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Il est le 1er maillot jaune du Tour de France. Héros parmi les héros, dans les Pyrénées, il y « forge » sa légende en même temps que la fourche de son vélo pour terminer l’étape et le Tour

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Eugène CHRISTOPHE

Né le 22 janvier 1885 à 1 heure à Paris

Décédé le 1er février 1970 à Paris 14e

 

 

 

A 21 ans, en 1906, il fait le 1er de ses 11 Tours de France

Il fait partie de ces pionniers qui relèvent le défi d’Henri Desgrange, créateur du Tour de France : il s’agit de courir en trois semaines plusieurs milliers de kilomètres.

En ce temps-là, les routes ressemblent plutôt à des chemins, le vélo de course pèse quelque 20kg, le ravitaillement se porte dans la musette en bandoulière, les chambres à air de rechange sont croisées autour des épaules, et les forçats de la route font remplir leurs bidons en zinc au cafetier du coin.

Lorsque Christophe se présente au départ de son 1er Tour, il n’a que 21 ans et c’est la 4e édition de l’épreuve. Elle a l’allure d’un véritable Tour de France avec 4 637 km et 13 étapes. Nous sommes en 1906. Christophe commence une étonnante carrière dont la longévité demeure sans égale car en 1925, celui que l’on surnomme familièrement, le « Vieux Gaulois », à plus de 40 ans, participe encore à l’épreuve et termine à la 13e place.

En 1922, Eugène CHRISTOPHE a 37 ans et il dispute son 12e Tour de France. Quand, dans la descente du col du Galibier, la fourche de son vélo se casse, il ne bronche pas, ne pousse pas un cri. Il rejoint Valloire à pied, tombe sur le curé de la paroisse qui, en bon père, lui prête sa propre machine. Puis, arrivé à Saint-Michel-de-Maurienne, Eugène  en trouve une en meilleur état et à Saint-Jean-de-Maurienne, une meilleure encore.

C’est ainsi qu’il parvient à rallier Genève et à achever cette épreuve qu’il aime tant.

Cet incident aurait pu lui arriver n’importe où en France, il n’aurait eu aucun mal à trouver quelqu’un qui lui  tende un vélo en état de marche. En effet, depuis 1919, il est le coureur le plus aimé de France car, cette année-là,  ses malheurs en course ont suscité un tel élan de générosité qu’une souscription nationale lui a apporté plus d’argent que s’il avait gagné le Tour.

 

Précurseur courageux, il « forge » sa légende dans l’atelier d’un forgeron en 1913

En fait, la légende de Christophe naît en 1913, dans le Tourmalet qu’il vient de franchir en tête. Mais dans la descente, il heurte une voiture et brise la fourche de son vélo. Il parcourt à pied les 14 derniers kilomètres de la descente pour atteindre Sainte-Marie-de-Campan, là où Octave Lapize avait déjà souffert quelques années plus tôt.

C’est dans cette petite bourgade pyrénéenne qu’il se « forge » une grande partie de sa popularité. Obsédé par l’idée de réparer pour poursuivre la course il en oublie la fatigue. Il se rend chez le forgeron et commence sa réparation sous l’œil vigilant d’un commissaire qui veille au respect du règlement : nul ne doit assister le coureur.

Mécanicien de formation, Eugène travaille le tube de 18mm au feu de la forge, le lime pour l’insérer dans le fourreau de son cadre, puis le perce pour glisser les goupilles assurant son maintien.

Au bout de 2h, le commissaire, tenaillé par la faim, se propose d’aller acheter un sandwich. Et là, notre merveilleux Christophe réplique justement : Je suis votre prisonnier, vous resterez mon gardien jusqu’au bout !

Malgré cette péripétie et le temps perdu, le Vieux Gaulois arrache la 7e place du classement final.

 

 

En 1919, Christophe est leader du classement général au départ de l’avant-dernière étape. Mais sur les pavés de la cité nordiste de Raismes, sa fourche se casse à nouveau. La victoire s’envole dans l’atelier d’un fabricant de cycles où il passe plus d’une heure à réparer. Malchanceux, Eugène reçoit pourtant une ovation du public à l’arrivée au Parc des Princes.

En 1922, il s’empare du maillot jaune aux Sables-d’Olonne, le porte jusqu’à Perpignan. Mais il brise sa fourche, pour la 3e fois de sa carrière, ce qui ne l’empêche pas de terminer en 8e position.

 

Un remarquable palmarès pour ce coureur au moral d’acier, malgré la malchance

Dans ses 11 participations au Tour de France, il aurait mérité de remporter au moins une fois l’épreuve, mais il a gagné en popularité ce qu’il n’a pas eu par malchance.

Ainsi, il est 2e 1912, 3e en 1919, 7e en 1913,8e en 1922, 9e en 1906 et 1909, 11e en 1914, 18e en 1925.

Il remporte Milan-San Remo en 1910, Bordeaux-Paris en 1920 et 1921, Paris-Tours en 1920 et 7 fois le championnat de France de cyclo-cross entre 1906 et 1921.

 

Le maillot jaune fait son apparition, officiellement en 1919.

Créé pour faciliter le repérage du leader du Tour de France par le public, il est jaune comme la couleur des pages du journal organisateur. Mais Henri Desgrange et ses collaborateurs oublient de le faire fabriquer, si bien que Christophe doit attendre Grenoble pour endosser ce maillot obtenu dès les Sables-d’Olonne. Ainsi, dans l’histoire du Tour, il est le 1er coureur à endosser le maillot jaune.

 

D'autres personnages et anecdotes dans le dossier spécial "Tour de France"

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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