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Son moteur « Antoinette » fait décoller l’aviation et signe les premiers exploits de fous volants, en ce début de 20e siècle.
Les moteurs dessinés par cet ingénieur dominent aussi le monde des canots de vitesse.

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Léon LEVAVASSEUR
(Léon, Marie, Joseph, Clément LEVAVASSEUR)

Né le 7 décembre 1863 à 4 heures du matin Le-Mesnil-au-Val 50 Manche
Source acte n°23 état-civil

Décédé le 23 février 1922 à 15h20 à Puteaux 92 Hauts-de-Seine
Source acte n°96 état-civil

 

 

Il est le premier à concevoir des moteurs légers et puissants

Léon Levavasseur a des airs de « capitaine Haddock », coiffé de sa casquette de marine, couvrant des cheveux noirs qui contrastent avec une barbe rousse très fournie.

Son intérêt pour la navigation lui vient sans doute par l’hérédité puisque son père est officier de marine.

Il a 24 ans quand il assiste aux démonstrations sur la Seine d’un bateau équipé d’un moteur Daimler. Cela lui inspire une véritable passion pour le moteur à explosion. Et l’Exposition universelle de 1889, ornée de la toute jeune Tour Eiffel, lui offre d’admirer le 1er moteur à pétrole léger de Dion-Bouton.

Devenu ingénieur en chef dans une firme d’électricité, il prend connaissance des brevets de Clément Ader sur les premiers moteurs en V. Par ailleurs, il suit les travaux de Fernand Forest concepteur du moteur à explosion et les progrès des firmes Clément-Bayard et Panhard-Levassor

Levavasseur réalise ses premiers moteurs légers (-100kg) à essence qu’il monte sur des bateaux et essaie sur la Seine.

 

De sa rencontre avec le mécène Jules Gastambide naît le moteur « Antoinette »

En 1902, nommé directeur technique de la Société du propulseur à Suresnes, Léon père de six enfants, dispose d’une confortable situation. Cependant, il se laisse embarquer dans le développement d’un moteur d’aviation et d’une machine volante, à la suite de sa rencontre avec Jules Gastambide, riche industriel.

Aidé par ce mécène qui finance ses premières expériences, Levavasseur loue à Puteaux un petit atelier équipé en tout et pour tout… d’une fraiseuse, d’un tour et d’un étau-limeur.

C’est pourtant de ce modeste laboratoire que sortira un moteur ultraléger, le premier moteur d’aviation.

Placé sur un aéroplane, les premiers essais prouvent que ce moteur est assez puissant pour entraîner l’appareil et suffisamment léger pour ne pas nuire à son envol. Mais personne ne s’y intéresse, ni la presse, ni le ministre de la Guerre.

Persuadé de l’efficacité de son moteur et décidé à le démontrer, notre ingénieur le fixe sur un canot à moteur pour participer aux grandes courses sur le lac de Garde. Ce canot « Antoinette », du prénom de la fille de Jules Gastambide, atteint la vitesse de 50 km/h pendant 4 heures.

Remarquée par les journalistes, cette démonstration apporte à l’ingénieur la célébrité et surtout les clients.

Ainsi le moteur de Levavasseur est monté sur des canots de course que l’on voit en compétition dès 1905 à Monaco, pilotés par Hubert Latham. C’est le bateau le plus puissant jamais réalisé.

 


Publicité Hubert Latham (1911) réalisée par le
décorateur Mellone. (Musée des Arts et Métiers).

 


Publicité « Antoinette » parue dans l’Aérophile en décembre 1908

 

Le moteur « Antoinette » contribue aux premiers exploits de l’aviation mondiale

Ce premier moteur « Antoinette » sera suivi de nombreux autres, presque tous utilisés par les pionniers de l’aviation. Ainsi, en septembre 1906, l’aviateur brésilien Santos-Dumont effectue le premier vol d’essai au bois de Boulogne. C’est le premier vol officiel du plus lourd que l’air.

Alors, le succès et la notoriété arrivent.

Entre l’été 1906 et l’été 1907, la société « Antoinette » sort un moteur par semaine !

Le 13 janvier 1908, l’aviateur Henri Farman parcourt un kilomètre en circuit fermé en 1’28’’ sur biplan des frères Voisin équipé du fameux moteur de Lavavasseur.


Meeting de Reims 1909, Levavasseur plaisante
avec le président de la République Fallières et ses invités (Musée de l’air)

 

L’aéronautique est en pleine expansion.

A partir de 1909, Léon Levavasseur et la société « Antoinette » font de gros efforts pour satisfaire aux besoins de l’armée française et fonde la première école de pilotage à Mourmelon, qui forme cinquante pilotes dès 1910 et les aviateurs de renom cumulent les exploits.

Il crée un des premiers simulateurs de vol : le « tonneau Antoinette ».

En 1911, en avance de trente ans sur la création aéronautique, Levavasseur réalise le premier monoplan équipé d’ailes à épaisseur progressive, sans hauban, appelées aussi « ailes Antoinette ».

En 1911, il produit un monoplan aux lignes révolutionnaires et futuristes : le Monobloc.


Vue de profil du « Monobloc » Antoinette - 1911 – aux lignes futuristes

 


L’aviatrice Marie Marvingt au meeting d’aviation de Saint-Etienne (Loire) en 1911,
seule femme à obtenir son brevet de pilote sur un monoplan Antoinette. (La Vie au Grand Air).

 

Mais l’absence de commandes militaires et la concurrence de Gnome précipitent la chute des affaires de Lavavasseur qui est contraint d’abandonner ses recherches au début de la première guerre mondiale.

Ce motoriste se lance alors dans la construction de machines diverses, dont quelques avions.

Léon Levavasseur ruiné, décède en 1922, dans l’indifférence et la misère. Et la société « Antoinette » est radiée du registre du commerce.

 

L’aéroplane « Antoinette » est le plus chic aéroplane qui soit sorti des mains de l’homme.

Ainsi parle un journaliste anglais C.G. Gray, à propos des aéroplanes conçus par l’ingénieux précurseur  Levavasseur.

 

 

 En astrologie, d'où vient le goût de voler ? Pour en savoir plus : http://www.janinetissot.com/travaux/aviateurs.html

 

 


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