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Par ses corsets souples et sur mesure, il est l’orthopédiste qui libère le corps des femmes en cette fin de 19e siècle où la mode exige une taille si fine que les élégantes tombent parfois en pâmoison. Le succès des corsets Claverie est considérable.

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Auguste CLAVERIE
Né Charles DELBRET-CLAVERIE dit Auguste CLAVERIE

le 15 décembre 1862 à 14h à Bordeaux Gironde 33
Selon acte n°1320 – AD33 en ligne – 1 E 258 – Bordeaux section 2 – 1862 – vue 206/230

Décédé en 1914

 


Réclame Claverie de 1906

 

« Un soutien discret qui s’assouplit aux formes »

Enfant naturel, il découvre son identité à 20 ans.

En 1911, la firme Claverie emploie 225 ouvriers et 75 employés

La boutique restée dans son jus sert de décor pour films

Homme de feu au secours des blessés de la vie

 

 

« Un soutien discret qui s’assouplit aux formes »

Voilà ce qu’affirme une réclame de l’époque.

Il y a de quoi séduire les élégantes en quête du corset idéal. En 1890, ce sous-vêtement indispensable pour avoir une taille de guêpe exige de lacer les gaines jusqu’à l’étouffement.

Un orthopédiste, Auguste Claverie veut changer tout cela. Il crée le corset sur mesure, en tissu élastique ainsi que des soutiens-gorges. Et dans sa boutique au 234, Faubourg Saint-Martin « une visite s’impose pour toutes les dames soucieuses de leur santé et de leur beauté ».

Etre à la mode et libérer le corps, séduit toutes les élégantes de la jet-set parisienne qui affluent chez le corsetier Claverie. Reçues dans l’intimité de l’un de ses vingt salons d’essayage à l’arrière de la boutique, il leur arrive peut-être de croiser artistes et chanteuses d’opéra telles Joséphine Baker et Mistinguett qui viennent, elles aussi, en nombre confier leur corps à la maison Claverie.

L’orthopédiste Claverie, qui est déjà spécialiste des bandages herniaires, ceintures élastiques, corsets hygiéniques, bas à varices, prothèses, acquiert ainsi une formidable notoriété. Il devient l’un des commerçants les plus en vue de la capitale.

 

Enfant naturel, il découvre son identité à 20 ans.

Né Charles Delbret à l’état-civil, il est enfant naturel et n’apprendra sa véritable identité qu’à l’âge de vingt ans. Et par jugement de 1905, il est autorisé à ajouter Claverie à son patronyme de naissance et sera connu sous le nom d’Auguste Claverie.

 

En 1911, la firme Claverie emploie 225 ouvriers et 75 employés

Le succès est tel que le corsetier doit se doter, en 1897, d’une usine à Romilly-sur-Seine dans l’Aube, un département actif dans la bonneterie.

Rachetée par son associé en 1905, son affaire prospère et survit à tous les soubresauts du 20e siècle. Il faut dire que côté réclame la fabrique Claverie ne fait pas dans la dentelle. Ainsi la revue Les Annales de 1921 titre : "Les établissements A. Claverie 234, faubourg Saint-Martin, Paris, sont les plus importants du monde entier". "Les corsets de A. Claverie (toujours établis sur mesure) restent la première marque de l’univers !"

Avec l’argent des corsets, Auguste Claverie s’offre une somptueuse résidence secondaire en Dordogne, le château des Milandes. Il y engage de gigantesques travaux pour restaurer les bâtiments, construire de nouvelles tours, créer une ferme, un jardin à la française…

Cette propriété vendue en 1932 par la veuve d’Auguste Claverie se retrouvera en 1947 entre les mains d’une ancienne cliente de la maison : Joséphine Baker.

 

La boutique restée dans son jus sert de décor pour films

La marque Claverie restée fameuse pendant plus d’un demi-siècle est aujourd’hui disparue.

Et  de cet empire, ne subsiste à présent que l’atelier-boutique du faubourg Saint-Martin resté dans son jus. Avec ses vitrines anciennes, ses vitraux, son escalier en acajou, ses comptoirs et ses lustres en bronze doré, le lieu, inscrit à l’Inventaire des Monuments historiques depuis 2011, est remarquable d’authenticité. 

Il a d’ailleurs servi de décor pour plusieurs films dont Le Viager – film de Pierre Tchernia – en 1972. Michel Serrault y joue le rôle d’un infatigable employé quittant l’entreprise d’articles orthopédiques après 36 années de bons et loyaux services qui lui ont permis « à force de persévérance et d’assiduité dans le travail » de se hisser du poste de manutentionnaire auxiliaire jusqu’à celui de sous-chef de la manutention…

 


https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Paris_10e_Claverie_234_rue_du_Faubourg-Saint-Martin_27.JPG

 

Sources documentaires :
http://lafabriquedeparis.blogspot.nl/2013/05/claverie-les-corsets-du-faubourg-saint.html
http://www.paris-promeneurs.com/La-fabrique-de-corsets-Claverie
https://books.google.fr

 

 

Homme de feu au secours des blessés de la vie

Homme de feu Auguste Claverie a le don des affaires et l’ambition de toujours s’améliorer et viser sans cesse plus haut.

Il insuffle un durable optimisme à sa firme qui n’hésite pas à se qualifier la « meilleure de l’univers ».

Il se fait un ardent conquérant, travailleur, indépendant, et aussi novateur pour lancer en premier des articles qui ne se sont encore jamais faits.

S’occuper du confort du corps des femmes lui permet aussi de se réconcilier avec sa sensibilité frustrée et blessée.

Son ingéniosité doublée d’un sens pratique le conduit à œuvrer pour le bien-être physique des blessés de la vie et notamment des femmes au corps meurtri par des gaines trop rigides.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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