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Curé devenu député, il est l’ardent promoteur des « Jardins ouvriers » en France, à partir de l’innovation à Sedan de Félicie HERVIEU au printemps 1893.

 

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Abbé LEMIRE
Né Jules Auguste LEMIRE

né le 23 avril 1853 à 1h du matin à Vieux-Berquin Nord 59
Selon acte ° 35 – AD59 en ligne – 5MI 032 R 069 - vue 316/1320

 Décédé le 7 mars 1928 à Hazebrouck 59 Nord

 

 

Félicie Hervieu lui ouvre la voie des jardins ouvriers en France

Prêtre-enseignant, il est séduit par le catholicisme social

Quand l’homme politique prend le pas sur le religieux

Un bâtisseur bienfaiteur du monde ouvrier

!

 

 

Félicie Hervieu lui ouvre la voie des jardins ouvriers en France

L’histoire retient le nom de ce curé comme fondateur des jardins ouvriers en France.

En réalité, c’est une femme, Félicie Hervieu qui fonde à Sedan en 1893 les premiers jardins ouvriers français. Depuis 1889, cette sage-femme, mère de famille dynamique et dévouée, expérimente avec succès ce projet pour sortir les ouvriers de la misère.

Soucieuse d’en faire la promotion, elle communique en 1893 un de ses fascicules à l’abbé Lemire, fraîchement élu député du Nord.

Éclipsée pour la postérité par le religieux bien plus en vue, la pionnière sedanaise devient vite  « la grande oubliée des Jardins ouvriers » !

Dans un temps où les Françaises sont encore privées du droit de vote, le nom de cette militante ne pèse pas lourd face à l’aura d’un député.

L’abbé Lemire, convaincu par l’expérimentation de Félicie Hervieu, s’active à développer les jardins ouvriers en France, avec l’aide de son ami le Dr Lancry.

Un ouvrier qui jardine passe moins de temps au bistrot, au grand bénéfice de sa santé, de sa vie familiale, de son porte-monnaie et… de la morale.

Pour cela, l’abbé fonde la Ligue française du Coin de Terre et du Foyer, d’où naîtra la Fédération nationale des jardins familiaux et collectifs.

Et en 1996, pour le 100e anniversaire des jardins ouvriers, une rose Abbé-Lemire est créée et visible dans les jardins de l’Élysée et au jardin botanique de Monaco.

 

Prêtre-enseignant, il est séduit par le catholicisme social

Orphelin de mère dans une famille d’agriculteurs, Jules Lemire est élevé par ses tantes cultivatrices.

Bachelier à 19 ans, prêtre à 25 ans, il est nommé à Hazebrouck. Rapidement, il apprend le flamand dans cette ville des Flandres limitrophe avec la Belgique.

Au collège Saint-François d’Assise, il enseigne latin, grec, philosophie et poésie. On retrouve ses écrits dans le journal royaliste local.

Séduit par le catholicisme social qui vise à réconcilier Église et classes populaires, il fait partie des catholiques royalistes qui reconnaissent la République naissante.

Pour les instances dirigeantes du clergé, il s’agit aussi d’éviter que le peuple ne se laisse tenter par le socialisme matérialiste, actif dans les régions industrialisées.

 

Quand l’homme politique prend le pas sur le religieux

Figure marquante de la Démocratie chrétienne, Lemire est réélu député en 1898.

L’abbé mécontente fortement sa hiérarchie quand il se fait partisan de la loi de séparation des Églises et de l’État adoptée en 1905 à l’initiative d’Aristide Briand. Pourtant, le verdict des urnes lui reste favorable en 1902 et 1906.

Mais, en 1910, son évêque voit rouge quand l’abbé est élu pour la 1ère fois avec les voix des Républicains contre un concurrent catholique.

Interdit de nouvelle candidature et menacé d’excommunication, il est malgré tout réélu député pour la 6e fois en 1914 et dans la foulée devient maire d’Hazebrouck, mandat qu’il conservera jusqu’à sa mort en 1928.

Militant contre la peine de mort, la pétition de Lemire ne parvient pas à sauver la tête de l’anarchiste Auguste Vaillant qui a lancé une bombe dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le 9 décembre 1893. L’abbé avait été blessé lors de cet attentat.

Réduire le temps de travail à 11h/jour, réglementer le travail de nuit des femmes et des enfants, militer pour le repos hebdomadaire, les allocations familiales, éviter le cumul des mandats des élus… sont autant de causes portées par l’abbé Lemire cofondateur en 1910 de l’hebdomadaire Le Cri des Flandres qui paraîtra pendant trois décennies.

L’association Mémoire de l’abbé Lemire vise à pérenniser le souvenir de ce religieux engagé pour son peuple.


Panneau de rue à La Madeleine (Métropole lilloise)

 

 

Un bâtisseur bienfaiteur du monde ouvrier

Promouvoir les jardins ouvriers est tout ce qui plaît au Taureau Lemire.

Aider la classe ouvrière par un ancrage à la terre nourricière est dans la nature de cet homme qui aime bâtir au profit de l’avenir du genre humain.

Par le Capricorne, il œuvre pour ce qui est pérenne sans perdre de temps et avec de solides convictions.

Il lui faut aller au-delà de l’enseignement pour mener des projets publics d’envergure au profit de ses concitoyens et dans les plus hautes instances de l’État.

La voie politique plaît à cet homme facilement populaire et chanceux. Et comme il tient à faire prospérer son pouvoir, il remporte les suffrages successifs en tant que député et maire.

Habité par une véritable spiritualité, il est à l’aise dans la voie religieuse qu’il accorde avec ses convictions humanistes et avant-gardistes. Et quand sa hiérarchie veut le contraindre, cet indépendant continue d’agir à son idée.

Le nom de cet homme d’église s’inscrit parmi les bâtisseurs bienfaiteurs du monde ouvrier.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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