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Comédienne remarquée par Victor Hugo, elle devient sa maîtresse aimante et fidèle jusqu’à l’exil dans une vie cloîtrée, ne sortant qu’au bras de son célèbre amant et cela pendant cinquante ans.

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Juliette DROUET
Née Julienne Joséphine GAUVAIN

Le 10 avril 1806 à 7h du matin à Fougères Ille-et-Vilaine 35
selon données Didier Geslain

 Décédée le 11 mai 1883 à 4h du matin à Paris 16e
selon acte n°519 – Archives de Paris en ligne – V 4 E 7318 – vue 7/31

 

 

Elle tombe dans les bras de l’illustre romancier le 17 février 1833

Du pensionnat religieux à la vie d’actrice et de demi-mondaine

Aimante et fidèle, elle excuse toutes les infidélités de son « Totor »

Juliette et Victor, une rare complicité et un amour légendaire

 

 

Elle tombe dans les bras de l’illustre romancier le 17 février 1833

Paris 17 février 1833, Victor Hugo remarque la comédienne Juliette Drouet qu’il trouve irrésistible dans la peau de la princesse Négroni de son œuvre dramatique Lucrèce Borgia. Elle lui révèle aussi l’ivresse des sens, lui qui est prêt à céder à toutes les tentations, loin de son épouse Adèle Foucher de qui il a eu quatre enfants.

Chacun loue le sourire de Juliette, ses épaules et « ses durs tétons bretons ». Il faut dire que cette belle jeune femme a déjà bourlingué dans d’autres bras et on la qualifie de « demi-mondaine avec un cœur de midinette » qu’elle offre d’emblée à celui qu’elle nommera « Totor ».

 

Du pensionnat religieux à la vie d’actrice et de demi-mondaine

Née bretonne de modestes tailleurs et très tôt orpheline, elle grandit dans un couvent puis chez son oncle René Henry Drouet établi à Paris où elle est élève dans un pensionnat religieux jusqu’en 1821.

Belle et fascinante, elle devient à 19 ans, la maîtresse, le modèle et la muse du célèbre sculpteur James Pradier avec lequel elle a une fille Claire. Son amant la pousse à devenir comédienne sous le nom de son oncle qui l’a élevée.

Mais son talent d’actrice rencontre les sifflets du public même si sa beauté émouvante séduit bien des hommes et attire dans ses bras nombre d’amants de l’aristocratie européenne dont le comte Anatole Demidoff avec qui elle découvre un grand train de vie en Italie.

Quand Hugo tombe fou amoureux de Juliette, il est déjà illustre et reconnu du monde politique, social, littéraire, artistique, poétique, dramaturge auteur de pièces de théâtre en outre de son travail d’écrivain.

Juliette avec son charme et sa douceur devient la maîtresse du célèbre romancier qui se fait exigeant et possessif au point qu’elle arrête sa carrière théâtrale. Pour lui, elle se confine chez elle, renonce à ses prétendants et à la compagnie de ses amies pour ne sortir qu’au bras du très courtisé Mr Hugo. Leur liaison est notoire et affichée, y compris de l’épouse du poète et de leurs enfants.

 


Juliette Drouet dans le rôle de la princesse Negroni.
Portrait peint par
Charles-Émile Callande de Champmartin.

 

Aimante et fidèle, elle excuse toutes les infidélités de son « Totor »

Dévouée corps et âme à son amant, Juliette le réconforte quand il doute et l’écoute des heures. Elle est jusqu’au bout sa confidente et sa principale alliée.

Malgré cette dévotion sans faille, Victor Hugo, toujours en quête d’amour, la trompe entre autres, avec Léonie d’Aunet de 1844 à 1851 ou avec l’actrice Alice Ozy et aussi avec la femme de chambre de Juliette…

Mais il sait trouver les bonnes excuses pour se faire pardonner.

Au décès de sa fille, âgée de vingt ans, Juliette n’a pas la force d’assister aux obsèques et c’est Victor Hugo qui mène le cortège funèbre avec le père de la jeune défunte.

A partir de 1852, lors de l’exil à Jersey et Guernesey de son illustre amant, elle est du voyage ainsi que l’épouse officielle, mais elle est logée à part dans une petite maison à portée de vue.

Juliette Drouet reste fidèle à son mentor pendant un demi-siècle, totalement vouée à sa cause. Elle recopie ses manuscrits et excuse toutes ses incartades. Les cinquante années de cet amour légendaire sont consignées dans quelque 20.000 lettres que les deux amants se sont échangés.

 

Dans son ultime lettre du 1er janvier 1883, Juliette lui écrit :

Je ne sais pas où je serai l'année prochaine à pareille époque, mais je suis heureuse et fière de te signer mon certificat de vie pour celle-ci par ce seul mot : Je t'aime.

 

Décédée le 11 mai 1883, elle est inhumée à Saint-Mandé près de sa fille Claire, mais Victor Hugo sera absent, dissuadé par ses proches d’y assister.

 


Double portrait de Juliette Drouet par
Arsène Garnier, 1868.

 

 

Sources documentaires :
http://www.histoire-amour.com/juliette-drouet-victor-hugo.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Juliette_Drouet

Chronique de la France, Editions Chronique Périgueux 1987 et 1994

 

 

Juliette et Victor, une rare complicité et un amour légendaire

Ressemblance et complémentarité apparaissent dans les caractères de Juliette Drouet et de Victor Hugo.

Entre Bélier et Taureau, Juliette sait conjuguer l’ardeur amoureuse et une naturelle possessivité. Oublier les incartades de son amant pour le retrouver tout à elle quoi qu’il arrive est dans sa nature.

Une égale influence Poissons explique leur exceptionnelle complicité car les deux amants appréhendent les sentiments de la même manière et avec la même réceptivité intuitive.

En outre, la littérature et leurs échanges épistolaires nourrissent leur univers intérieur par les mots trempés dans un paradis plus imaginaire que réel, plus rêvé que vécu.

Réconfortante et havre de paix pour son amant, elle semble née pour vivre cet immensité d’amour en secret, à l’abri du monde, comme en prison, avec sans doute l’amertume de la solitude, du délaissement, mais aussi l’ouverture vers une vie intellectuelle riche et dense.

 

Sa dépendance consentie à Victor Hugo donne, semble-t-il, le plus beau sens à sa vie ?

 

Qu’aurait été la vie et l’œuvre de Victor Hugo sans cet amour complice et partagé durant cinquante années ?

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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