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Douée pour la sculpture, c’est pourtant le ciel et ses ivresses qui la passionnent. Devenue aviatrice, elle travaille en vue de battre des records et son palmarès est riche de plus de 10 records.

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Madeleine CHARNAUX

Née le 18 janvier 1902 à 21 heures (neuf heures du soir) à Vichy Allier 03
Selon acte E.C. n°13

Décédée le 10 octobre 1943 à 22h20 à Vichy 03 Allier selon acte n° 506

 

 

 

La sculpture et sa matière lourde sont insuffisantes à retenir sa « passion du ciel ».

Dans sa famille, son père et son frère sont médecins.

Quant à Madeleine, elle se sent plutôt artiste.

Elle paraît loin du chemin du ciel, quand elle se forme à l’art de la sculpture. Elève du sculpteur Antoine Bourdelle, elle montre déjà un talent prometteur. Elle devient une artiste consacrée officiellement lorsque ses œuvres sont exposées au musée du Luxembourg.

Mais tout en se consacrant à son art, elle se sent déjà la tête dans le ciel et aspire à naviguer dans cet infini :

Regarder à travers la grande verrière de l’atelier, voir passer un nuage, poser là ses outils et aller le rejoindre : c’est une aventure arrivée, je crois, à moi seule…

Cette passion tourne à l’obsession quand pour la première fois, elle fait le voyage aérien entre Palerme et Naples à bord d’un hydravion. Elle écrira plus tard dans « La Passion du ciel » que sa vocation est née ce jour-là.

 


Buste de Madeleine Charnaux par Antoine Bourdelle

 

Devenue aviatrice en 1932, elle met une énergie rare à battre des records.

Son rêve devient réalité en 1932, année de ses premiers cours de pilotages à Orly. En juin, elle décroche le brevet (n°915). Puis elle se perfectionne au club Roland Garros.

L’année suivante, elle se rode en Afrique où elle accumule plus de 17 000 km. Elle songe à acquérir un nouvel avion et pour cela la vente de certaines de ses œuvres – dessins et sculptures – devrait être suffisante. Hélas ! Le public apprécie l’exposition et lui reconnaît un tour de main à la Camille Claudel, mais n’achète rien !

Elle parvient cependant à vendre son avion à son ancien propriétaire et à en acheter un plus rapide.

En 1934, elle termine 8e à une compétition « les douze heures d’Angers » qu’elle a préparée par de nombreux périples en France et en Belgique.

La même année, elle réussit la liaison rapide Paris-Tripoli, puis rentre en France par l’Italie.

En décembre 1934, elle monte à 5 000 mètres avec Edith Clark et établit un nouveau record d’altitude pour avion léger biplaces. Le 30 janvier 1935, toujours en compagnie d’Edith Clark, elle atteint 6 115 mètres sur Farman 357. De 1933 à 1936, on est à l’époque du développement des avions de tourisme et de l’aviation légère.

Entre 1934 et 1937, elle décroche plus de dix records d’altitude et de vitesse.

Dans ce contexte, Madeleine Charnaux est en train d’inscrire son nom dans l’histoire des pionniers de l’aéronautique, en donnant libre cours à sa frénésie de records. Cela correspond bien à sa nature très volontaire et avant-gardiste. 

 

 

En 1937, elle est la première Française à obtenir le brevet de pilotage aux instruments (sans visibilité).

Elle passe aussi le brevet de transport public avant de succéder à Hélène Boucher au sein de l’équipe Caudron-Renault, avec laquelle elle accomplit une tournée des grandes villes de France, pour faire la démonstration des avions et pour donner des baptêmes de l’air.

Un incident l’oblige à interrompre sa carrière pendant un an et demi. Debout sur une aile, alors qu’elle discute avec son mécanicien, elle glisse et chute. Il en résulte une jambe inerte aux nerfs déchirés et une fracture de la colonne vertébrale.

Elle met à profit cette convalescence pour rédiger des articles dans « Les Ailes » et pour écrire ses souvenirs. Mais elle est impatiente à retrouver la voie des airs. A peine guérie, elle reprend l’entraînement d’abord sur Caudron, puis sur l’ancien Rafale de Louis Lumière qu’elle a racheté. Cet avion qui exige une grande finesse de pilotage est un défi en lui-même.

Madeleine se refuse à écouter tous ceux qui lui déconseillent de piloter un tel avion avec lequel s’est tuée Hélène Boucher et qui a failli coûter la vie à Maryse Hilz. Ses pairs et amis s’éloignent d’elle.

Mais, patiemment et avec une rare persévérance, elle poursuit son entraînement selon sa nature, c’est-à-dire, en toute indépendance, à son rythme et à son idée.

Considérant ses multiples records, ses amis reviennent. Et pour son palmarès exemplaire, elle reçoit la croix de la Légion d’honneur à Orly des mains de son homologue Maryse Bastié.

Son dernier record sera celui de la vitesse sur 1 000 kilomètres pour avions multiplaces de 6,5 litres de cylindrée à 285km/h.

A la déclaration de guerre, elle regagne sa ville natale, où minée par la tuberculose, elle meurt le 10 octobre 1943.

 

Mariée en 1922, avec Albert Fraudet(*), homme de lettres, dont elle divorce en 1927, elle se remarie en 1938 avec Jean Fontenoy(*), un écrivain talentueux mais dont la pensée naviguera du communisme au fascisme avant de mourir sous les bombardements de Berlin en 1945.

Ainsi s’achève prématurément le destin de Madeleine Charnaux, belle femme au grand charme, blonde aux yeux pervenche, amoureuse de Rimbaud, de Rilke et de Bach. Elle aimait se donner des défis hors normes qui n’avaient jamais été tentés et qu’elle menait jusqu’à la réussite par sa ténacité et son indépendance de caractère, dans des voyages aériens qui exigeaient une grande tension.

Madeleine Charnaux, qualifiée de « pilote de records », occupe une place privilégiée dans la magnifique envolée de pionniers de l’aéronautique française.

 

(*) voir thèmes astraux et données de naissance en fin de document

 

Sources documentaires :

- dictionnaire Les Français du ciel Académie Nationale de l’Air et de l’Espace  éd. Le Cherche Midi

- dictionnaire universel de l’aviation Bernard Marck éd. Tallandier

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Madeleine_Charnaux

 

 

 

 

En astrologie, d'où vient le goût de voler ?

Pour en savoir plus : http://www.janinetissot.com/travaux/aviateurs.html

 

 

 

 

Pierre FRONDAIE
né Albert René FRAUDET alias…,

Né le 25 avril 1884 à 17 heures (cinq heures du soir) à Paris 8e
selon Archives de Paris en ligne acte n°570 (V4E 6066 vue 12/31)

Décédé le 25 septembre 1948 à Vaucresson Hauts-de-Seine 93

 1er époux de Madeleine Charnaux (mariage le 22 septembre 1922 Paris 8e)

Divorce en 1927

Homme de lettres très en vue, poète, romancier, auteur dramatique

 

Jean Alphonse FONTENOY

Né le 21 mars 1899 à 13 heures (une heure du soir) à Fontainebleau Seine-et-Marne 77
Selon AD77 en ligne acte n° 63 (nais. 1899 6E198/219 vue 28/108)

Décédé le 28 avril 1945 à Berlin Allemagne

 2e époux de Madeleine Charnaux (mariage le 10 août 1938 à Paris 7e)

Journaliste et écrivain


(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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