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Fils de paysan, autodidacte, député de Paris, fondateur de la Revue Socialiste, il se fait le théoricien d’un socialisme démocratique et moral. Ses écrits influencent Jean Jaurès.

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Benoît MALON

Né le 23 juin 1841 à Précieux Loire 42 à 3 heures du matin
Selon acte n°15 – AD42 en ligne – 3NUM EC2/3 E 181_6 1841-1845 – vue 6/157

Décédé le 13 septembre 1893 à Asnières 92 Hauts-de-Seine

 

De la misère paysanne à la misère ouvrière, il devient militant anarchiste…

Né, fils de petits paysans foréziens,  il est berger puis domestique de ferme. Pauvre et orphelin, mais instruit à l’école communale et chez son frère instituteur, il entre au Petit-séminaire à Lyon. Mais très vite, il s’aperçoit qu’il n’a pas la vocation et quitte l’établissement.  En 1863, il monte à Paris où il devient ouvrier teinturier et étudie les sciences sociales.

Sa rencontre avec Camélinat l’oriente vers la Première Internationale à laquelle il adhère en 1865. L’année suivante, il dirige la grande grève des ouvriers teinturiers de Puteaux, ce qui l’amène à créer une coopérative ouvrière de consommation et de crédit mutuel.

Journaliste aux côtés d’Henri Rochefort, sa participation au congrès de l’Internationale, dont il devient l’un des dirigeants, lui vaut de connaître la prison.

 

Homme politique combattant de la Commune de Paris et théoricien du socialisme…

Démissionnaire de cette assemblée, il est élu en mars 1871, membre du Conseil général de la Commune de Paris, puis nommé maire des Batignolles. En mai 1871, avec sa compagne l’écrivaine Léodile Champseix (dite André Léo), ils rédigent au nom de la Commune, l’Appel aux travailleurs des campagnes, pour tenter de gagner les paysans à la cause de la Commune.

Alors qu’il est arrêté par la police impérialiste, André Léo sa compagne, lance un appel dans la presse (Le Rappel 9 mai 1870, journal de Charles et François Hugo, fils du poète exilé à Guernesey) :

Malon n’est pas un conspirateur. Son intelligence, son caractère, ses convictions s’y opposent… Franc, persuasif, sympathique, de conduite irréprochable, plein de noblesse et de cœur, il organisait ouvertement la ligue du prolétariat contre la force sans contrepoids du capital – c’est-à-dire l’Association Internationale, que calomnient ceux qui n’en connaissent ni le but, ni la légitimité, ni l’esprit. Membre moi-même de cette ligue, illicite aux yeux de l’empire, je proteste contre l’arrestation d’un de ses chefs… J’engage tous les membres de l’Internationale, à Paris et en province, à protester comme moi. L’Empire manquera de prisons. (Les Républicains et la Guerre de 1870-1871, p.164 Jacques André Editeur – textes rassemblés par Claude Latta et Gérard Gâcon)

Libéré en septembre 1870, lors de l’avènement de la République, il rentre à Paris. Adjoint au maire du 17e arrondissement, il devient en 1871 député de la Seine, à l’Assemblée nationale réunie à Bordeaux.

Lors de la Semaine sanglante (21-28 mai 1871), il dirige la défense des Batignolles et doit s’exiler en Suisse en juin 1871. En novembre de la même année, il fait paraître son premier ouvrage La troisième défaite du prolétariat français, récit de la répression de la Commune.

De retour en France, après l’amnistie (1880), il crée et dirige (1880-1893) la Revue Socialiste et devient un théoricien du socialisme.

 


Monument à la mémoire de Benoît Malon – cimetière du Père Lachaise
http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Grave_of_Beno%C3%AEt_Malon

 

Ses idées influencent Jean Jaurès.

Outre son histoire de la Commune de Paris, il écrit de nombreux ouvrages d’économie politique et sociale.

Il expose dans son ouvrage Le Socialisme intégral (1891), un socialisme humaniste démocratique et moral qui influencera Jean Jaurès.

Ses funérailles le 17 septembre 1893, donne lieu à un cortège suivi par plus de 10 000 personnes, jusqu’au cimetière du Père Lachaise où son corps est incinéré.

En 1913, un monument à la mémoire de Benoît Malon est édifié au Père-Lachaise, face au mur des Fédérés. Lors de son inauguration, Jean-Jaurès rend hommage à Benoît Malon.

Voici un bref aperçu en hommage à cet homme qui fait partie des acteurs humanistes de l’histoire de notre République. Il a une âme d’ardent tribun, habité par un idéal au service de l’humain œuvrant contre l’asservissement du peuple et pour sa liberté par la connaissance.

Alliant gentillesse naturelle et clairvoyance inspirée, il est taillé pour une carrière politique qui lui attire une grande popularité.

 

Benoît MALON


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