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Comtesse poétesse et romancière, son salon parisien attire l’élite, intellectuelle, littéraire et artistique du début du 20e siècle. Elle est la première femme commandeur de la Légion d’honneur.

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Anna de NOAILLES
Née Anna Elisabeth BASSARABA de BRANCOVAN

Le 15 novembre 1876 à 8h du matin à Paris 7e
Selon acte n°1515 – Archives de Paris en ligne – V 4 E 3302 – naissances 7e arr. – vue 14/15

Epouse du comte Mathieu de NOAILLES

Décédée le 30 avril 1933 à Paris

 

 

 

Issue d’une ascendance princière, elle a une jeunesse dorée.

Fille d’un prince roumain et d’une jeune pianiste grecque, Anna est issue d’une famille influente dans la vie artistique parisienne de la fin du 19e siècle.

L’instruction et l’enseignement des langues, lui est donné dans le cadre familial tourné vers les arts, la musique et la poésie.

La saison hivernale se passe à Paris et le reste de l’année dans une propriété près d’Evian sur les bords du Léman, dans un paysage qui lui inspirera plus tard une préférence marquée pour la beauté tranquille

C’est ainsi qu’Anna mène, avec son frère et sa sœur, une vie privilégiée.

Anna a 19 ans quand elle épouse, en 1897, le comte Mathieu de Noailles. Dès lors, le couple fait partie de la jet set parisienne.

Elle devient un temps, la muse et l’amante du jeune poète Henri Franck qui meurt de tuberculose à 24 ans.

Elle est rendue responsable du suicide en 1909 du jeune Charles Demange épris d’une passion sans retour pour la comtesse poétesse.

 

Ses œuvres célèbrent l’amour, la nature et la mort.

Dès ses premiers vers, Anna de Noailles exprime une passion frémissante de la lumière et des paysages français (Le cœur innombrable 1901, l’Ombre des jours 1902).

Puis son regard étendu vers de plus vastes horizons lui fait célébrer l’enchantement de la beauté du monde (Les Eblouissements 1907).

Par la suite, on lui trouve un « amour païen de la vie » qui s’exhale de recueils comme Les Vivants et les Morts (1913), Les Forces éternelles (1921).

Enfin, la fuite du temps et de la jeunesse, la solitude, la mort sont présents avec une insistance plus pathétique (L’Honneur de souffrir 1927).

Anna de Noailles se fait aussi romancière : La Nouvelle Espérance (1903), Visage émerveillé (1904), Le Livre de ma vie (1932).


Anna de Noailles dans son salon en 1913

 

Novatrice, elle contribue à fonder l’ancêtre du Prix Femina.

Son salon de l’avenue Hoche attire le gotha des hommes de plume et artistes de ce début de 20e siècle : Edmond Rostang, Francis Jammes, Paul Claudel, Colette, André Gide, Maurice Barrès, Frédéric Mistral, Paul Valéry, Jean Cocteau, Léon Daudet, Pierre Loti, l’abbé Mugnier, Max Jacob, François Mauriac, Georges Clémenceau…

En 1904, Anna de Noailles contribue avec d’autres femmes à créer le prix La Vie heureuse, ancêtre du  prix Fémina, né en 1922, et qui récompense la meilleure œuvre française écrite en prose ou en poésie.

Décédée en 1933, elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise.

Marthe Borely lui consacre un ouvrage en 1939.

Anna de Noailles est la première femme commandeur de la Légion d’honneur et la première à être reçue à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

 

Poétesse de lumière et d’ombre en quête d’amour et d’harmonie

Anna de Noailles a dû se plaire à attirer le gotha des arts parisien dans son salon littéraire. A l’aise dans cette vie mondaine, elle est une stratège habile et curieuse qui vise l’excellence de l’harmonie au fil de ses échanges intellectuels et artistiques avec ses visiteurs.

Douée pour la mise en scène et la séduction, sa présence devait en charmer plus d’un.

Se faire le relais entre les artistes, organiser des rencontres, être sur le devant de la scène, étaient son fort.

En contrepoint de cet étalage démonstratif et lumineux, cette femme de lettres cultive une part d’ombre, de mystère, de pathétique inquiétude,  qui vient équilibrer sa quête inassouvie d’amour et d’harmonie.

Il s’en dégage un subtil magnétisme qui ajoute à son charme naturel qu’elle sait si bien mettre en valeur.

La nature et ses espaces l’inspirent superbement :

La forêt, les étangs et les plaines fécondes
Ont plus touché mes yeux que les regards humains.
Je me suis appuyée à la beauté du monde
Et j’ai tenu l’odeur des saisons dans mes mains.

(Extrait de Poème à la nature dans Cœur Innombrable)

 

Etre ainsi que la lune et le soleil levant
Les hôtes du jour d’or et de la nuit limpide;
Etre le bois touffu qui lutte dans le vent
Et les flots écumeux que l’ouragan dévide!

(Extrait de L’Exaltation dans Cœur Innombrable)

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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