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Cet architecte laisse à Paris le prestigieux et monumental Opéra Garnier, illustration du « style Napoléon III ». Il est aussi l’un des inspirateurs de « la protestation des artistes » hostiles à la Tour d’Eiffel.

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Charles GARNIER

Née Jean Louis Charles GARNIER le 6 novembre 1825 à 10h à Paris 5e
Source : Didier Geslain

Décédé le 3 août 1898 à Paris

 


« Il n'y a pas à choisir entre les arts, il faut être Dieu ou architecte » Charles Garnier

 

Choisi pour édifier le nouvel Opéra de Paris en 1861

L’Opéra Garnier apprécié aussi des abeilles !

Il proteste contre la Tour d’Eiffel puis se ravise

Novateur minutieux et ingénieux, il aime faire dans le grandiose

 

 

Choisi pour édifier le nouvel Opéra de Paris en 1861

Né au 264, rue Mouffetard à Paris, il est le fils d’un carrossier-charron d’origine sarthoise, venu à Paris où il avait monté une entreprise de location de voitures hippomobiles.

Formé à l’atelier d’Hippolyte Le Bas, Charles Garnier obtient le Grand Prix de Rome en 1848.

L’Italie le fascine par sa lumière et sa couleur. Il y retourne chaque année.  Il voit Gênes, Venise et surtout Florence ; il séjourne en Sicile et en Grèce.

Architecte attaché à la Ville de Paris, il remporte le concours ouvert par Napoléon III pour l’édification du nouvel Opéra en 1861, et s’entoure d’amis, dont le sculpteur Carpeaux pour monter le projet le plus monumental du siècle.

Cette construction prestigieuse fait partie des grands travaux parisiens menés par le préfet Haussmann sous l’impulsion de Napoléon III.

Le chantier dure de 1862 à 1875. L’Opéra sera inauguré par le président Mac Mahon le 5 janvier 1875.

 

L’Opéra Garnier apprécié aussi des abeilles !

Dans cette œuvre devenue le symbole du « style Napoléon III », Garnier révèle un tempérament de tendance baroque : décoration éclectique, surchargée et fastueuse, qui masque la structure externe.

Rationnel dans ses dispositions, pur dans ses proportions, faisant appel à toutes les ressources de la couleur et de l’illusion, le théâtre Garnier illustre les conquêtes de l’académisme depuis l’architecte Victor Louis.

Il participe d’un éclectisme pourtant récusé par son auteur et va exercer une profonde influence sur les architectures officielles de la fin du 19e siècle.

Dans ce style « Napoléon III », auquel il a transmis son tempérament, Garnier va réaliser de 1878 à 1883, des casinos à Monte Carlo (1878) et à Vittel, le Théâtre Marigny, des villas à Bordighera et à Vintimille, à Paris la Maison Hachette et le Cercle de la librairie.

Charles Garnier, homme chaleureux qui a de nombreux amis, mène une vie sociale intense et il sait porter de l’intérêt à tous ceux qui l’entourent. Il se veut aussi écrivain, par ses articles de presse sur l’architecture et aussi sur les arts en général. Ses publications sont nombreuses. Son talent est reconnu et il devient membre de la Société des Gens de lettres en 1883.

En 1884, alors que Gustave Eiffel a charge de réaliser la Coupole abritant l’Observatoire de Nice, son projet novateur reçoit le soutien de Charles Garnier. Les deux hommes travaillent ensemble à sa réalisation.

Depuis une trentaine d’années, les terrasses de l’Opéra Garnier accueillent des ruches où des milliers d’abeilles produisent un miel commercialisé dans la librairie-boutique de l’Opéra.

 

 


Opéra Garnier

 

Il proteste contre la Tour d’Eiffel puis se ravise

L’Exposition universelle de 1889 se profile et un concours a été lancé pour choisir un projet de Tour de 300 mètres. Eiffel sera retenu parmi les 107 concurrents.

Mais cet audacieux projet n’est pas du goût de l’architecte Garnier qui se fait férocement caustique, dans une complainte de sa composition chantée lors d’un banquet des anciens élèves de l’Ecole des Beaux-arts : un  entonnoir planté sur son gros bout, un fouillis de poutres en treillis…

Il se fait l’un des instigateurs de la « protestation des artistes » adressée à Adolphe Alphand directeur des travaux de la Ville de Paris. Cette lettre ouverte recueille quasiment tous les grands noms des arts et de la littérature, dans le même temps où les débutent les fondations de la Tour.

Un mois après la signature de cette pétition, Charles Garnier est nommé le 17 janvier 1887, architecte-conseil de l’Exposition universelle de 1889, dont la Tour Eiffel va être le fleuron.

Il s’est déjà vu confier la mission d’illustrer l’histoire de l’habitation humaine, au pied de la Tour, pour cette Exposition de 1889.

Par un courrier privé, Eiffel s’étonne de l’attitude de Garnier qui parvient ensuite à se sortir assez bien de cet embarras.

Cet architecte signe son passage à la Tour en chantier le 21 mai 1888. Et la hache de guerre est bien enterrée  quand Garnier évoque l’exploit de l’audacieux ingénieur qu’est Eiffel, lors d’un banquet le 23 février 1889.

Après sa mort en 1898, sa veuve réunit et classe les documents de son époux qui seront légués ensuite aux Bibliothèque des Beaux-arts et de l’Opéra.

 

 

Novateur minutieux et ingénieux, il aime faire dans le grandiose

Fin calculateur et novateur ingénieux, Charles Garnier sait occuper toute la place et faire montre de son talent.

Avec précision et rigueur, ses œuvres se doivent d’être amples, grandioses, prestigieuses et aussi populaires. Il sait établir des liens, favoriser les contacts, mettre en relations : autant de talents bien utiles à un architecte.

On peut dire qu’à l’exercice de son art, il dégage une influence magnétique  d’autant plus réelle qu’il s’applique à séduire par l’harmonie de ses créations.

Lancer une pétition critique à l’égard du projet d’Eiffel est bien dans sa nature qui aime piquer au besoin. Mais, il sait tout aussi vite faire bonne figure et rétablir des relations de convivialité car il est également un humaniste amateur de bien-vivre.

 

Sources documentaires :
Haussmann de Michel Carmona éditions Fayard
Grand Larousse illustré
Wikipédia

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

En astrologie, d’où vient le goût pour l’architecture ?

Pour en savoir plus, consulter le lien :

http://www.janinetissot.com/travaux/architectes.html

 


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