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Pionnier de l’industrie pétrolière, son généreux mécénat pour l’aviation naissante contribue à faire de la France un pays précurseur en aéronautique

 

Henry DEUTSCH DE LA MEURTHE
(Henry Salomon DEUTSCH de la MEURTHE)

né le 25 septembre 1846 à Paris, heure non connue

décédé le 24 novembre 1919 à 2h20 à Ecquevilly Yvelines 78
selon acte n°28

 

 

Les Deutsch de la Meurthe sont en France, les créateurs de l’industrie des huiles minérales

Si la famille Deutsch, au début du 20e siècle, est fortunée et appartient à l’élite républicaine, elle a cependant des origines modestes.

En effet, le père, Alexandre Deutsch, fonde en Lorraine un petit commerce d’huiles de toutes sortes. Puis il migre vers Paris pour y trouver un avenir économique meilleur et profiter de la citoyenneté accordée aux Juifs de France par la Révolution française. Puis il est un des premiers à s’intéresser à l’industrie pétrolière.

Entré à 20 ans, en 1866 dans la maison fondée par son père, Henry préside au début de l’industrie pétrolière en France et contribue à créer de nombreux établissements et raffineries qu’il dirige avec son frère Emile. Ils font prospérer l’affaire qui deviendra en 1922, la société des Pétroles Jupiter avant d’être Shell France.

C’est, apparemment, Alexandre qui ajoute « de la Meurthe » à son patronyme.

 

Face aux grandes  évolutions techniques, Henry perçoit déjà  l’importance du pétrole comme source d’énergie

Membre du jury de l’Exposition Universelle de 1889, il organise l’exposition spéciale de l’industrie et des applications du pétrole. Cet homme à l’esprit visionnaire comprend très tôt l’importance du pétrole comme combustible. C’est ce qui l’amène à déclarer devant le Jury de l’Exposition :
C’est dans le moteur à gazoline que se trouve la solution du problème de la navigation aérienne.

Ces propos sont visionnaires à un moment où Clément Ader s’ingénie à concevoir son « Avion » avec la vapeur pour force motrice. 

 

Mécène privilégié de l’aviation, il aide aussi les pionniers de l’automobile

En attendant, Henry encourage les pionniers de l’automobile française (Peugeot, Mors) et leur offre un prix de 100 000 francs-or (dont un des lauréats sera Amédée Gordini). La même somme dote un prix destiné aux pionniers de l’aviation dont Santos-Dumont empoche le montant le 19 octobre 1901, pour ses travaux sur la dirigeabilité des ballons. Henry fonde ainsi le grand prix d’aérostation destiné à récompenser le premier pilote qui réussit le vol Saint-Cloud-Tour Eiffel aller-retour… soit 11 km

En 1895, Henry contribue à fonder l’Automobile Club de France, notamment avec le Comte de Dion.

En 1904, Henry Deutsch de la Meurthe décide, avec Ernest Archdeacon, autre mécène de l’air, de récompenser l’aviateur qui réalise le premier kilomètre en circuit fermé. Le lauréat est Henry Farman en 1908.

 

La coupe Deutsch de la Meurthe impulse développement et innovations aéronautiques

En 1906, ce mécène,  généreux et infatigable, crée la fameuse coupe Deutsch de la Meurthe dotée de 70 000 francs. En ces temps où l’on ne pense guère aux machines volantes, l’épreuve est créée pour « tout engin aérien automobile ».

C’est cette coupe que sa fille Suzanne relance au sortir de la Grande Guerre. Elle permet à l’aviation de développer des innovations essentielles.

En 1908, Henry  participe à la création de la Compagnie générale de navigation aérienne qui achète les brevets des frères Wright. Il investit également chez les constructeurs aéronautiques Astra (1909) et Nieuport (1911).

En 1909, il participe à la fondation de l’Institut aéronautique de Saint Cyr doté de 600 000 francs-or complétés par une rente annuelle de 15 000 francs.

Passionné par l’aviation naissante, en 1898, Henry fonde avec Ernest Archdeacon l’Aéro-club de France. Plusieurs industriels y sont associés dont Gustave Eiffel. Il en a la présidence de février 1913 jusqu’à son décès en 1919.

Ensuite, en 1914, il crée et finance la chaire de navigation aérienne du Conservatoire des arts et métiers. Henry fait même construire un grand dirigeable « La Ville de Paris » qu’il offre à l’Etat pour être sentinelle aérienne sur la frontière de l’Est.

 

Généreux mécène de la technique, il s’intéresse aussi à l’art et à la jeunesse

Sa générosité concerne aussi la promotion des arts. Avec le prince de Monaco, il contribue à organiser un concours doté de 50 000 francs pour permettre aux compositeurs de faire connaître et exécuter leurs œuvres.

Pour aider à l’hébergement des étudiants, il fonde une cité universitaire aux portes de Paris.

Ainsi, ce magnat du pétrole consacre sa vie durant une grande partie de son temps et de son immense fortune au développement de l’aérostation et de l’aviation. Mais cet homme de coeur, savant, technicien et sportif, se révèle aussi un compositeur de talent (opéra Icare).

A propos de cette célèbre coupe qui porte pendant trente ans, le nom de son mécène :
« C’est le prix Deutsch-Archdeacon qui a donné à la France l’avance qu’elle avait en 1907, et c’est de cette avance que la France a vécu et vaincu en 1919  »
 (« Mes dix mille cerf-volants », ouvrage autobiographique de Gabriel Voisin)

 


Buste d’Henry Deutsch de la Meurthe à Ecquevilly

 

En astrologie, d'où vient le goût de voler ?
Pour en savoir plus :
http://www.janinetissot.com/travaux/aviateurs.html

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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