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Ce maçon de la Creuse est dans la lignée de Martin Nadaud, de Jean Petit, et de milliers d’autres Creusois partis bâtir à Paris ou ailleurs, un impressionnant patrimoine.
Il fait de l’entreprise paternelle un « grand du BTP » dont l’œuvre marque son époque, et notamment pour construire le métro parisien.

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Léon CHAGNAUD
(Jean Léon Phélicien Chagnaud)

Né le 12 mars 1866 à six heures du soir à Bourg-d’Hem Creuse 23
Selon acte n°1 AD23 en ligne

Décédé le 31 juillet 1930 à Champsanglard 23 Creuse

 

 

Digne successeur de son père, son entreprise devient leader en travaux souterrains

Léon vient au monde à Chanteloube, un hameau de Bourg-d’Hem dans la Creuse.

Son père Hippolyte a installé, depuis 1860, une entreprise de travaux publics à Guéret qui intervient bientôt sur des chantiers importants. Il s’est déjà bâti une solide expérience professionnelle puisqu’à 12 ans, il quitte sa Creuse natale pour s’installer maçon à Paris avant d’ouvrir des carrières de granit en Creuse afin de fournir la capitale en pavés.

A son tour, Léon quitte sa famille en 1881, à l’âge de 15 ans pour rejoindre l’école des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne. Fermement décidé à réussir, il s’astreint à quatorze heures de labeur quotidien.

A la fin de ses études, il retrouve l’entreprise paternelle. Mais quand son père décède brutalement en 1891, il prend la tête de l’entreprise.

Il n’a que 25 ans, mais son tempérament de conquérant audacieux, stimulé par les défis risqués, fait le reste. C’est ainsi qu’il obtient bientôt des chantiers éloignés de la Creuse : fortification de la ville de Toul, voies ferrées entre Vitry et Blesmes, et Paris, où Haussmann  lance un vaste plan d’assainissement.

C’est ainsi que Léon Chagnaud est chargé de construire pour les égouts de Paris, le collecteur de Clichy. Pour cela, il utilise le bouclier métallique, technique mise au point en 1818 et qu’il améliore grandement.

La réussite de ce chantier lui vaut une véritable reconnaissance et son entreprise devient un des leaders en travaux souterrains.

De 1897 à 1899, pour la Compagnie du chemin de fer d’Orléans, il construit la gare d’Orsay et réalise aussi les tronçons souterrains reliant cette gare à celle d’Austerlitz.

A 33 ans, le voilà élu administrateur du syndicat professionnel des entrepreneurs de travaux publics.

 

Il travaille pour le métro parisien et réussit le 1er tunnel sous la Seine…

Entrepreneur hardi, il sait aussi s’entourer d’ingénieurs talentueux sortis eux aussi des Arts et Métiers. Il fait partie de ceux qui relèvent le défi du métropolitain parisien dont la mise en service doit coïncider avec l’ouverture de l’Exposition universelle de 1900.

Pour la ligne n°3, à la Station Opéra, il lui faut gérer la superposition de trois lignes dans un sol imbibé d’eau ! Il y parvient en utilisant l’air comprimé qui injecte du ciment dans le sous-sol et les délais sont respectés.

En 1904, Léon Chagnaud remporte, devant toutes les grandes entreprises, le concours lancé pour réaliser le premier tunnel sous la Seine entre les places du Châtelet et Saint-Michel.

Pour cet ouvrage qui est le plus complexe du réseau, il propose une technique nouvelle de traversée sous-fluviale, à l’aide de caissons métalliques foncés dans le lit du fleuve. Le passage de la Seine nécessite de congeler le sol trop humide à l’aide de saumure refroidie à -25° par des usines frigorifiques et injectée dans des dizaines de forages pour stabiliser le terrain. C’est le système utilisé pour le percement des mines.

Le chantier est engagé en 1905 sur la Ligne 4 du métro de Paris. L’ouvrage est une grande réussite technique qui marque la profession.

Léon Chagnaud prouve là, son habileté d’ingénieur qui sait faire face aux imprévus.

S’il dialogue beaucoup avec ses ouvriers, il se montre aussi un patron autoritaire aux colères redoutées.

De 1906 à 1911, l’entreprise Chagnaud participe au percement du tunnel du Loetschberg (Suisse) de plus de 14km. Ce chantier est endeuillé par le décès de nombreux ouvriers (avalanche, inondation). Chagnaud déjà préoccupé par les questions sociales modifie les méthodes de creusement afin d’améliorer la sécurité pour son personnel.

Autres chantiers réalisés par Léon Chagnaud :

-         1911, creusement du canal souterrain de Rove, pour le transport maritime entre Marseille et l’étang de Berre, inauguré en 1927, en présence du président Doumergue.

 

-         Après la Grande Guerre, construction du barrage hydroélectrique d’Eguzon dans la Creuse, qui alimente la région mais aussi Paris. Il sera le plus important barrage de France jusqu’en 1934.

 


Barrage d’Eguzon (Creuse)
http://www.encreuse.net/forum/viewtopic.php?t=1156

 

Homme d’influence, il s’implique dans la gestion sociale et politique

Attentif aux bonnes relations entre dirigeants et salariés, il milite pour l’intéressement déjà mis en place dans son entreprise. Il préside le syndicat de la profession et fonde une école de travaux publics pour réinsérer les blessés et mutilés de guerre et pallier au manque de main d’œuvre

En 1921, il devient président de la Société centrale des ingénieurs civils. La même année, il est élu sénateur de la Creuse, puis président du Conseil général en 1926, il s’emploie à moderniser et désenclaver son département natal.

Après son échec aux élections de 1929, il met un terme à ses activités politiques, avec une certaine amertume.

Il décède l’année suivante et selon sa volonté, une partie de sa fortune est léguée au département de la Creuse.

De nos jours, l’entreprise Chagnaud est intégrée à Eiffage construction.

 

 

Et sur Youtube, découvrez cette chanson traditionnelle
crée par Jean Petit sur les Maçons de la Creuse
interprétée par les Troubadours des Bruyères
(cliquer sur l'image pour accéder à la vidéo)

 

 


Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

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