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Religieux dominicain, fameux prédicateur fils spirituel de Lacordaire, il est aussi militant du sport et des jeux olympiques avec Pierre de Coubertin.
Il en invente la devise : Plus vite, plus haut, plus fort !

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Henri DIDON
Né Henri Louis Rémy DIDON

le 17 mars 1840 à 8 heures du matin Le Touvet 38 Isère
Selon acte n°8 – AD38 en ligne - Image : 56 Cote : 9NUM1/5E512/9

Décédé le 13 mars 1900 à Toulouse Haute-Garonne 31

 

 

Le père Didon est une étoile qui se lève !

Soutenu par le pape, mais exilé par sa hiérarchie pour insoumission

Proviseur et prieur à Arcueil, sa renommée est grande

Sa devise Citius, Altius, Fortius, devient celle des J.O. en 1894

Expert gouvernemental et diplomate

Humaniste visionnaire à la trempe de bâtisseur de cathédrale

 

 

Le père Didon est une étoile qui se lève !

Au séminaire de Grenoble où il étudie dès l’âge de neuf ans, il se montre élève brillant et sportif. Ce qui lui vaut quelques titres en compétition.

C’est lors d’un voyage au monastère de la Grande Chartreuse que sa foi religieuse s’éveille. Il devient religieux dominicain dès l’âge de 16 ans. Très tôt, il se montre un orateur talentueux et complète sa formation à Rome. A 22 ans, il est ordonné prêtre à Aix-en-Provence.

Devenu docteur en théologie, il se consacre surtout aux prêches qu’il donne dans de grandes villes comme Londres, Liège, Paris, devant un public d’élite. C’est ainsi que Le Figaro ne tarde pas à titrer : Le père Didon est une étoile qui se lève.

Devenu aumônier militaire pendant la guerre de 1870, il tombe malade et se réfugie à Genève après la capitulation de Metz. Dès la fin du conflit, il reprend ses prédications à Marseille où il prêche une régénération de la France.

 

Soutenu par le pape, mais exilé par sa hiérarchie pour insoumission

Revenu à Paris, il reprend des études pour approfondir ses connaissances en sciences et fréquente aussi bien les hommes de lettres, que les scientifiques. Il est même reçu en audience privée, par le pape Léon XIII qui s’exclame : Ah, le père Didon ! Il a déjà un nom célèbre dans le monde ! Il l’encourage par ces mots : Continuez Didon, continuez.

Fort de ce soutien, Didon peut s’affranchir de l’avis de l’évêque de Paris qui lui recommandait la modération. Mais pris par un élan de franc-tireur, il avoue publiquement son refus d’obéir à sa hiérarchie. Cette insoumission notoire lui vaut un exil immédiat, par sa hiérarchie dans un couvent de Corse en 1880.

Interdit de prêches, il se consacre dès lors à l’écriture d’un ouvrage sur la vie de Jésus et pour ces recherches, il obtient l’autorisation d’aller étudier Kant et Hegel en Allemagne. Bientôt, il publie un ouvrage Les Allemands qui relance les tensions avec sa hiérarchie.

 

Proviseur et prieur à Arcueil, sa renommée est grande

Puis il achève la rédaction de La vie de Jésus au collège dominicain d’Arcueil où il est nommé proviseur et prieur. Son dernier livre reçoit un excellent accueil en France et lui attire des critiques étrangères très élogieuses. Les droits d’auteur qu’il en retire sont utilisés pour financer des travaux dans son collège Albert-le-Grand et des sorties scolaires.

Lors de ces voyages, il emmène des dizaines de personnes à Rome en 1892, à Constantinople via Budapest, Belgrade et Sofia en 1893, en Grèce en 1894…

Et c’est en héros qu’on le reçoit à Arcueil, tant est grande sa renommée. Sa première expérience de chef d’établissement est une réussite.

Dès lors, se souvenant des sports de son enfance, il instaure des rencontres sportives entre établissements scolaires d’abord religieux et multiplie les contacts avec les principaux dirigeants sportifs de son époque. Après sa rencontre avec Pierre de Coubertin le 2 janvier 1891, il organise une première compétition sportive laïque en mars de la même année. Le directeur de la course est Coubertin, fondateur des J.O. modernes.

 

Sa devise Citius, Altius, Fortius, devient celle des J.O. en 1894

C’est à cette occasion que Didon invente et fait broder la devise : Citius, Altius, Fortius (Plus vite, plus haut, plus fort), qui deviendra la devise des Jeux olympiques en 1894 lors du premier congrès olympique.

Il se fait grand promoteur du sport moderne. Mais sa tâche est rude car Paris, compte de solides opposants qu’il classe en trois catégories : les passifs, les affectifs et les intellectuels, qu’il qualifie d’éternels réactionnaires ainsi qu’il le déclare devant le Congrès olympique de 1897.

 

 

Expert gouvernemental et diplomate

D’un voyage d’études en Grande-Bretagne en 1898-1899, auprès des plus prestigieux établissements, il est convié à livrer ses conclusions au gouvernement français. Et malgré les protestations des Jésuites, il expose ses orientations pédagogiques.

Envoyé en mission à Rome par Pierre Waldeck-Rousseau afin d’aplanir le conflit Eglise-Etat, il décède le 13 mars 1900 à Toulouse.

 

 

Humaniste visionnaire à la trempe de bâtisseur de cathédrale

Enjeux difficiles et obstacles stimulent le Père Didon qui déploie alors une énergie de bâtisseur humaniste où le sport occupe une belle place.

Habité par un haut idéal spirituel, il se fait « entrepreneur » d’avant-garde, pour dire et faire ce qu’il perçoit comme bienfaisant pour le devenir humain et pour la collectivité.

Les tâches de grande ampleur conviennent à cet homme populaire qui se sent une énergie à soulever les montagnes.

Cet atout lui sert notamment pour développer ses prêches (sans micro !) comme un conquérant indépendant, batailleur, tenace et novateur qui lance ce qui ne s’est jamais fait, au risque de déplaire et d’être sanctionné. Mais il se révèle irrésistible, tant les faits donnent raison à ses idées de précurseur qui porte haut le sens de l’amitié.

“Un ami, c'est un être qui ne doute jamais de vous, qui ne vous demande rien et qui est prêt à tout vous donner... C'est un cœur large qui oublie et pardonne... Un ami, c'est la perle au fond des mers.”

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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