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Grand pionnier et l’un des fondateurs de la spéléologie, à la suite d’Edouard MARTEL, spécialiste des Pyrénées, on lui doit de connaître la source de la Garonne

 

Norbert CASTERET
(Norbert Maurice CASTERET)

né le 19 août 1897 à neuf heures du matin à Saint Martory 31 Haute-Garonne,
selon acte n°35

Décédé le 20 juillet 1987 à Toulouse Haute-Garonne

 

 

Norbert Casteret est explorateur d’environ 2 000 sites souterrains et archéologiques en plusieurs points du globe. Ses principaux terrains d’exploration et d’observation se trouvent dans les Pyrénées  où il consacre son temps, sa curiosité et sa passion de sportif-spéléologue.

 

Il délaisse les études de droit notarial pour vivre à plein sa passion de l’exploration géologique

Né d’un père avocat et sur les conseils de ce dernier, il suit avec succès des études notariales, puis étudie l’agronomie mais aussi la géologie et la préhistoire. Il montre un goût très marqué pour la pratique sportive avec les encouragements paternels.

La Grande Guerre est là et Norbert, avec un courage très patriotique, s’engage en 1917 dans le régiment de son frère Jean. De cette guerre, il conservera le casque de tranchée qu’il utilise ensuite, muni d’une lampe, dans ses futures explorations spéléologiques. C’est à cette époque qu’il abandonne les études de droit au profit de ce qui est déjà sa passion, la géologie.

Par la suite et à l’occasion de ses explorations et recherches scientifiques, il correspond avec les plus grands savants tels Edouard-Alfred Martel, l’abbé Breuil, Camille Jullian surnommé « l’historien des Gaules », qui deviennent tous ses amis.

Dès 1922, il découvre une cité gallo-romaine à Calagurris, sur le plateau dominant Saint-Martory. En 1923, parti en maraude dans les « trous » des  avant-monts pyrénéens, Norbert Casteret explore la grotte de Montespan en Haute-Garonne où coule une rivière souterraine. Equipé seulement d’une bougie et d’allumettes placées dans un sac étanche, il remonte le ruisseau et se trouve devant un siphon. Il plonge et réussit l’exploit de franchir en apnée l’obstacle et de retrouver des galeries à l’air libre de l’autre côté.
En plusieurs séances et avec un camarade, Henri Godin, ils découvrent enthousiasmés, des silex taillés, des dessins sur les parois et des statues en argile authentifiés par les plus grands spécialistes de l’époque, notamment l’abbé Breuil, le Docteur Capitan…

 

Avec son épouse Elisabeth, habitée par la même passion,
ils explorent les merveilles du monde souterrain

En 1924, il se marie à Elisabeth Martin qui étudie la médecine mais qu’elle abandonne pour s’adonner à la même passion que son époux. C’est ainsi qu’ensemble ils explorent notamment le Cirque de Gavarnie et découvrent à 2 700 m d’altitude les cavernes glacées du mont Perdu.


Norbert et Elisabeth Casteret

En 1928, dans la grotte de Girosp, avec son épouse, Norbert découvre une quantité considérable d’ossements humains d’adultes et d’enfants, restes probables de victimes de Pompée, général romain qui faisait emmurer et enfumer dans des grottes les malheureux gaulois tombés en son pouvoir.

En 1930, alors qu’il explore la grotte de Labastide dans les Hautes-Pyrénées, il découvre gravures, peintures de lion, bisons et surtout chevaux ainsi qu’un masque de sorcier particulièrement évocateur.

En mars 1930, il participe à l’assemblée constitutive du Spéléo-Club de France, ancêtre de la Fédération française de spéléologie.

                                                              

 

Il découvre la véritable source de la Garonne en 1931

En 1931, il découvre la véritable source de la Garonne au Trou du Toro dans les Monts-Maudits en Espagne et non dans le Val d’Aran comme on le croyait jusqu’alors.

En effet de 1928 à 1931, menant des explorations détaillées dans le massif de la Maladeta, à plus de 2 000 m d’altitude, il devient convaincu d’avoir trouvé la véritable source de cette rivière. Pour le prouver aux yeux du monde, il fait une éclatante démonstration par coloration de l’eau à la fluorescéine. C’est ainsi qu’on doit à Norbert Casteret de savoir que la Garonne, fleuve français prend sa source en Espagne.

 


Norbert et sa pétrolette qu’il utilise pour ses marches d’approche

 

Le couple Casteret a cinq enfants mais Elisabeth meurt prématurément le 6 mai 1940 peu après son dernier accouchement.

La vie est bouleversée par les tracas de l’éducation d’une famille nombreuse (dont deux bébés) et les soucis liés aux restrictions de la guerre. Mais rien ne peut abattre le courage et la détermination de cet homme qui continue ses explorations avec deux de ses enfants Raoul et Maud.

 

Infatigable explorateur, ce spéléologue talentueux
acquiert une notoriété internationale

Dès lors la vie de Norbert Casteret est une longue liste d’explorations et de découvertes en France, en Espagne, en Afrique et en Amérique…

En 1952, alors que Casteret avec une équipe d’experts, explore le gouffre de la Pierre-Saint-Martin, énorme complexe hydro-géologique par une verticale absolue de 347 mètres, son ami le spéléologue Marcel Loubens, chute et se brise la colonne vertébrale. Il agonise pendant 36 heures sans que l’on parvienne à le remonter et la France entière suit, haletante, les essais infructueux. Ainsi, il est inhumé au fond et l’expédition est interrompue.

C’est en 1954 que Norbert Casteret est désigné pour diriger la campagne et tenter de remonter le corps du défunt spéléo. Ce n’est qu’en 1954 et aux prix d’énormes efforts que le corps est ramené en surface et rendu à sa famille. Simultanément l’exploration se poursuit.

En 1955, il se joint à deux équipes de spéléos belge et française, pour reprendre l’exploration de la grotte de la Cigalère. On imagine ce qu’il leur faut de courage et d’acharnement pour y parvenir après avoir remonté 52 cascades !

 

Doté de grandes qualités physiques et psychiques, il demeure un spéléologue hors du commun

Traduit et écouté dans le monde entier, Norbert Casteret est internationalement connu, médaillé et honoré tant pour ses découvertes, ses conférences que ses nombreux livres de vulgarisation (plus de 45 ouvrages traduits en 17 langues). Il se révèle aussi un naturaliste expert concernant les animaux vivant dans les cavernes et notamment l’ours des cavernes.

Il demeure jusqu’au bout un homme simple, affable, plein d’humour et bavard avec ses visiteurs.

Norbert Casteret a l’agilité d’un chat retombant toujours sur ses pieds ce qui lui autorise de téméraires acrobaties lors de ses explorations. Son endurance et le rythme lent de son cœur lui permettent de mener de longues immersions sous l’eau. Ceci lui vaut en 1923, la médaille d’or de l’Académie des Sports pour son exploit exceptionnel de plongée dans la Grotte de Montespan.

C’est à 90 ans qu’il décède en 1987, conservant par la marche à pied une bonne condition physique et valant exemple de courage et d’endurance pour ses descendants.


timbre postal de 2 000 honorant des explorateurs

 


La tête dans les entrailles de la terre et les pieds en surface

 

 

Norbert CASTERET


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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