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Vaillant soldat et ardent patriote, il sert l’État entre rois et empereur pendant 28 ans, mais déclaré indésirable par Louis XVIII, il est fusillé en 1816 victime des tribulations politiques.

 

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Général MOUTON-DUVERNET

Né Régis Barthélémy MOUTON le 3 mars 1770 à 7h du matin Le-Puy-en-Velay Haute-Loire 43
Selon acte de baptême – AD43 en ligne – 1767-1771 B - 6 E 178/8 – vue 210/320

 Fusillé le 27 juillet 1816 à 5h du matin à Lyon
Selon acte n°2281 – Archives Lyon en ligne – 2 E 170 – Lyon mairie unique

 

 

En 1815, il est « l’homme le plus recherché de France »

Vaillant soldat, il est de toutes les guerres de la Révolution et de l’Empire.

Comment résister à Napoléon Ier venu reconquérir le pouvoir en 1815 ?

Guerrier sympathique et attachant qui a mis sa vie au service de l’ordre public

 

 

En 1815, il est « l’homme le plus recherché de France »

En 1815, la disparition pendant 7 mois de Mouton-Duvernet général d’Empire passionne toute la France.

Les rumeurs vont bon train à propos de cet officier devenu « l’homme le plus recherché de France ». Caché à Montbrison chez le vicomte royaliste Camille de Meaux, adversaire politique devenu ami, Mouton-Duvernet y vivra ses derniers mois de liberté avant d’aller de lui-même se constituer prisonnier auprès du préfet de la Loire.

Pensant les esprits apaisés, Mouton-Duvernet réapparaît pour témoigner de la sincérité de son engagement au service du pouvoir en place.

Et le dernier en date se situe entre le 19 et le 28 juillet 1815 où ce vieux soldat de l’Empire missionné au nom du roi, sait avec brio et en quelques jours, rétablir l’ordre dans la Loire et à Montbrison où quelques milliers de soldats de l’armée des Alpes sèment la panique.

Là, il est hébergé dans l’hôtel particulier du conseiller municipal Camille de Meaux qui se trouve soulagé de voir l’ordre enfin rétabli en un tournemain par ce vieux routard de l’Empire.

Malgré cette mission réussie et ses brillants états de service,  le roi défère ce général devant le Conseil de guerre comme traitre, par ordonnance royale du 24 juillet 1815, avant de le faire fusiller le 27 juillet 1816, au chemin des Étroits à Lyon. Et c’est en vain que sa femme tente d’obtenir sa grâce auprès du roi.

Pour le monarque Louis XVIII, vite oublieux de ses promesses de réconciliation, il s’agit de faire payer à Mouton-Duvernet son ralliement à Napoléon Ier lors de son vain retour au pouvoir au printemps 1815.

 


Édicule d’Hector Guimard à la station de métro Mouton-Duvernet – linge 4 – 14e arr. de Paris  – source Wikipédia

 

Mouton-Duvernet – victime du pouvoir royal - restera présent dans la mémoire collective de la capitale par son nom donné à une rue et une station de métro décorée par Hector Guimard ainsi qu’à une rue de Lyon.

Son nom inscrit sur l’Arc-de-Triomphe témoigne de l’honneur retrouvé pour la postérité de ce vaillant serviteur de l’État victime du pouvoir royal.

Né seulement Mouton, Régis Barthélemy voit son nom  transformé en Mouton-du-Vernet par son père devenu un notable et qui a acheté la seigneurie Le Vernet avant la Révolution. Mais comme la particule devient dangereuse quand gronde la Révolution, le patronyme familial mute alors en Duvernet ; c’est ainsi que le futur général d’Empire se nomme Mouton-Duvernet.   

 

Vaillant soldat, il est de toutes les guerres de la Révolution et de l’Empire.

Régis Barthélemy Mouton-Duvernet n’a que 17 ans quand il prend l’uniforme de soldat au Régiment de Guadeloupe le 15 mai 1787. C’est le début d’une longue carrière militaire, jalonnée de promotions jusqu’au grade de général de division en 1813. Traversant les successifs régimes politiques, il connaît l’apothéose de sa carrière avec l’emblématique Napoléon Bonaparte.

Mouton-Duvernet participe à toutes les guerres de la Révolution et de l’Empire et s’illustre notamment à Arcole, lors de la 1ère campagne d’Italie sous les ordres du petit général corse qui deviendra l’empereur Napoléon Ier.

 


La bataille du pont d’Arcole par Horace Vernet  - Lors de la 1ère campagne d’Italie en 1796,
Napoléon Bonaparte
se saisit d’un drapeau pour aller le planter sur le pont. Source Wikipédia

 

A Arcole, Mouton-Duvernet se montre particulièrement héroïque:

" Le 26 Brumaire an V (16 novembre 1796), à la tête d'une vingtaine d'hommes qui lui reste de sa compagnie, a contenu l'ennemi sur la chaussée du Pont d’Arcole à la digue, lequel s'avançait en force avec de l'artillerie ; et quoique fortement blessé à la cuisse droite a défendu son poste et empêché qu'une pièce de canon qui était près de lui et dont les canonniers avaient été tués ne fut prise; il ne se fit emporter que lorsque du renfort lui étant arrivé, l'ennemi fut chassé".

En 1800, lors des guerres de la Révolution, il est fait prisonnier par les Britanniques lors de la Bataille de Malte, où il est venu ravitailler la garnison française du port de La Valette.

En 1806, parti en Espagne comme colonel, il en revient général de division et participe aux campagnes napoléoniennes de 1813 et 1814. Lors de la capitulation de Dresde en 1813, il est fait prisonnier.

 

Comment résister à Napoléon Ier venu reconquérir le pouvoir en 1815 ?

Quand Napoléon Ier vient reconquérir le pouvoir en 1815, Mouton-Duvernet ne peut refuser de le servir.

Ce vaillant soldat adaptable à tous les régimes entre rois et empereurs, est devenu baron de l’Empire en 1808 et général de division en 1813. Et c’est à juste titre qu’il confie à son hôte bienveillant Camille de Meaux : « Je devais presque toute ma fortune militaire à Bonaparte… »

De son côté, l’Empereur déchu et exilé à Sainte-Hélène, lui en est reconnaissant quand, dans son testament, il lègue 50.000 francs aux enfants de Mouton-Duvernet.

Aussi, quand le 10 mars 1815 sur le pont de la Guillotière à Lyon, Mouton-Duvernet, devenu gouverneur militaire de Valence, se retrouve nez à nez avec Bonaparte, il n’a pas le courage de dire non à cet irrésistible chef de guerre qui l’interpelle ainsi : Général, vous êtes des nôtres ?

Mais cette rencontre fortuite avec l’exilé revenu de l’île d’Elbe sonne le glas de la brillante carrière de Mouton-Duvernet.


Noms gravés sous l’arc de triomphe de l’Étoile : pilier Ouest, 31e et 32e colonnes
Source Wikipédia

 

Sources documentaires :
- Revue Village de Forez - octobre 2020 – n°132 - édité par le Centre Social de Montbrison
- Wikipédia

 

 

Guerrier sympathique et attachant qui a mis sa vie au service de l’ordre public

S’adapter et servir pour la gloire de la Patrie quel que soit le régime politique est dans la nature adaptable de Régis Barthélémy Mouton-Duvernet, doublement marqué par les Poissons. C’est pourquoi, il est naturellement de toutes les guerres de la Révolution et de l’Empire, servant deux rois et un empereur.

Il se trouve à son affaire dans la vie communautaire de l’Armée au fonctionnement cadré et aux règles bien établies. Au nom d’un haut idéal patriote (Jupiter au MC), il est le serviteur dévoué, toujours prêt pour la mission du moment qui s’impose, au nom des intérêts supérieurs de la Patrie.

Ainsi, Mouton-Duvernet est, par excellence, le militaire sérieux, capable de mener à bien, avec panache et réussite, les missions qui lui sont confiées.

Affronter et lutter contre l’ennemi dans un contexte guerrier convient tout à fait à son tempérament qui donne le meilleur dans l’adversité.

Passant outre les tribulations politiques traversées pendant sa carrière, ce militaire humaniste se révèle authentique serviteur de l’État, agissant selon l’ordre donné en vue du bien public.

Après avoir réussi à rétablir l’ordre social à Montbrison, au nom de la mission confiée par Louis XVIII, quel coup de tonnerre pour lui que de se voir condamné à mort par ce même monarque à l’esprit vengeur.

Au-delà des soubresauts politiques, le parcours de vie de ce guerrier sympathique et attachant témoigne d’une volonté d’œuvrer pour l’harmonie sociale dans la paix et la justice pour tous.

 

Merci à Claude Latta historien, pour ses écrits précieux qui ravivent la mémoire

de ce général d’Empire au parcours romanesque.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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