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Pionnière de la chirurgie esthétique, notamment pour les « Gueules cassées » de la Guerre de 14-18, elle est aussi ambassadrice de l’émancipation féminine à travers le monde.

 

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Suzanne NOËL
Née Suzanne Blanche Marguerite GROS

née le 19 janvier 1878 à 8h du matin à Laon Aisne
Selon acte n°17 – AD02 en ligne – 5 Mi 0087 – vue 9/299

 Décédée le 11 novembre 1954 à 15h40 à Paris 7e
Selon acte n°1369 - Arch. Paris en ligne - 7D412 – vue 15/31

 

 

Une vie dédiée au mieux-être humain, entre chirurgie esthétique et droits des femmes

L’une des rares femmes étudiantes en médecine à partir de 1905

De Sarah Bernhardt aux plus pauvres, une clientèle de toutes classes sociales

Une âme de leader, au nom de la science et pour le bien humain

 

 

Une vie dédiée au mieux-être humain, entre chirurgie esthétique et droits des femmes

Combien de « Gueules cassées » de la Guerre de 14-18 ont retrouvé figure et vie normales grâce à ses mains expertes ?

Dans les conditions très précaires qu’on imagine, elle se dévoue sans compter pour réparer au mieux visage et crâne de ces blessés de la face et leur permettre ainsi de se réinsérer dans une vie sociale.

Outre, cette  chirurgie plastique et réparatrice du visage, elle pratique dans l’entre-deux-guerres le remodelage d’autres parties du corps (seins, fesses, cuisses, abdomen, jambes…). A cette occasion, elle invente des techniques encore utilisées aujourd’hui : dégraissage par aspiration et craniomètre, gabarits.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, cette chirurgienne opère des Résistants ou des Juifs recherchés par la Gestapo pour modifier leurs visages. A la Libération, elle intervient pour effacer les séquelles physiques des déportés des camps de concentration nazis.

Dans les années 1920, elle devient active ambassadrice des droits de la femme. En lien avec le mouvement américain Soroptimist, elle fonde des clubs de solidarité féminine en France et un peu partout en Europe.

Dans ses nombreux déplacements, elle dispense généreusement son savoir lors de conférences très suivies tant pour la chirurgie plastique que l’émancipation féminine.

 


Plaque de l'allée Suzanne Noël à Paris.

 

L’une des rares femmes étudiantes en médecine à partir de 1905

Née entre Champagne et Picardie d’une famille bourgeoise et d’un père sellier, elle s’installe à Paris en 1897 après son mariage avec Henri Pertat.

Comme elle s’ennuie dans la capitale, elle entame en 1905 et avec le soutien de son époux médecin, des études de médecine à une époque où les femmes y sont très rares.

Pionnière dans son choix, cette brillante étudiante l’est aussi quand, nommée externe des Hôpitaux de Paris, elle se retrouve dans le service du professeur Morestin, pionnier de la chirurgie maxillo-faciale, puis en dermatologie à l’Hôpital Saint-Louis.

Côté vie familiale, le sort s’acharne.

Suzanne se retrouve deux fois veuve et sa fille unique est emportée en 1922 par la grippe espagnole alors que son 1er mari meurt pendant la Guerre de 14-18 et son second mari le Dr André Noël se suicide en 1924.

 

De Sarah Bernhardt aux plus pauvres, une clientèle de toutes classes sociales

Son excellence reconnue l’amène à soigner l’actrice Sarah Bernhardt revenue des États-Unis avec un lifting plus ou moins raté.

Entre 1920 et 1930, avec son confrère Raymond Passot, elle réalise 2 500 liftings sur des femmes fortunées. Toutefois, avec Suzanne Noël, ses patients sont de toutes conditions sociales et paient selon leurs moyens. Parfois, elle opère gratuitement les plus pauvres.

En chirurgie esthétique et réparatrice, son apport pragmatique est important pour les techniques de reconstruction applicables en cas de mutilations sévères puis pour la réduction d’anomalies physiques.

Loin de toute considération frivole, cette pionnière novatrice contribue à réhabiliter la chirurgie esthétique comme une technique qui participe au mieux-être de l’individu notamment dans sa vie sociale.

Active militante de la cause des femmes, Suzanne Noël organise en 1923 une manifestation pour appeler les femmes qui travaillent à ne pas payer d’impôts puisque l’État ne leur reconnaît aucun droit.

A partir de là, elle est contactée par deux américaines fondatrices d'un club féminin : les Soroptimist.

Et en 1924, elle crée la section française du 1er  Club de service féminin Soroptimist, mouvement international fondé aux États-Unis en 1921.

 


https://www.wikitimbres.fr/timbres/11109/2018-suzanne-noel-1878-1954

 

 

Une âme de leader, au nom de la science et pour le bien humain

Avant-gardiste, Suzanne Noël a une âme de leader au secours de la misère humaine et notamment des femmes.

Entre Capricorne et Verseau, elle naît sous l’emprise forte de Saturne qui lui confère un esprit scientifique ouvert largement sur les voies d’avenir de la communauté humaine.

Opérer en « laboratoire », vivre la tension de l’urgence, surmonter la complexité, voici le contexte de prédilection qui déclenche sa puissante énergie.

Là, elle vise toujours l’excellence et la réussite avec une intuition visionnaire. D’ailleurs, sa contribution à la notoriété scientifique de la France sur le plan international lui vaut de recevoir la Légion d’honneur en 1928.

Loin de toute vie confortable et paisible, il lui faut s’investir dans des tâches difficiles et d’envergure au cœur de ce qui fait son époque, d’abord le bistouri en main (Mars/Bélier) puis pour mener le combat de l’émancipation des femmes.

Ce sujet est majeur pour cette indépendante-née qui a besoin de fonctionner selon son libre-arbitre au nom de ce qui est bon pour le devenir humain.

 

"On disait de moi que j'étais deux fois folle" disait-elle !

Quelle douce folie vouée au genre humain, que celle de Suzanne Noël !

 

Voir sur Youtube : https://youtu.be/ExiboAPAO38

 

 

Merci à Marie-Pierre pour ce signalement

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

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