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Surnommé Confesseur des duchesses ou Fol abbé, cet ecclésiastique hors-normes est un familier de la vie mondaine et littéraire parisienne et à ce titre fréquente la jet-set de son temps.

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L’abbé MUGNIER
Né Marie Arthur Lucien Théodore François Xavier MUGNIER

Le 27 novembre 1853 à 20h à Lubersac Corrèze 19
Selon acte n°132 – AD19 en ligne -  2 E_121_18 – Lubersac – vue 70/682

Décédé le 1er mars 1944 à Paris 14e

 

 

Un curé au cœur du gotha parisien du 19e siècle

Directeur spirituel du Tout-Paris intellectuel et mondain pendant plusieurs décennies

Le sacerdoce, une chance de promotion sociale…

Un curé à l’aise dans les mondanités pour mener son sacerdoce.

 

 

Un curé au cœur du gotha parisien du 19e siècle

Ecclésiastique hors norme, intellectuel insatiable et dreyfusard, l'abbé Arthur Mugnier était avant tout un homme curieux de son époque et attentif à ses contemporains… (Télérama – Gilles Heuré)

Célèbre pour ses fréquentations de la société mondaine et littéraire de Paris, il est quelque peu en disgrâce avec le clergé de la capitale.

Ainsi, il collectionne les surnoms, qualifié de Fol abbé par Joris-Karl Huysmans ou L’Aumônier général de nos lettres par Charles Maurras, ou bien Le bon pasteur par Marie Noël; quant à Céline il le nomme Compagnon d’infini.

De son côté, Paul Valéry le décrit comme charmant et vénérable Chanoine, Jean Cocteau n’hésite pas à le qualifier de seul homme chez qui l’Esprit soit l’esprit et de façon plus mondaine on parle du confesseur du Tout-Paris ou confesseur des duchesses.

Cette profusion de qualificatifs s’explique par son incroyable réseau de connaissances au sein du gotha de la capitale. Confesseur de la princesse Marthe Bibesco et de la comtesse de Chevigné, il est proche de la comtesse Anna de Noailles, de Jean Cocteau, de Huysmans. Fervent lecteur de Chateaubriand, on dit qu’il est apprécié ou admiré des écrivains comme Proust, Barrès, Morand, Valéry…

Il en aurait ramené certains à la foi catholique.

 

Directeur spirituel du Tout-Paris intellectuel et mondain pendant plusieurs décennies

Nommé vicaire à la paroisse Saint-Clotilde au cœur du faubourg Saint-Germain, l’abbé Mugnier devient naturellement le directeur spirituel du Tout-Paris intellectuel et mondain plusieurs décennies durant.

De toute petite taille, avec sa soutane élimée de curé de campagne et ses chaussures à bout carré, il est remarqué et remarquable parmi les frous-frous élégants de l’aristocratie et le caquetage des mondanités de salons artistiques et littéraires en cette fin de 19e siècle.

Certaines de ses répliques décochées avec vivacité et sans fioritures, sont restées fameuses : lors d’un dîner chez la duchesse de Rohan, sa voisine lui désigne une beauté sur le retour qui arbore une jolie croix ancienne sertie de diamants sur une poitrine décharnée où saillent de grands os :

-          Avez-vous vu la croix ? demande la dame.

-          Non, réplique l’abbé, je n’ai vu que le calvaire… !

 

 

Les horreurs de la Guerre franco-prussienne de 1870 et la Commune, ont fait de lui un pacifiste convaincu.

Dans son Journal qu’il a tenu du 16 juin 1879 au 27 novembre 1939 (réédité en 2017 au Mercure de France), il critique fréquemment l’absence de sentiments chrétiens dans le patriotisme exacerbé de son époque et dépassant les passions nationalistes, il se révèle admirateur de l’Allemagne de Goethe et de la musique de Richard Wagner.

 

Le sacerdoce, une chance de promotion sociale…

Issu d’une famille venue de la Meuse, il devient tôt orphelin de son père architecte/régisseur chargé de s’occuper du château de Lubersac dont le marquis prend sous sa protection les enfants Mugnier.

Arthur chérit sa mère Victoire dont il admire le courage de s’être expatriée de sa Lorraine natale. Victoire, qui exerce une influence considérable sur son fils, lui fait découvrir la littérature et le pousse vers le sacerdoce, où elle voit pour lui une chance de promotion sociale.

Formé au petit séminaire de Nogent-le-Rotrou à partir de 18 ans, il poursuit sa formation à Paris au séminaire de Saint-Sulpice, tout en développant son goût pour la littérature.

Critique envers la hiérarchie ecclésiastique et le fonctionnement de l’église, qu’il juge incapable de comprendre l’esprit de son temps, il assume pourtant avec zèle et sincérité ses fonctions.

Après la paroisse populaire du quartier des Halles, il est vicaire à la très élégante église Saint-Thomas-d’Aquin à partir de 1881 puis rejoint en 1896, la paroisse huppée Sainte-Clotilde.

Promu depuis 1924 chanoine honoraire, il est nommé aumônier des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny puis devenu presque aveugle, il en démissionne peu avant sa mort en 1944.

 

 

Un curé à l’aise dans les mondanités pour mener son sacerdoce.

On peut dire sans hésiter que l’abbé Mugnier était dans son élément au cœur de la vie mondaine littéraire parisienne. Il y trouve la part de culture et de relationnel social qui correspond à sa nature sagitarienne.

Etablir des liens, se faire l’intermédiaire entre les humains et la divinité céleste dans une ambiance récréative et conviviale comble son besoin de popularité. Les défis sociaux le stimulent et qu’importent critiques et moqueries qu’il ne redoute guère.

Avec son ascendant Cancer, l’attachement maternel va de soi, avec en prime une certaine candeur qui lui sera reprochée, sachant que ses sentiments sont soigneusement cachés sous une grande réserve et beaucoup de maîtrise.

Soucieux de justice sociale, et de nourrir un bien-être relationnel, il apprécie d’agir au cœur de tout ce réseau où s’entrecroisent matérialités brillantes et démarches intellectuelles et spirituelles.

 

 


(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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