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Surnommée par sa famille La duchesse rouge, cette femme de lettres fait scandale tant par ses amours homosexuelles que ses convictions politiques.

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Elisabeth de CLERMONT-TONNERRE
Née Antonia Corisande Elisabeth de GRAMONT

Le 23 avril 1875 à 18h à Nancy Meurthe-et-Moselle 54
Selon acte n°463 – AD54 en ligne – 2Mi – EC 394/R2 – vue 120/827

 Mariée à Aimé François Philibert de CLERMONT-TONNERRE le 2 juin 1896 à Paris 8e
Selon acte n° 500 – Archives de Paris en ligne

 Décédée le 6 décembre 1954 à 0h15 à Paris 16e
Selon acte n°2011 - Archives de Paris en ligne – 16D 194 – vue 3/20

 


Élisabeth de Gramont par Paul Nadar en 1889.

 

Une vie scandaleuse pour cette descendante d’Henri IV…

…qui invente le PACS avant l’heure par amour pour Natalie Clifford Barney,

…et se fâche avec sa famille par son soutien au Front populaire

Etonnante, dérangeante, spectaculaire, elle s’affranchit des conventions…

 

 

Une vie scandaleuse pour cette descendante d’Henri IV…

Femme de tête et femme de lettres, cette descendante d’Henri IV bouscule les normes de son temps, par ses amours avec l’illustre salonnière Natalie Clifford Barney et son soutien au Front populaire.

Outre cette parenté lointaine à un roi de France, son ascendance est noble par son père Agénor duc de Grammont et sa mère Isabelle de Beauvau-Craon décédée peu après sa naissance.

Son demi-frère est le duc de Guiche, industriel et brillant scientifique, ami proche de Marcel Proust et son oncle est le comte de Grammont, mémorialiste.

Après avoir grandi parmi la plus haute noblesse, à 21 ans elle épouse Philibert duc de Clermont-Tonnerre dont elle aura deux filles.

Jusque là, sa destinée semble se dérouler selon les rites de la haute société. Côté culture, elle entretient des liens étroits avec les hommes de lettres tels le dandy Robert de Montesquiou, Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz, Marcel Proust… Avec ce dernier elle partagera une amitié jusqu’à la fin de sa vie.

Elle est furieuse, comme ses sœurs, de voir son père Agénor duc de Gramont, deux fois veuf, se remarier en 1907, avec une jeune duchesse italienne, qui ne tardera pas à le tromper vu la différence d’âge.


Dernière demeure d’Elisabeth de Clermont-Tonnerre 3, rue de la Faisanderie Paris 16e

 

…qui invente le PACS avant l’heure par amour pour Natalie Clifford Barney

Le 1er mai 1909, Elisabeth a rendez-vous avec son destin hors du commun. C’est le jour de sa rencontre avec Natalie Clifford Barney, femme de lettres américaine qui tient salon à Paris et compte à son actif de nombreuses conquêtes amoureuses féminines, telle la courtisane Liane de Pougy.

La duchesse de Clermont-Tonnerre alors âgée de 34 ans devient sa maîtresse et sa mécène au point qu’en 1918 elle rédige un « contrat de mariage » symbolique liant les deux femmes jusqu’à la mort. Toutes deux infidèles, resteront cependant dévouées l’une à l’autre par l’esprit jusqu’à ce que la mort les sépare. La date de leur rencontre sera leur date anniversaire.

Devenue lesbienne après cette rencontre, Elisabeth divorce en décembre 1920.

 

…et se fâche avec sa famille par son soutien au Front populaire

Femme de lettres, elle publie une vingtaine d’ouvrages entre 1910 et 1932 dont un titre éloquent : Le diable chez la marquise. Cependant, plusieurs de ses ouvrages décrivent le style de vie de son milieu social d’origine.

Libre et révolutionnaire dans sa vie sentimentale, la duchesse l’est aussi dans ses choix politiques. Sans hésiter, elle délaisse le monde de richesse de son enfance pour soutenir le socialisme et les leaders politiques de gauche.

Et quand monte la voix du peuple de gauche qui s’élève en 1936 contre le fascisme et pour améliorer la situation du pays, Elisabeth fait sienne cette aspiration. Au diable les traditions politiques familiales ! La voilà qui participe aux défilés du Front populaire.

Déterminée et hors normes, cette audacieuse au franc-parler se fâche alors avec sa proche famille qui la surnomme la duchesse rouge ou Lily.

 

Décédée à 79 ans, elle repose dans la chapelle funéraire privée des Clermont-Tonnerre à Glisolles dans l’Eure.

 


La duchesse dans son hôtel particulier parisien
Source cliché :
https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0001612761

 

 

Etonnante, dérangeante, spectaculaire, elle s’affranchit des conventions…

Entre Taureau et Balance, cette duchesse jupitérienne est héritière d’un sens terrien, d’une solide détermination, alliés à un besoin de séduction avec mise en scène.

Sa plume est vive et inspirée dans un style original, libre, indépendant, sans souci de normes et conventions.

Sa vie sentimentale et son engagement politique signent une femme d’avant-garde, qui agit à sa guise, selon ce qui lui semble bon pour elle-même et pour le devenir humain à propos de son soutien au Front populaire. Qu’importent scandale et fâcheries familiales !

La vie sentimentale est essentielle pour cette native marquée par la Balance amplifiée par Jupiter qui porte à occuper le devant de scène avec ampleur, optimisme et appétit de jouissance tous azimuts. Et aussi à mettre en scène sa propre vie sans craindre les tensions provoquées dans l’entourage familial.

Avec la duchesse de Clermont-Tonnerre, voici une femme, étonnante, dérangeante, spectaculaire, qui s’affranchit des conventions de son rang et de son temps.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

 


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