pour les vacances. Et c’est là que Marcel devenu écrivain va puiser ses souvenirs devenus monuments de la littérature et du cinéma : ses fameux Souvenirs d’enfance qui inspireront quelques inoubliables : La Gloire de mon père, le Château de ma mère, Le Temps des secrets.

Il mène de brillantes études et dès l’adolescence, sa plume de poète lui vaut de paraître dans la revue Massilia en 1910. Mais c’est aussi l’année du décès d’Augustine chère au cœur de Marcel qui se brouille avec son père quand ce dernier se remarie en 1912.

 

L'âge d'Augustine, c'était le mien, parce que ma mère, c'était moi,
et je pensais, dans mon enfance, que nous étions nés le même jour

 


https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bastide-neuve76.jpg?uselang=fr

 

S’en suivent des études universitaires de lettres puis la guerre où son ami « Lili des Bellons » meurt à 20 ans au front en juillet 1918. 

Après un 1er mariage en 1916, la vie de Marcel Pagnol sera jalonnée de plusieurs unions et mariages.

Après des débuts d’auteur dramatique puis monté à Paris, il abandonne une carrière de professeur d’anglais en 1927 pour se consacrer à la littérature.

Parmi ses créations pour le théâtre, Topaze – satire de l’arrivisme – connaît un grand succès avec plus de 800 représentations à Paris où Pagnol se languit de Marseille au point que naît en lui une œuvre authentique entrée dans le patrimoine littéraire.

Ainsi Marius, pièce en quatre actes avec Raimu dans le rôle de César, signe le triomphe universel pour ces deux provençaux exilés loin de leur terre natale.

La découverte du cinéma parlant à Londres en 1929 bouleverse les projets de cet écrivain qui aimait rappeler qu’Auguste et Louis Lumière avaient projeté leur 1er film en 1895, année de sa naissance.

Tourné sous la direction de Marcel Pagnol, Marius sorti en 1931 devient l’un des premiers films à succès du cinéma parlant français. Les recettes sont colossales.

Désormais très riche, Marcel Pagnol décide de devenir producteur et fonde sa société en 1932 avec des studios au bord de la Seine et à Marseille où il tourne désormais lui-même ses films et fait jouer les plus grands acteurs de l’époque, Raimu, Pierre Fresnay, Fernandel

Son frère Paul – le dernier chevrier des collines d’Allauch  - atteint d’épilepsie, décède à l’âge de 34 ans en 1932.

Marcel Pagnol ambitionne de construire « la Cité du cinéma » sous le ciel de sa Provence natale – mais la Seconde guerre mondiale bouscule le projet et le cinéaste réemploie le personnel de ses studios comme ouvriers horticoles dans la production d’œillets, manière d’éviter pour eux le STO en Allemagne.

 

Connaît-on le Pagnol bricoleur, inventeur, passionné de mathématiques ?

Outre la plume, le théâtre, le cinéma, notre héros provençal a d’autres passions plus secrètes. En effet, ce bricoleur et inventeur de génie dépose de nombreux brevets.

Vers 1935, il imagine même un prototype baptisé « la Topazette », voiture à trois roues, trois places, 3 CV et dont il fixe le prix à 3.000 francs.

Sa passion pour les mathématiques est si dévorante que toute sa vie il cherche à démontrer le théorème de Fermat sur les nombres premiers. Sans résultat…

Ainsi comme ses personnages nés de sa plume et promis à une célébrité universelle, Pagnol reste un être attachant, authentique pour qui Aubagne et ses alentours sont le centre du monde.

Source documentaire :
Article Claire Dugast publié par Pèlerin Magazine n°5862 – 7 avril 1995 – « Expositions La Gloire de Marcel »

 

Si j'avais été peintre, je n'aurais fait que des portraits

Elu depuis 1944 président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, Pagnol devient le 1er cinéaste reçu sous la coupole de l’Académie française le 4 avril 1946.

En 1951, il achève le scénario de Manon des sources et s’installe dans une somptueuse villa du 19e siècle en bord de mer à Monte Carlo.

Revenu au théâtre avec Judas  en 1955 et Fabien en 1956, ces pièces manquent de succès et l’incitent à mettre un terme à sa carrière d’auteur dramatique.

Resté très actif dans le monde du cinéma, il préside à 60 ans le jury du 8e Festival de Cannes en 1955.

Il publie une trilogie de ses souvenirs d’enfance et de jeunesse : La Gloire de mon père en 1957, le Château de ma mère en 1958, Le Temps des secrets en 1960, qui le met au 1er plan de l’actualité littéraire de son époque.

Il décède à 79 ans dans sa maison de l’avenue Foch à Paris.

 

 

Fabuleux portraitiste par la couleur des mots et… de l’accent !

L’univers du théâtre et du cinéma ne pouvait que convenir à Marcel Pagnol qui, en bon Poissons, aime s’imprégner des lieux et des gens pour se fondre dans un monde à la fois réaliste et merveilleux.

La précision minutieuse de l’écriture chère à la Vierge guide sa plume d’historien-poète-peintre de l’âme de ses contemporains.

Marqué par les Gémeaux, l’accent de Marseille est essentiel pour cet auteur car il donne du relief, de la vie, de la saveur aux mots, dans une ambiance d’éternel adolescent entre rêve et réalité.

Evoquer l’enfance est pour Pagnol matière à rouvrir l’univers de la jeunesse avec son éternel merveilleux imprimé à jamais dans l’émotion du cœur.

Totalement ouvert sur les autres et le monde environnant, Pagnol est remarquable conteur de la Provence, du Midi et du monde fabuleux né du livre, du théâtre et du cinéma.

Voici un bref hommage à cet homme de plume et de scène qui appartient au patrimoine mondial de l’émotion.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

 


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