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Éminente anthropologue et ethnologue, elle est aussi considérée comme une influente pionnière du féminisme.

 

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Françoise HÉRITIER

Née le 15 novembre 1933 à 11h à Veauche 42 Loire
Selon données Didier Geslain

 Décédée le 15 novembre 2017 à Paris

 

 

« La révélation de sa vie » : le professeur Claude Lévi-Strauss

Sa mission africaine influence sa méthode anthropologique

Quelques citations de Françoise Héritier :

La Distinction entre féminin et masculin est universelle et immémoriale.

La maîtrise de la fécondité féminine révolutionne la domination masculine ancestrale

Chercheuse humaniste, exploratrice des mystères des civilisations

 

 

« La révélation de sa vie » : le professeur Claude Lévi-Strauss

« Une autorité naturelle portée par une voix douce », ainsi parlent d’elle certains qui l’ont connue. Cette femme plutôt discrète et réservée passe pourtant sa vie à travailler sur des sujets qui touchent tout le monde.

Étudiante en histoire-géographie, elle a 20 ans quand elle entend pour la première fois Claude Lévi-Strauss.

C’est la révélation de sa vie !

Curieuse de tout, tentée par l’ailleurs et l’autrefois, elle vient de découvrir l’ethnologie et l’anthropologie et du même coup entrer de plain-pied dans son destin.

Devenue figure majeure de l’anthropologie, elle juge cette discipline incroyablement ouverte car elle étudie l’être humain et les groupes humains sous tous leurs aspects à la fois physiques et culturels.

 

Sa mission africaine influence sa méthode anthropologique

D’ascendance paysanne et devenue parisienne par ses parents, elle se dit « issue d’une petite bourgeoisie raisonnable » de la Loire.

Celle qui sera la 1ère femme anthropologue au Collège de France, postule en 1957 pour une mission africaine en Haute-Volta (actuel Burkina-Faso).

Cette candidature féminine, d’abord refusée, finit par être acceptée à défaut d’homme candidat à ce poste.

Partie en mission avec Michel Izard qui deviendra son mari, elle enquête auprès de différentes ethnies. Ils partagent ensemble leurs sensibilités aux présences des corps : un travail sur les manifestations charnelles du pouvoir comme la cérémonie de prosternation chez le peuple Mossi…

Nourrie de ces terrains africains, elle organisera le corps humain au centre de sa méthode anthropologique. Dans la continuité de Lévi-Strauss et du Britannique Alfred Radcliffe-Brown, elle s’appuie sur les notions de « nature » et « d’environnement » dans les conceptions des sociétés étudiées.

 


L’Homme de Vitruve
peint par Léonard de Vinci vers 1492, symbole de l’humanisme.
Etude des proportions du corps humain inspiré des écrits de Vitruve (architecte romain -90  à -20 av. J.C.)

 

Quelques citations de Françoise Héritier :

- La seule manière de sortir de la violence consisterait à prendre conscience des mécanismes de répulsion, d'exclusion, de haine ou encore de mépris, afin de les réduire à néant grâce à une éducation de l'enfant relayée par tous.

- La violence n'est pas innée chez l'homme. Elle s'acquiert par l'éducation et la pratique sociale.

- Le mal commence avec l’indifférence et la résignation.

 


Portrait de Françoise Héritier peint par sa fille Katie Héritier (1984)

 

La Distinction entre féminin et masculin est universelle et immémoriale.

Cette affirmation nourrie de l’expérience ethnologique est nommée par Françoise Héritier la valence différentielle des sexes.

« …partout, de tout temps et en tout lieu, le masculin est considéré comme supérieur au féminin ».

Partant des travaux de Lévi-Strauss et de sa théorie de l’alliance, elle questionne :

Pourquoi les hommes se sentaient-ils le droit d’utiliser les femmes comme monnaie d’échange ? 

« Cette forme de contrat entre hommes, l’expérience ethnologique nous la montre partout à l’œuvre. Sous toutes les latitudes, dans des groupes très différents les uns des autres, nous voyons des hommes qui échangent des femmes, et non l’inverse. Nous ne voyons jamais des femmes qui échangent des hommes, ni non plus des groupes mixtes, hommes et femmes, qui échangent entre eux des hommes et des femmes. Non, seuls, les hommes ont ce droit, et ils l’ont partout. C’est ce qui me fait dire que la valence différentielle des sexes existait déjà dès le paléolithique, dès les débuts de l’humanité. »

 

La maîtrise de la fécondité féminine révolutionne la domination masculine ancestrale

Ce constat de domination masculine multimillénaire et universelle l’amène à affirmer :

Les deux piliers de la domination masculine résident dans le contrôle social de la fécondité des femmes et dans la division du travail entre les deux sexes.

Pour elle, « le privilège exorbitant d’enfanter » a privé les femmes de la maîtrise de leur corps et de leur sexualité. Le prix de ce privilège en a été l'aliénation de leur corps par les hommes. La maîtrise de la fécondité a permis aux femmes de se réapproprier leur corps et constitue une « révolution essentielle »

Elle avoue, cependant, n’avoir jamais milité dans des groupes féministes.

D’abord directrice d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), elle succède à Claude Lévi-Strauss à la chaire d’anthropologie du Collège de France et de 1998 à 2001, elle est membre du Comité d’éthique du CNRS.

Cette auteure d’une trentaine d’ouvrages décède le jour anniversaire de ses 84 ans à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

 

Sources documentaires :
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7oise_H%C3%A9ritier
https://www.franceculture.fr/personne-francoise-heritier

 

 

Chercheuse humaniste, exploratrice des mystères des civilisations

Passer sa vie à explorer et étudier les recoins de la nature humaine convient parfaitement à cette femme Scorpion qui s’appuie aussi sur le goût des sciences cher au Capricorne.

Cette influence saturno-uranienne lui apporte ici, une éthique humaniste et révolutionnaire ouverte sur le monde.

Chercheuse persévérante et organisée, d’elle émanent un magnétisme et une autorité influente qui ont dû servir son rôle d’enseignante.

Son étude comparée du masculin et du féminin (Pluton/Cancer) l’inspire naturellement et l’amène à expliquer la domination ancestrale des hommes par le « privilège exorbitant d’enfanter des femmes ». C’est pourquoi elle considère la « maîtrise de la fécondité » des femmes comme « révolution essentielle ».

Exploratrice des mystères humains et insatiable curieuse, Françoise Héritier nous lègue une belle et durable contribution d’avenir à l’anthropologie.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

En astrologie, qu’est-ce qui prédispose à devenir scientifique ?

Pour en savoir plus consulter le lien :

https://www.janinetissot.com/2020/04/17/les-scientifiques/

 

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