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Sait-on que l’on doit à ce chansonnier montmartrois, Le Temps des cerises et Dansons la capucine… ?
Il s’illustre aussi sur les barricades de la Commune de Paris en mai 1871, parmi les chefs de l’insurrection populaire.

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Jean Baptiste Clément

Né le 31 mai 1836 à 2h du matin à Boulogne-sur-Seine (auj. Boulogne-Billancourt) 92 Hauts-de-Seine
Selon acte n°104 – AD92 en ligne – E_NUM_BOU70 183 6 – vue 19/47

 Décédé à Paris le 23 décembre 1903

 


Jean Baptiste Clément photographié par Nadar

 

D’ascendance meunière, il quitte tôt sa famille

Journaliste opposé au Second Empire, il connaît la prison

Après exil et clandestinité, il est un militant socialiste très actif

Un bâtisseur humaniste à la plume et au verbe inspirés

 

 

D’ascendance meunière, il quitte tôt sa famille

Etonnante destinée que celle de Jean-Baptiste Clément qui sera surveillé toute sa vie par la Sûreté nationale !

Ce chansonnier, armé de son cœur de poète, opposé au Second Empire et révolté contre les injustices sociales, va guerroyer vaillamment au temps héroïque du socialisme et défendre la dernière barricade de l’insurrection du peuple lors de la Commune de Paris.

Né d’un père riche fermier de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), il quitte très jeune sa famille. Dès 14 ans, il est garnisseur de cuivre et exerce divers autres métiers notamment chez ses grands-parents meuniers au Moulin de Cage à l’Île Saint-Ouen. De là, il rejoint Paris où il côtoie des journalistes écrivant dans des journaux socialistes.

Contraint de se réfugier en Belgique en 1867, c’est là qu’il publie la chanson devenue immortelle : Le Temps des cerises.

 

Journaliste opposé au Second Empire, il connaît la prison

Sa vie durant, il est l’auteur d’un grand nombre de chansons dont certaines passent dans le répertoire enfantin.

Avec sa plume inspirée, il collabore à divers journaux d’opposition au Second Empire, et finit par être condamné pour avoir publié un journal non cautionné par Napoléon III. Emprisonné à Sainte-Pélagie (Paris 5e), il lui faudra attendre le soulèvement républicain du 4 septembre 1870 pour en sortir.

Membre de la Garde nationale, il participe aux différentes journées de contestation du Gouvernement de la Défense nationale formé durant la guerre franco-prussienne de 1870. Suite aux élections municipales de Paris, il est élu le 26 mars 1871 au Conseil de la Commune par le 18e arrondissement et participe donc au gouvernement de Paris du 28 mars au 28 mai 1871.

Pendant cette courte période, on le retrouve délégué à la fabrication des munitions puis à la commission de l’Enseignement tout en protestant contre la fermeture de certains journaux d’opposition à la Commune.

Tout naturellement, il milite sur les barricades pendant la Semaine Sanglante qui voit la Commune écrasée et ses membres exécutés en masse.

Peu après, il écrit la chanson La Semaine sanglante qui dénonce cette violente répression contre les communards.


https://commons.wikimedia.org/wiki/File:P1250204_Paris_XI_rue_Fontaine-au-roi_n17_plaque_commune.jpg?uselang=fr

 

 

Après exil et clandestinité, il est un militant socialiste très actif

Il parvient à fuir Paris et se réfugie à Londres où il poursuit son combat. Condamné par contumace en 1874, il entame alors une période de clandestinité chez ses parents à Montfermeil. En attendant l’amnistie générale prononcée en 1879, il se promène dans les bois et pêche dans les étangs proches.

Revenu à Paris en 1880, il fonde le cercle d’études socialiste dans les Ardennes à Charleville ainsi que la Fédération socialiste des Ardennes qui participe en 1890 à la création du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire.

Initié à la franc-maçonnerie le 28 octobre 1898, Jean Baptiste Clément passera en 1901 compagnon et maître.

A son inhumation au cimetière du Père-Lachaise le 26 février 1903, une foule de quatre à cinq mille personnes assiste à la cérémonie.

 


Plaque de rue de la place Jean-Baptiste-Clément à Paris.

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Paris_18e_-_Place_Jean-Baptiste-Cl%C3%A9ment_-_plaque_de_rue.jpg?uselang=fr

 


Tombe de Jean Baptiste Clément au cimetière du Père-Lachaise
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9c/Tombe_J-B_Cl%C3%A9ment.jpg

 

 

Un bâtisseur humaniste à la plume et au verbe inspirés

Guerroyez contre les injustices sociales par l’action et l’écriture sied parfaitement à ce natif marqué par le Bélier et les Gémeaux. Ce dernier signe lui donne de parler avec légèreté de choses graves. C’est le cas dans ses chansons qui sont à la fois témoignages chantés et aussi exutoire pour le peuple accablé.

Ancré dans la réalité de son époque et touché par la misère de ses contemporains, il porte en lui une énergie de bâtisseur infatigable par le verbe et le militantisme. Ainsi, il contribue à fonder le socialisme dans les Ardennes.

L’influence du Cancer lui confère l’âme candide du poète inspiré qui milite pour faire exister le rêve qu’il porte en lui. A ce titre, rien de surprenant à ce que nombre de ses chansons soient passées dans le répertoire enfantin tel « Dansons la capucine, y a pas de pain chez nous, Y en a chez la voisine mais ce n’est pas pour nous ! »

L’art de la plume et une curiosité insatiable le portent vers le journalisme qu’il exerce avec humanisme et un esprit pionnier.

 

Pour entendre Le Temps des cerises chanté par Mouloudji et Nana Mouskouri : https://www.youtube.com/watch?v=oZK5sDVL8Tk

 

 
(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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