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« Le grand Georges », sportif de légende, paraît né pour être champion de boxe. Prodige à la notoriété devenue internationale, il est le premier champion du monde français de boxe en 1920.

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Georges Benoît CARPENTIER

né le 12 janvier 1894 à 18h à Liévin Pas-de-Calais 62
selon acte n°22 – AD62 en ligne – 3 E 510/70 – (1893-1894) – vue 178/334

 décédé le 27 octobre 1975 à Paris

 


Georges Carpentier en 1914

 

Il semble avoir été « mis au monde pour boxer »

Le gosse Carpentier… rapide comme un éclair et courageux comme un jeune lion

Il cumule les titres européens dans plusieurs catégories

Du ring de la boxe aux combats aériens de la guerre 1914-1918 !

Revenu sur les rings en 1919, il acquiert une notoriété mondiale

Ambassadeur du sport français à l’étranger après 1945

Vif, endurant, courageux, il est fait pour vaincre l’adversité

 

 

Il semble avoir été « mis au monde pour boxer »

Ce 12 octobre 1920, Georges Carpentier, à Jersey City contre Battling Levinsky, est sacré champion du monde de boxe anglaise des poids mi-lourds et en même temps devient le 1er Français à décrocher ce palmarès.

Un an auparavant, quand il remporte le titre de champion d’Europe des poids lourds, la presse le qualifie du plus scientifique boxeur de sa génération.

Gloire et popularité internationales sont dès lors entre les mains de ce fils de mineur, benjamin d’une famille de cinq enfants et élevé dans un coron de Lens.

Les revenus modestes de la famille l’amènent à devenir très jeune, commissionnaire chez un notaire. La légende raconte que son agilité au combat est remarquée en 1904 par un professeur de gymnastique François Descamps, alors que gamin de 10 ans, il se bagarre avec un garçon de son âge.

Cette rencontre marquera toute la brillante carrière du boxeur car Descamps restera jusqu’au bout, son entraîneur, son conseiller et son ami.

 

Le gosse Carpentier… rapide comme un éclair et courageux comme un jeune lion

Dès lors, Georges, qui a des talents d’acrobate et de contorsionniste, fréquente la salle de gymnastique de Descamps et c’est en boxe qu’il progresse le plus. Quelques mois plus tard, il est prêt pour la compétition tant il semble avoir été mis au monde pour boxer.

Rapidement, il se montre un extraordinaire pugiliste, au point qu’il s’entraîne avec des adultes et les bat. Champion de France junior à 13 ans, il devient l’année suivante champion du monde amateur de boxe française.

La presse fait l’éloge de ce prodige à l’issue de son premier combat de boxe anglaise à Maison-Laffitte le 1er novembre 1908 : « Le gosse Carpentier fut étonnant, rapide comme un éclair et courageux comme un jeune lion »

Carpentier ardent à se muscler et s’entraîner, enchaîne les victoires dans sa région au point d’obtenir le titre de champion de France des poids coqs à l’âge de 15 ans le 15 octobre 1909.

A l’âge de 17 ans, en mai 1911, il en est à son 44e combat, dans de multiples catégories, après avoir connu les triomphes au Wonderland – établissement fondé par Robert Coquelle et Théodore Vienne.

 

Il cumule les titres européens dans plusieurs catégories

Fin 1911, il confirme sa supériorité auprès des Britanniques lors de son séjour outre Manche. De son côté, le public anglais est conquis par ce Lensois à la figure douce, l’attitude modeste et aux gestes spontanés.

Les titres européens semblent tous à sa portée. Après celui des poids moyens, des poids welters, il obtient celui des poids lourds en 1913.

La popularité est grande pour Georges Carpentier qui a bientôt 20 ans, mesure 1,79m et pèse 80 kg. A son actif, il compte 73 matchs dont 67 gagnés.

Il est le seul boxeur professionnel français à ne vivre que de la boxe.


Georges Carpentier en tenue d'aviateur en 1915 au volant de sa voiture.

 

Du ring de la boxe aux combats aériens de la guerre 1914-1918 !

Mobilisé le 5 août 1914, il sert dans l’armée de l’air dès le début de la Première Guerre mondiale.

La croix de guerre remise par le président de la République Raymond Poincaré vient récompenser son habileté et son courage pour avoir volé dans la brume et la pluie au-dessus des lignes ennemies en septembre 1916.

Sergent-pilote d’escadrille, il s’illustre aussi lors de la reprise du fort de Douaumont par le survol des lignes à basse altitude, ce qui lui vaut la médaille militaire.

Après une convalescence suite à un accident d’avion, il est affecté comme moniteur à l’Ecole de Joinville, jusqu’à l’armistice de 1918. Là, cet athlète s’exerce à la course à pied, le saut en hauteur et aussi le rugby à XV où il évolue en championnat de France lors de la saison 1918-1919.


Georges Carpentier dans son avion le 20 juin 1915.

 

Revenu sur les rings en 1919, il acquiert une notoriété mondiale

De retour sur les rings dès 1919, « le grand Georges » inscrit son nom dans l’histoire du sport français par sa brillante carrière internationale notamment son titre de champion du monde décroché en 1920, qui lui donne une célébrité mondiale.

Véritable star de la boxe, il devient triple champion d’Europe d’après-guerre. Son talent inouï sur les rings suscite les éloges de la presse.

Il a conquis l’Amérique qui lui fait des propositions intéressantes via son manager Descamps ; l’une pour tourner un film et l’autre pour une tournée de dix semaines d’exhibition dans les villes des Etats-Unis en 1920. Il y reçoit un véritable triomphe et la presse est élogieuse pour le boxeur français.

Les Américains sont séduits par l’élégance européenne d’ «Orchid Man », surnom lié à la fleur qui orne toujours sa boutonnière.

 


Georges Carpentier (à gauche) en démonstration lors d’un tournoi de boxe en 1918

 


Coiffée de canotiers, la foule réunie à Time Square devant l'immeuble du New York Times suit le déroulement du match de boxe entre Jacques Dempsey et Georges Carpentier le 2 juillet 1921.

L'événement est également le premier combat de boxe retransmis en direct sur les ondes américaines. La presse du monde entier suit les préparatifs dans les moindres détails.

Georges Carpentier met un terme à sa carrière en 1929. Il a 35 ans.

 

Ambassadeur du sport français à l’étranger après 1945

Champion hors du commun, il fait alors partie des sportifs les plus fortunés, mais le krach boursier de 1929 va le ruiner. Dès lors, il investit ses derniers fonds dans un bar à cocktails Chez Georges Carpentier qu’il inaugure le 15 mars 1935.

Toujours en contact avec le milieu sportif, les artistes, les gens du monde, il est une légende vivante qu’on aime côtoyer et sa présence est à chaque fois remarquée.

Mobilisé de nouveau dans l’Armée de l’Air en mai 1939 en tant que moniteur-chef d’éducation physique, il est démobilisé en juin 1940.

Dès lors, Georges Carpentier mène une vie mondaine et fréquente les notabilités en vue comme Louis Renault, Santos-Dumont, Raimu, Charlie Chaplin, Fréhel, Mistinguett ou encore la Belle Otero.

Sur la photo qu’il distribue à ses admirateurs ne figure aucun de ses titres sportifs mais l’indication suivante : Georges Carpentier, homme du monde.

Nommé ambassadeur du sport français à l’étranger après le Seconde Guerre mondiale, il meurt en 1975 d’une crise cardiaque.

 

 

Vif, endurant, courageux, il est fait pour vaincre l’adversité

Calcul et vivacité d’action pourraient décrire l’essentiel du caractère de Georges Carpentier marqué à la fois par le Capricorne et le Lion, deux bonnes raisons pour étayer un caractère fort.

Pour le physique et le mental, il hérite du Capricorne une persévérance sans égale et une rare solidité dans l’épreuve tant ce signe semble puiser sa rédemption dans la souffrance supportée avec endurance, tel le chamois qui contourne tous les obstacles périlleux de la pointe de ses sabots jusqu’à atteindre son ermitage près des sommets.

… Courageux comme un jeune lion, cette qualification donnée par la presse lui va comme un gant… de boxe ! A ce moment-là, le jeune Carpentier n’a que 13 ans mais déjà endurant et solide plus que quiconque.

Vif, puissant, intuitif et efficace dans l’action, le feu du Lion lui donne le coup d’œil du maître qui voit tout dans l’instant et vise la plus haute place pour combler un orgueil légitime.

Digne, humble et fier à la fois, il est exigeant pour lui-même quels que soient les obstacles. Ainsi, devenu aviateur lors de la guerre, il excelle dans ce nouveau contexte encore plus risqué que ses combats sur le ring.

On peut dire qu’il se régénère dans l’effort et ne lâche rien face à l’ennemi.

Le sport en général et particulièrement la boxe lui donnent de pouvoir se confronter à l’adversité, avec l’énergie et la volonté de vaincre.

Un côté jouisseur prend le dessus quand il renonce aux rings pour profiter de sa notoriété et devenir homme du monde dont la présence en société est appréciée.

 

Que cette vignette soit un modeste hommage à ce « grand monsieur », légende de la boxe française.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

 


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