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Grande courtisane de la Belle Epoque, cette chanteuse et danseuse de cabaret devient, en 1898, la 1ère star de l’histoire du cinéma.

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« LA BELLE OTERO »
Agustina OTERO IGLESIAS, dite Caroline OTERO, dite …

Née le 26 août 1869 à Cadix Espagne

Décédée le 10 avril 1965 à 12 heures à Nice A.M. O6
selon acte état-civil n° 1605

 

 

Est-ce pour se venger de sa misérable enfance que, plus tard, elle affectionne tenues somptueuses et bijoux véritables, sur la scène des Folies Bergères ou du théâtre des Mathurins ?

 

De la misère noire à la célébrité internationale la plus brillante…

Née dans une famille misérable, elle est la fille d’Augustin Otero et de Carmen Iglesias. Cette dernière qui se retrouve seule, doit se prostituer pour faire vivre sa famille. On raconte qu’Agustina aurait été violée à onze ans sur la route par un cordonnier qui lui avait donné des chaussures. Elle raconte plus tard, dans ses Mémoires, que dès lors, elle voue une haine envers la gent masculine.

Elle n’a pas encore douze ans, quand sa mère la chasse de la maison familiale. Pour gagner sa vie, elle danse dans les rues et les auberges. Puis, elle se produit dans les cabarets de Barcelone.

Elle n’aura jamais d’enfant car un avortement forcé l’a rendue stérile.

Puis en 1889, année de l’Exposition Universelle, elle débarque à  Paris où elle se produit au Grand Véfour et au Cirque d’été


en 1894

 

En ce printemps 1890, on la qualifie de « Belle » quand cette jeune espagnole enchante le public sur la scène du Cirque d’été. Ce qualificatif ne la quittera plus et désormais, on l’appelle la Belle Otero.

Au retour d’une tournée triomphale aux Etats-Unis, elle devient une célébrité internationale. Elle se fait une spécialité dans les rôles de belle étrangère vêtue sur scène de façon somptueuse et ornée de joyaux authentiques, mettant en valeur une poitrine qui aurait inspirée, dit-on, la conception des coupoles de l’Hôtel Carlton à Cannes.

Elle se produit en tournée dans divers pays d’Europe, en Amérique et en Russie.

En août 1898, le reporter Philippe Mesguich, la filme dans un numéro de danse avec un officier russe. Tournée avec le cinématographe des frères Lumière, à  Saint-Pétersbourg, la projection a lieu le lendemain dans un music-hall. Elle suscite des réactions si hostiles que Mesguich est expulsé de Russie, tandis que la Belle Otero devient « la première star de l’histoire du cinéma ».

 

Grande séductrice de rois, d’aristocrates et de tant d’autres célébrités

Dès lors, elle devient l’une des courtisanes les plus en vue de la Belle Epoque.

Comme une éclatante revanche sur sa pitoyable enfance, on retrouve Otero, séductrice des plus grands de ce monde. Ainsi, elle est l’amante de plusieurs rois : Edouard VII du Royaume-Uni, Léopold II de Belgique, le duc de Westminster, le grand-duc Nicolas de Russie, sans compter des aristocrates russes et britanniques. A son tableau de chasse, parmi les illustres, on trouve aussi des financiers, des écrivains tels Gabriele D’Annunzio et des ministres tel qu’Aristide Briand qui serait le seul homme auquel elle se serait attachée.

Elle fait tant tourner de têtes qu’elle serait à l’origine de plusieurs duels et suicides.

 

Riche retraitée à 46 ans, mais ruinée par sa passion du jeu

Lors de la Grande Guerre, elle se produit pour soutenir le moral des soldats français.

Mais en 1915, bien qu’elle soit encore belle et au sommet de sa gloire, elle décide d’arrêter. Touchée par l’embonpoint et consciente que son répertoire théâtral, fait de pièces classiques, risque de déplaire, elle prend sa retraite à Nice. La Belle Otero a 46 ans.

Elle y achète un manoir de 15 millions de dollars, mais termine sa vie dans un petit hôtel de gare qu’elle a du mal à payer.

Si au plus fort de sa gloire, elle est à la tête d’une fortune de 25 millions de dollars, sa passion du jeu dans les casinos, l’amène à la ruine !

Apprenant sa détresse financière, le directeur du casino de Monte-Carlo décide par la suite de payer son loyer et de lui verser une pension jusqu’à sa mort.

Oubliée et redevenue pauvre, Caroline Otero se suicide à 96 ans dans un studio de Nice.

 

En 1954, elle inspire un film à Richard Pottier, « La Belle Otero ».

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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