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Pionnier de la presse sportive, il lance notamment la course cycliste Paris-Brest-Paris et le Marathon de Paris. Rédacteur en chef, éditorialiste, grand reporter, il est un acteur majeur du journalisme sportif de la fin du 19e siècle. A propos de vélo, on lui doit l’expression « la petite reine ».

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Pierre GIFFARD
(Pierre Louis GIFFARD)

Né le 1er juillet 1853 à 8h15 du matin à Fontaine-le-Dun Seine-Maritime 76
Selon acte n°14 4 E 06796 – 1850/1854 – vue 60/85

Décédé le 21 octobre 1922 à Maisons-Laffitte 78 Yvelines

 


Photographie de Jules Beau.
Source
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:PierreGiffard.JPG

 

Précurseur du journalisme moderne

Son père est notaire et maire du village.

Dès l’âge de 8 ans, Pierre est placé dans divers pensionnats de Rouen et de Paris. Cette période va forger en lui une solide idéologie républicaine.

Quand la guerre de 1870 éclate, il veut s’engager et sa détermination farouche parvient à vaincre l’opposition de ses parents. Nommé lieutenant, il est sans doute l’un des plus jeunes officiers de l’armée auxiliaire. Il a 17 ans.

Après la fin de ses études et devenu orphelin de père, il s’installe à Paris et se découvre une passion pour le journalisme. Il travaille pour plusieurs journaux avant d’être remarqué par les directeurs du Figaro qui ont repéré la qualité de sa plume, sa rigueur et son originalité.

Il collabore à ce journal durant sept ans et devient l’un des plus grands journalistes français de son temps. Passé grand reporter, il parcourt le monde au gré de l’actualité et se trouve au cœur des évènements majeurs de politique internationale tels que l’offensive des troupes françaises en Algérie avec la prise de Sfax et le débarquement de la flotte britannique à Alexandrie.

 

Rédacteur du Petit Journal, inventeur de courses sportives et promoteur du vélo

Mais le journalisme, même en globe-trotter, ne suffit plus à cet homme imaginatif, bouillonnant de multiples projets. Il a l’ambition d’appliquer son style et ses méthodes à un journal tout entier.

C’est le patron de presse, Auguste Marinoni, qui va le lancer dans cette voie en lui confiant la direction de l’information pour Le Petit Journal en 1887. En même temps, ses chroniques, qui paraissent dans ce quotidien sous le pseudonyme de Jean sans Terre, régalent les lecteurs.

Intuitif, curieux de toute nouveauté, il s’intéresse alors aux sports dans un temps où la bicyclette est en train de devenir reine parmi la petite bourgeoisie, bien avant l’automobile. Fasciné par cette invention, source de progrès humain et qui touche bientôt toutes les catégories sociales, il vante le bien-être procuré par ce « sport hygiénique ».

Pour le compte du Petit Journal, il lance la course cycliste Paris-Brest-Paris en 1891, qui sera remportée par Charles Terront.

L’année suivante, il organise la course à pied Paris-Belfort.

En 1894, il créé la course automobile Paris-Rouen, considérée comme la première vraie compétition automobile non chronométrée. Il contribue aussi à la fondation de l’Automobile Club de France Puis, en 1896, il lance le Marathon de Paris.

Le vélo l’inspire tant qu’il édite, cette même année, un ouvrage dédié à l’histoire du vélocipède…, sous le titre illustré La Reine Bicyclette. Plus tard, cette expression  devient « la petite reine » et passe dans le langage courant.


La Reine bicyclette par Pierre Giffard - dessin publié en 1891

 

Devenu rédacteur en chef du journal Le Vélo, Pierre Giffard se trouve donc à la tête du premier quotidien sportif national.

 

De la concurrence entre Le Vélo et L’Auto naîtra Le Tour de France

Comme l’affaire Dreyfus est à la une de l’actualité, Giffard, en républicain respectueux des droits de l’homme, prend faits et causes dans ses colonnes en faveur du capitaine Dreyfus. Cette prise de position rend furieux son principal annonceur, l’impétueux comte Albert de Dion qui retire aussitôt du journal Le Vélo, les publicités de ses automobiles.

Mais comme il lui faut de la  réclame pour vendre, de Dion contribue à fonder, notamment avec Edouard Michelin, un journal concurrent L’Auto-Vélo. Ce titre devient L’Auto après un procès intenté par Giffard.

Dès lors, entre les deux journaux une farouche concurrence s’engage. Et pour faire mieux que Paris-Brest-Paris inventée par Giffard, Henri Desgrange, directeur de L’Auto, cogite avec son équipe et adopte une idée de Géo Lefèvre, - un ancien du Vélo – le tour complet du Pays. Le Tour-de-France est né et fera sa première boucle en 1903.

 

Le Vélo cesse de paraître en novembre 1904.

Giffard reprend son métier de grand reporter et s’embarque pour l’Extrême Orient, où vient d’éclater la guerre russo-japonaise. Doyen des reporters français, il couvre la première réunion de la Douma (parlement russe) qui commence le 10 mai 1906.

Par la suite, il se consacre surtout à l’écriture de romans d’aventure.

Rappelons qu’en 1900, il a tenté sans succès une carrière politique aux législatives, habilement contrée par le comte de Dion.

Il est le premier à lancer le style nouveau de l’écrivain-reporter dont le récit donne naissance à la littérature de reportage.

 

De Paris-Brest-Paris à La Petite Reine, en passant par l’affaire Dreyfus, voici une brève évocation de l’épopée d’un grand journaliste sportif.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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