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On doit à ce pharmacien-chimiste l’invention de la margarine, en 1869 ! Par ses recherches sur la composition et l’influence de divers aliments, il se fait diététicien avant l’heure.

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Hippolite Mège-Mouriès
(Né Hippolite Mège)

Né le 24 octobre 1817 à 23 heures 30 à Draguignan Var 83
Selon acte n°222 AD83 en ligne

Décédé le 31 mai 1880 à Paris

 

 

« Découvrir un produit propre à remplacer le beurre ordinaire pour la marine et les classes peu aisées. »

 

Tel est le problème posé par Napoléon III, en 1869.
C’est ce qui va conduire Hippolite à inventer un substitut du beurre : la margarine.

Afin de remplacer le beurre utilisé par les cuisiniers de la Marine, Napoléon III ouvre un concours. L’empereur propose aux chercheurs de découvrir un produit équivalent qui se conserverait mieux, plus longtemps, et moins coûteux que le beurre, notamment pour les petites gens.

La « margarine » que fabrique Mège-Mouriès est à base de graisse animale traitée chimiquement et mécaniquement. Son nom s’explique par l’aspect blanchâtre et nacré de divers corps gras : « margaron » qui signifie en grec, perle. De nos jours, la margarine contient des produits gras végétaux.

Fils de Jean, Joseph-Emmanuel Mège, instituteur, et de Marie, Marguerite Mouriès, Hippolite fréquente le collège de Draguignan avant de devenir apprenti chez un pharmacien de cette ville, puis stagiaire à la pharmacie de l’Hôtel-Dieu de Paris.

Reçu à l’unanimité comme membre de la Société d’émulation pour les sciences pharmaceutiques, il oriente d’abord ses recherches sur les maladies de la vigne.

En 1848, il dépose un brevet d’invention concernant l’extraction et le raffinage du sucre contenu dans la canne, la betterave et autres plantes… 

 

Ce brillant pharmacien se fait le premier diététicien

Chimiste doué et perspicace, il s’intéresse pendant toute sa carrière à l’incidence de l’alimentation dans la santé humaine. A ce titre, il jette les premières bases de la diététique.

Ainsi, en 1853, il découvre l’importance de l’action digestive d’une enzyme (la diastogène).

Il mène des travaux sur la panification pour obtenir un pain blanc irréprochable avec la substance assimilable du froment. Cela lui vaut la médaille de la Société d’agriculture, en 1858, et trois ans plus tard Napoléon III lui décerne la Légion d’honneur.

Du pain blanc au beurre, il n’y a qu’un pas que franchit naturellement Hippolite quand il répond, par voie de concours au problème posé par l’empereur pour trouver un substitut du beurre.

 

La commercialisation de la margarine retardée par la guerre de 1870

Alors va s’exprimer toute l’ingéniosité clairvoyante de ce chimiste des plus intuitifs.

C’est ainsi qu’en 1869, il dépose le brevet de ce qu’il baptise : « l’oléo-margarine ». Dans la ferme expérimentale de Vincennes, il a observé que le lait de vaches mises à la diète, contient toujours des matières grasses qui ne peuvent provenir que de la réserve de graisse de l’animal. Le savant parvient à reproduire le phénomène en se servant de graisse de vache, puis de bœuf pour obtenir un aliment sain et naturel qu’il baptise finalement : « margarine ».

Mais c’est la guerre de 1870 et dans Paris, assiégé par les Prussiens, la population se meurt de faim ; on en vient à dévorer les bêtes du jardin des Plantes. Dès lors, il y a plus urgent que de fabriquer la « margarine » de Mège-Mouriès.

Il faut attendre 1872 pour voir commercialiser cette géniale découverte qui sera exploitée en France et à l’étranger.

Quand il décède en 1880, ce savant mène des recherches sur le sel marin, afin de lui conserver intacts les principes vivifiants de l’eau de mer.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

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