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Résistante, déportée en camp de concentration, fervente catholique, elle passe sa vie à militer pour les droits de l’homme et à lutter contre la pauvreté et l’exclusion, à la tête d’ATD Quart-Monde de 1964 à 1998. Pour sa vie dédiée au service de la dignité humaine et de la fraternité, elle entre au Panthéon le 27 mai 2015.

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Geneviève de GAULLE-ANTHONIOZ
(Geneviève Germaine Marie Agnès de Gaulle)

Née le 25 octobre 1920 à 11h30 à Saint-Jean-de-Valériscle Gard 30
Selon l’Astrologue n°120

 Décédée le 14 février 2002 à Paris

 

 

 

Nièce du général de Gaulle, à moins de vingt ans, elle devient Résistante.

Fille de Xavier de Gaulle, ingénieur, frère du général de Gaulle.

Elle n’a pas vingt ans, quand elle rentre dans la Résistance dès juin 1940, dans le Groupe du Musée de l’Homme.

Elle mène de multiples actions de renseignement et d’information au sein du réseau Défense de la France. Arrêtée le 20 juillet 1943, suite à une trahison, elle est emprisonnée à Fresnes puis déportée le 2 février 1944 au camp de Ravensbrück. Là, elle se lie d’amitié avec d’autres résistantes internées dont Germaine Tillion.

En octobre 1944, sur décision d’Himmler, elle est placée en isolement au « bunker » du camp, pour lui garder la vie sauve et l’utiliser comme monnaie d’échange alors que son oncle, Charles de Gaulle gouverne la France libérée.

Elle n’en sort que le 25 avril 1945, lors de la libération du camp par l’Armée russe.

 

 

On ne peut jamais oublier l’odeur de la misère et de l’humiliation.

Le pire n’est pas la mort, c’est la haine et la violence.

En entrant dans le camp, c’était comme si Dieu était resté à l’extérieur.

 

Ce n’est qu’un demi-siècle plus tard, en 1998, qu’elle écrit ses souvenirs de Ravensbrück  dans l’ouvrage La Traversée de la nuit où elle évoque l’entraide entre les détenues, la condition de vie des enfants au camp et les circonstances de sa libération.

En 1946, elle se marie avec un jeune éditeur et ancien Résistant : Bernard Anthonioz. Le couple a quatre enfants.

Membre active puis présidente de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR), elle suit les procès des criminels nazis en Allemagne.

Elle participe à l’essor du mouvement politique le RPF initié par son oncle.

En 1958, alors qu’elle travaille au cabinet d’André Malraux, elle rencontre l’aumônier Joseph Wresinski qui s’occupe du bidonville de Noisy-le-Grand. Découvrant la souffrance de ces familles, elle revit celle qu’elle-même et d’autres déportés ont vécue.

Elle décide alors de s’engager avec ce prêtre dans le Mouvement ATD Quart Monde qu’il a fondé. Présidente de la branche française de ce Mouvement de 1958 à 1998, elle consacre quarante ans de sa vie à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion.

En 1987, elle témoigne sur la barbarie nazie au procès de Klaus Barbie.

Nommée en 1988 au Conseil Economique et Social, il lui faudra se battre pendant dix ans avant de voir adopter la loi d’orientation contre la grande pauvreté votée en 1998.

Décédée en 2002, elle est inhumée à Bossey.

Le président François Hollande annonce le transfert de sa dépouille au Panthéon, aux côtés de Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay. Cependant, les familles de Germaine Tillion et de Geneviève Anthonioz de Gaulle ont annulé ce transfert, car elles veulent qu’elles ne soient pas séparées des familles. De la terre du cimetière de Bossey sera déposée au Panthéon.

Geneviève de Gaulle-Anthonioz est la première française à recevoir la distinction de Grand-croix de la Légion d’honneur en 1998.

 

« À ma chère nièce Geneviève, qui fut, tout de suite, jusqu'au bout, au fond de l'épreuve, au bord de la mort, un soldat de la France libre, et dont l'exemple m'a servi ».

Telle est la dédicace du Général de Gaulle sur son premier tome des Mémoires de guerre.

 

Voici un aperçu du parcours  de cette femme née pour être une Résistante modeste et dévouée au service des plus humbles et des plus démunis, afin de leur redonner leur dignité.

Avec une énergie, une solidité et une volonté à toute épreuve, elle se dévoue dans une œuvre pérenne, organise des actions de fond et de grande ampleur en faveur des humains délaissés et miséreux.

Combattante des causes  difficiles, elle surmonte sans faiblesse tous les obstacles, avec ce qu’il faut d’intuition, de sens du calcul, de stratégie  pour des missions d’avant-garde au service du genre humain.

 

Geneviève de Gaulle-Anthonioz, une femme exemplaire qui a l’étoffe des héros dignes du Panthéon.

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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