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Funambule aux nombreux records et à la notoriété mondiale

 

HENRY’S
Henri Julien RECHATIN dit

né le 12 mars 1931 à 4 heures à Saint Etienne Loire 42

décédé le vendredi 27 décembre 2013 à Saint Etienne Loire 42

 

 

Né de parents artistes du spectacle, jongleurs et acrobates, son enfance est vécue « à la dure ». Il est initié, dès l’âge de 5 ans et demi, au spectacle, aux exercices de jongleur et de contorsionniste.
Mon enfance a été difficile mais je n’ai jamais été privé de nourriture seulement d’affection.
En septembre 1965, il rencontre son épouse qui devient sa compagne de vie et de spectacle, sous le nom de Janyck.

Homme de spectacle, il multiplie les records tout au long de sa vie. Simple et jovial, il fait son métier dans l’esprit du cirque traditionnel, pour enchanter son public venu le voir et pour le plaisir de marcher sur un fil entre ciel et terre.

Voici quelques uns de ses exploits :

- 1957 tour de France sur échasses, 4 400 kms en 100 jours

- 1965 première traversée de 1 600 mètres, du lac de Grangent près de St Etienne

- 1969 traversée de 3 500 mètres à Super-Besse (Puy de Dôme)

- 1973 passe 6 mois en équilibre sur un câble au-dessus du parking de Géant Casino à Saint-Etienne

- 1975 traversée des tourbillons du Niagara aux USA

- 1980 traversée du stade olympique de Montréal et des chutes Ste Anne au Québec (87m.)

 

En 1991, il marque son 60e anniversaire et ses 55 ans de carrière par de nombreuses manifestations dont la traversée du Pertuiset près de St Etienne et en avant-première de ce spectacle, un équilibre sur une chaise placée sur le sommet de la pile du pont du Pertuiset.

A l’occasion d’un spectacle télévisé, il réitère son exploit de jonglage avec des faux et un séjour de 3 mois en équilibre au-dessus de la fosse aux lions de St Martin la Plaine (Loire).

A l’occasion de sa traversée du Pertuiset en 1991, je lui ai fait deux visites dans sa caravane installée près du pont. Je garde le souvenir d’un homme au rire sonore et facile qui s’émerveille à l’avance du moment de fête qu’il va passer sur son fil pour enchanter l’assistance venue le voir. Quant à se préoccuper des prévisions météo, cela ne le soucie guère et dans un grand rire, il me dit : « De toutes façons, ils peuvent se tromper, alors je ne m’en occupe pas ! »

 

A 75 ans, en septembre 2006, Henrys clôture à sa carrière de funambule par un dernier numéro au sommet du chevalement d'un ancien puits de mine de Saint-Etienne, au-dessus de milliers de personnes.

A une cinquantaine de mètres de hauteur, au-dessus de l'ancien Puits minier Couriot, reconverti en Musée de la Mine, Henry's s'est assis une dernière fois au bord du vide sur une chaise, elle-même en équilibre sur des verres posés sur le siège d'une seconde chaise.
"Ce numéro, je suis le seul au monde à le réaliser, peut-être parce qu'il est psychologiquement difficile, car il n'y a pas de câble sous les pieds auquel on puisse espérer se raccrocher en cas de chute".

Le funambule, à la renommée mondiale, s’est produit notamment aux Chutes du Niagara ou du Grand Canyon aux Etats-Unis, a toujours refusé que ses spectacles soient sécurisés, et remet chaque fois sa vie en jeu "par respect du public".

Il s'est déclaré ravi que sa retraite lui épargne désormais "les tracasseries administratives qui rendent de plus en plus difficiles l'organisation de spectacles", qu'il s'est parfois résolu à monter sans autorisation.


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


HENRY’S : salut à un très grand artiste !

En une vie d’exploits fous, réalisés entre ciel et terre, par amour du risque et pour enchanter son public, Henry’s a vécu des sensations que très peu de personnes au monde ont connues. Saltimbanque, portant son origine stéphanoise jusqu’au bout de son accent, il est reconnu, en l’an 2000, comme le plus grand funambule du monde.

Pour qui a approché Henry’s, le souvenir de ses éclats de rire est inoubliable. Inoubliables aussi sa gentillesse et sa générosité, qui font croire au bout de quelques mots échangés que l’on est amis depuis toujours

Homme au caractère bouillonnant, de coups de gueule en éclats de rire, il a tenu le balancier de sa vie en authentique artiste indépendant, hors normes, sans l’assistance de conseiller ou d’impresario et sans la moindre sécurité.

Questionné récemment par un enfant qui voulait savoir si son métier rapportait de l’argent, il lui avait répondu : « Dans la vie, petit, fais d’abord ce que tu aimes ! »

Pour ce très grand artiste, la vie n’a souvent tenu qu’à un fil mais en cette fin décembre 2013, refusant la dégradation de sa santé, il a rompu le fil de sa vie et son public attristé se sent orphelin de son inimitable bonne humeur et de sa formidable énergie.

Janine Tissot
le 28 décembre 2013

 

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