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Symbole de la culture et de l’identité mexicaine, l’œuvre de cette artiste-peintre, née dans le terreau de ses souffrances physiques et morales, semble indémodable et porter sens par-delà les générations.

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Frida KAHLO
Née Maria Magdalena Frida Carmen KAHLO

née le 6 juillet 1907 à 8h30 à Coyoacán / Mexico City Mexique
Selon fichier Dreuille Auréas Astro-PC

 Décédée le 13 juillet 1954 à Mexico City

 

 

Maladie et accident marquent Frida pour la vie

La seule bonne nouvelle, c'est que je commence à m'habituer à souffrir.

Pour créer son propre paradis, il faut puiser dans son enfer personnel.

Frida : Un ruban autour d’une bombe !

Mettre en scène son monde intérieur intense et foisonnant est naturel pour Frida

 

 

Maladie et accident marquent Frida pour la vie

D’ascendance espagnole par sa mère issue d’une famille de généraux et allemande par son père photographe, elle naît au cœur d’un quartier de petite bourgeoisie dans la Maison Bleue (la casa azul) qui deviendra par la suite le Musée Frida Kahlo.

Elle est la troisième des quatre filles de la famille.


Maison natale de Frida où elle vécut et où elle mourut.

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Museo_Frida_Kahlo.JPG?uselang=fr

 

Le surnom de « Frida la coja » (Frida la boiteuse) donnée par ses camarades de classe s’explique par la poliomyélite contractée à six ans qui lui laisse une atrophie de la jambe droite avec un pied qui ne grandit plus.

Adolescente intéressée par les sciences naturelles, elle envisage de devenir médecin. Brillante élève, elle entre en 1922 dans une école préparatoire réputée de Mexico. Elle a 16 ans.

Mais le 17 septembre 1925, l’autobus qui la ramène chez elle après ses cours, percute un tramway et provoque plusieurs morts. Frida, grièvement blessée à l’abdomen et avec de multiples fractures notamment à la jambe droite, reste alitée pendant trois mois.

 

La seule bonne nouvelle, c'est que je commence à m'habituer à souffrir.

Dès lors,  commence pour elle un véritable calvaire avec multiples interventions chirurgicales, port de corsets en plâtre, séjours hospitaliers où elle doit rester alitée... C’est alors que lui vient le goût de la peinture aidé par un baldaquin-miroir placé par ses proches au-dessus de son lit. Elle peut ainsi se servir de son reflet comme modèle, élément déclencheur de la série d’autoportraits qui sortiront de ses doigts artistes. En effet, sur 143 tableaux, 55 sont de ce genre.

 


Autoportrait au collier d’épines et colibri - 1940

http://museumtv.fr/portfolio/frida-kahlo-autoportrait-collier-epines-colibri/

 

Influencée par une amie, elle s’inscrit au Parti communiste mexicain, motivée qu’elle est par l’émancipation des femmes dans une société mexicaine machiste. En effet, depuis son jeune âge, elle veut voyager, étudier, vivre libre, profiter des plaisirs de la vie, à la différence de la plupart des femmes mexicaines.

Elle a 21 ans. Cette même année 1928, elle rencontre Diego Rivera, peintre muraliste de réputation mondiale, alors qu’il réalise une fresque murale dans l’auditorium de son école. Interrogé par Frida sur la valeur de ses propres tableaux, Diego est impressionné et lui trouve de véritables talents d’artiste. De son côté, Frida admire le peintre muraliste qui a 21 ans de plus qu’elle.

Ils se marient le 22 août 1929 et s’installent à Mexico.


Frida Kahlo et Diego Rivera en 1932

 

Pour créer son propre paradis, il faut puiser dans son enfer personnel.

Leur relation se révèle aussi passionnée que compliquée. Diego ne tarde pas à tromper sa femme et elle-même s’engage dans de multiples relations extraconjugales. Sa nature bisexuelle la pousse à séduire aussi bien les hommes que les femmes.

En 1930, le couple s’installe à San Francisco où Diego est chargé de réaliser des peintures murales. Là, Frida rencontre de nombreux artistes, commanditaires et mécènes.

Ses deux fausses-couches subies entre 1930 et 1932, liées à son bassin fracturé lors de l’accident sont pour elle une pénible épreuve qu’elle traduit en tableaux.

Dégoûtée des Etats-Unis et des Américains malgré son admiration pour le progrès industriel de ce pays, elle veut rentrer au Mexique. Diego y consent fin 1933.

Quand elle découvre la liaison de Diego avec sa sœur Cristina, Frida quitte le foyer pour s’installer au centre de Mexico où elle noue des relations notamment avec des femmes et au milieu de 1935 elle part pour New York avec deux amies. Puis elle revient à Mexico après la fin de la liaison entre sa sœur et son mari.

 

Frida : Un ruban autour d’une bombe !


https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Frida_Kahlo_and_Leon_Trotsky_in_Mexico.jpg

Quand Léon Trotsky et son épouse trouvent asile politique au Mexique, ils sont accueillis par Frida et Diego à la Maison bleue. Là se noue une liaison brève et passionnée entre l’artiste-peintre et le leader politique à qui elle dédicace un Autoportrait : « … avec tout mon amour… »

En septembre 1938, le couple Kahlo-Rivera accueille l’écrivain surréaliste André Breton et son épouse, venu donner des conférences sur l’état de la poésie et de la peinture en Europe.

« Un ruban autour d’une bombe », dira Breton subjugué par Frida qui se défend pourtant de tout surréalisme :

On me prenait pour une surréaliste. Ce n’est pas juste. Je n’ai jamais peint de rêves. Ce que j’ai représenté était ma réalité. (Journal de Frida Kahlo)

Lors de son séjour à Paris en 1939 pour la grande exposition sur le Mexique, elle loge chez André Breton qu’elle trouve cette fois prétentieux tandis que le surréalisme et les intellectuels parisiens lui paraissent détestables et insupportables.

Frida et Diego divorcent en décembre 1938 mais ils se remarient deux ans plus tard le 8 décembre 1940, jour anniversaire de Diego et s’installent dans la Casa Azul.

Frida commence alors à écrire son journal où elle commente son enfance, sa jeunesse et sa vie.

Sollicitée par le ministre des Affaires culturelles en 1942, elle a mission d’encourager la diffusion de la culture mexicaine par expositions, conférences, ouvrages. Et l’année suivante, elle dirige une classe de peinture à l’Académie des Beaux-Arts, mais ses problèmes de santé l’obligent à enseigner chez elle.

A la fin des années 1940, plusieurs opérations de la colonne l’obligent à rester couchée mais elle parvient à se remettre à peindre dans cette position.

Amputée de la jambe droite jusqu’au genou en août 1953, ses souffrances sont apaisées mais c’est la dépression et elle songe au suicide. Elle meurt le 13 juillet 1954 après avoir peint son dernier tableau : Viva la Vida (Vive la Vie)

Selon son désir, elle est incinérée pour avoir trop souffert de la position couchée et ses cendres reposent dans la Casa azul.

 

 

Mettre en scène son monde intérieur intense et foisonnant est naturel pour Frida

L’art de Frida tient de la métamorphose permanente, servi par un imaginaire puissant et démonstratif.

En native très marquée par le Cancer, son ciel de lit ne pouvait qu’être un miroir.

Tel Narcisse de la mythologie grecque qui découvre le reflet de son visage dans l’eau et en tombe amoureux, Frida alitée plonge son regard dans sa propre image reflétée dans « l’eau » du miroir et dès lors produit des séries d’autoportraits qui représentent un tiers de sa production.

Très attachée aux souvenirs, à l’enfance, à la famille, tenir un journal est évidence pour elle qui a besoin de consigner ses états d’âme, ses impressions, ses émotions…

Sa notoriété post-mortem témoigne encore de son besoin de spectacle et de spectaculaire à travers ses créations si connues que Frida est une icône de l’identité et de la culture mexicaine à travers le monde, encore au 21e siècle.

Soutenue par une imagination débordante, elle a besoin de se mettre en scène avec ampleur, fierté, sensibilité et intuition.

Ses œuvres donnent réalité à son univers mental des plus riches et sont échappatoires à sa souffrance physique et morale.

Chez elle, les sentiments oscillent entre une nature volage éprise de changements et un attachement possessif. Ses multiples aventures sentimentales, son divorce suivi de remariage en témoignent.

Sous une apparente douceur, couve en elle une formidable puissance instinctive qui semble à même de métamorphoser la matière pour la faire passer de l’obscurité du rêve à la lumière du monde.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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