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Chanteur fantaisiste et aussi acteur, devenu star internationale, il impose à tous les publics du monde, en 66 ans de carrière, un look inoubliable, symbole français du music-hall de la première moitié du 20e siècle.

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Maurice CHEVALIER

Né Maurice Auguste CHEVALIER le 12 septembre 1888 à 2h du matin à Paris 20e
Selon acte n°3417 – Archives de Paris en ligne -  V4 E 7882 – vue 8/31

 Décédé le 1er janvier 1972 à Paris 15e

 

 

Un gosse de Ménilmontant qui veut être acrobate puis chanteur…

Infirmier pendant la guerre : le plus beau rôle que j'aurai joué de ma carrière !

Smoking, canotier, lippe gouailleuse… son style fera le tour du monde

Hollywood donne l’élan à sa carrière cinématographique à partir de 1928

Le manque du public provoque ennui et dépression en fin de vie

Séduire les publics du monde entier, un défi réussi pour cet artiste-né

 

 

Un gosse de Ménilmontant qui veut être acrobate puis chanteur…

Parti de son Ménilmontant natal aux plus grandes scènes du monde, Maurice Chevalier incarne l'un des plus célèbres artistes du music-hall français de la première moitié du 20e siècle.

Dès 13 ans, un jour de 1900, ses débuts en chanteur de caf’conc’ dans son quartier natal sont loin d’être glorieux.

Peu avant, il se voyait acrobate, par fascination mais aussi pour aider sa famille désertée par le père et ainsi soutenir sa mère qui s’épuise à faire passementière pour nourrir ses trois enfants.

Rêvant de gagner sa vie en chansons, il lui faut auparavant tâter à plein de métiers d’où il est vite renvoyé en raison de son inattention jusqu’à ce qu’il soit promu ouvrier dans une fabrique de punaises. Pas pour longtemps, car son rêve d’être chanteur de variétés lui occupe tant la tête qu’il a le doigt écrasé par la machine qu’il dessert.

Sa convalescence est mise à profit pour trouver chanson et style à son goût et entre autres personnalités, il rencontre Félix Mayol.

De 1904 à 1913, de petits contrats en engagements plus ou moins bien payés, la renommée tarde à venir même s’il s’exerce à la danse, à la boxe anglaise… et à cette occasion rencontre Georges Carpentier futur champion du monde. Une longue amitié s’installera entre eux.

En 1908, il se lie avec la chanteuse Fréhel bientôt célèbre. Mais orgies, alcool et drogue rythment cette liaison qui ne dure qu’un an.

Il inspire la future écrivaine Colette, rencontrée lors d’une tournée provinciale, qui l’évoquera dans son roman La Vagabonde sous les traits de Cavaillon.

 


Maurice Chevalier et Mistinguett en 1910

 

Infirmier pendant la guerre : le plus beau rôle que j'aurai joué de ma carrière !

Partenaire de danse de Mistinguett, engagée comme meneuse de revue aux Folies Bergère, il dira plus tard qu’elle est la seule femme qu’il ait vraiment aimée.

Le service militaire et la Guerre de 1914 l’enlèvent à sa passion de la scène. Blessé et fait prisonnier près de Berlin, il devient infirmier et à ce titre, accompagne nombre de malades dans leurs derniers instants. Il dira plus tard que c’était le plus beau rôle que j'aurai joué de ma carrière !

Grâce aux relations diplomatiques de Mistinguett, il est libéré au bout de 26 mois de captivité.

Le couple Mistinguett-Chevalier est engagé pour La Nouvelle Revue au théâtre Marigny durant l’été 1917. Ce spectacle bat le record d’entrées des théâtres parisiens.

Engagé pour une revue à Londres, il est ébloui par le monde du divertissement britannique. Sa carrière discographique, qu’il débute outre-manche en 1920, va durer un demi-siècle !

 

Smoking, canotier, lippe gouailleuse… son style fera le tour du monde

Smoking, nœud papillon, canotier, la lippe gouailleuse, l’accent parisien forcé et traînant… voilà la silhouette de boulevardier décontracté qu’il compose au cœur des années folles, pour ensuite l’imposer pendant plus de cinquante ans à tous les publics de la planète.

Devenu star internationale, il est encore aujourd’hui l’un des chanteurs français les plus connus dans le monde. Plusieurs de ses chansons deviennent de grands succès populaires : Valentine, Ah ! si vous connaissiez ma poule, Ma pomme, Y’a d’la joie et son dernier enregistrement est pour le générique du film Les Aristochats.

Il paraît dans de nombreuses revues dont Dédé où il chante ce qui deviendra un grand classique : Dans la vie faut pas s’en faire !

 


Yvonne Vallée et Maurice Chevalier en 1928

 

Yvonne Vallée est la seule femme que Maurice Chevalier épousera au cours de sa vie.

 

Hollywood donne l’élan à sa carrière cinématographique à partir de 1928

Commencée avant 1914 dans de petits films de Max Linder, sa carrière cinématographique connaît son apogée quand Hollywood l’engage en 1928. Il y tourne une douzaine de films dont Parade d’amour en 1929, La veuve joyeuse en 1931, Folies Bergère en 1935.

Rentré en France, il y poursuit une brillante carrière notamment dans Le Silence est d’or de René Clair en 1947.

Prodiguant un optimisme facile, son répertoire s’enrichit au long des années de créations mémorables : Ma Pomme, Prosper, Marche de Ménilmontant, La Chanson du maçon…

 


Maurice Chevalier en 1929


"Une heure près de toi" - 1932

 

Le manque du public provoque ennui et dépression en fin de vie

Décidé à mettre un terme à sa carrière, Maurice Chevalier entame en 1967 une tournée d’adieux à travers le monde qu’il achève à Paris en octobre 1968. Un véritable tour de force pour ce chanteur, acteur, écrivain, parolier, danseur et comique, alors âgé de près de 80 ans.

Mais le manque du public et l’ennui le rendent dépressif et il fait en mars 1971 une tentative de suicide qui affecte sa santé au point qu’il décède quelques mois plus tard.

 

 

Séduire les publics du monde entier, un défi réussi pour cet artiste-né

Doté par la nature d’une grande aisance, Maurice Chevalier crée dans la facilité, avec beaucoup d’énergie, sans trop se forcer.

Richement nanti par le Lion et surtout la Balance artiste et séductrice, il lui faut plaire, aimer, séduire encore et toujours le public, en occupant le devant de la scène dans la lumière des projecteurs.

Pour lui, c’est un défi chevaleresque permanent d’autant que ce saturnien fier garde une avidité insatiable vis-à-vis du monde du spectacle.

Marqué par la Vierge, calculatrice, prévoyante et organisatrice, il sait gérer ses biens matériels sans jamais perdre pied face à la richesse qu’il attire aisément. Il sait aussi être généreux avec son entourage et notamment avec sa mère, ses proches ainsi que pour des œuvres d’intérêt général.

Le monde artistique est son univers où il évolue avec un esprit avant-gardiste et indépendant. Il sait comme personne être diplomate et s’adapter sans cesse pour l’harmonie, le charme, et la gloire.

La Balance lui dicte aussi l’esthétique vestimentaire d’où va naître un style qui va séduire les publics du monde entier avec canotier, smoking, nœud papillon et l’accent gouailleur de cet ancien gosse de Ménilmontant.

 


Maurice Chevalier en 1968 à Amsterdam, lors de son dernier concert.
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:MauriceChevalier1968Adam.jpg?uselang=fr

 

Retrouvez le style irrésistible de Maurice Chevalier Dans La vie faut pas s’en faire ! (opérette Dédé):
https://www.youtube.com/watch?v=5ztw4UXCXew

Et Y’a d’la joie ! Composée pour Chevalier par Trent :
https://www.youtube.com/watch?v=Ed-WJPQJAB0

 Ou le générique des Aristochats :
https://www.youtube.com/watch?v=C7rGKgRBZ5A

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

 


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