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Cantatrice célèbre pour ses interprétations du répertoire wagnérien, devenue la compagne, l’amie dévouée, voire la conseillère de l’homme politique Georges Clémenceau.

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Rose CARON
Née Rose Lucile MEUNIER dite…

Le 17 novembre 1857 à 2h du matin à Monnerville Essonne 91
Selon acte n°22 – AD91 en ligne – 4 E_2095 – 1841-1860 – vue 204/241

 Décédée le 9 avril 1930 à 11h du matin à Paris 8e
Selon acte n°687 – Arch. Paris en ligne – 8D 204 – vue 9/31

 

Rose Caron en Salammbô (prêtresse) – opéra de Reyer tiré du roman de Gustave Flaubert

 Une prestance de déesse,

un regard énigmatique prompt à percer les mystères,

un charme oriental impressionnant et irrésistible,

une chevelure brune glissant des inquiétantes ténèbres

vers la clarté d’une robe chargée de bijoux lourds et colorés,

pour affirmer une autorité aussi naturelle qu’indiscutable !

 

Envoûtante, sa voix de soprano donne du relief aux tragédies classiques

De son origine modeste jusqu’aux grands rôles de l’opéra

Son charme bien conservé amadoue « Le Tigre »

Un charme magnétique et un art inné de la tragédie

 

 

Envoûtante, sa voix de soprano donne du relief aux tragédies classiques

Et jaillie de cette artiste envoûtante, une voix de soprano aux accents de tragédienne faite pour conquérir tous les amateurs d’opéras au point que leurs auteurs comme Reyer ou Verdi ne jurent que par cette cantatrice.

Voilà  Rose Caron devenue prêtresse Salammbô, plus vraie que nature dans l’opéra de Reyer puisé de la prose d’un Flaubert.

Elle magnétise et transforme les œuvres qui passent par sa voix.

Devenue Brunehilde en 1885 dans l’opéra Sigurd, elle lui donne un souffle épique qui subjugue le public au point que cette pièce obtient 50 représentations et sans doute davantage sans le retour de la cantatrice à Bruxelles.

 


Dans le rôle d'Elsa de Lohengrin de Wagner 1891

 

De son origine modeste jusqu’aux grands rôles de l’opéra

 

Fille de modestes cultivateurs maraîchers, Rose Meunier devient  à 20 ans l’épouse d’un pianiste classique Benoni Caron atteint d’une déformation dorsale. Grâce à lui, elle découvre la capitale, indispensable tremplin pour son futur destin de chanteuse lyrique.

Sa fille Pauline née de cette union lui donnera une petite-fille Rose-Marie dont le décès à l’âge de 18 ans lui causera grande douleur.

Assez vite séparée de son mari, Rose divorce en 1886 tout en gardant au théâtre le nom de Caron.

Ensuite installée à Paris square du Roule, elle reviendra souvent dans son village natal.

Entrée au Conservatoire de Paris à 18 ans, elle étudie auprès du compositeur Jules Massenet puis avec Marie Sasse, grande tragédienne lyrique belge. Un second prix en chant et un premier accessit en opéra marquent la fin de sa scolarité.

Après ses débuts aux concerts Pasdeloup en 1879, sa carrière alterne entre les scènes de Paris et de Bruxelles où elle excelle en Marguerite du Faust de Gounod ou jouant Valentine des Huguenots de Meyerbeer.

Un bref passage par l’Opéra-comique lui donne le succès dans la tragédie lyrique Iphigénie en Tauride et Orphée de Gluck.


Dans le rôle de Salammbô de Reyer 1892

 

Son charme bien conservé amadoue « Le Tigre »

Retirée de la scène en 1902, elle enseigne le chant au Conservatoire national supérieur de Paris.

Cantatrice réputée de l’Opéra de Paris, cette jolie brune élancée attire une foule d’admirateurs. Son charme fou opère aussi parmi les grands de ce monde et vers 1886, elle prend pour amant Théophile Delcassé député et futur ministre.

Parvenue à la cinquantaine bien conservée, c’est « Le Tigre » qui lui tombe dans les bras, en la personne de Georges Clémenceau dont elle sera la compagne, l’amie dévouée et fidèle, voire la conseillère.

Même la mort semble devoir réunir ces amants qui décèdent à quelques mois d’écart.

Selon son acte de décès, Rose Caron est membre du Conseil Supérieur du Conservatoire de Paris.

 

Sources documentaires :
https://gw.geneanet.org/garric?lang=fr&n=caron&oc=0&p=benoni
http://roglo.eu/roglo?lang=fr;p=rose;n=meunier;oc=2

Wikipédia

 


Rose Caron dans l'Opéra Fêtes russes (Atelier Nadar)

 

 

Retrouvez la voix de Rose Caron dans Cantilene (HELLE - Duvernoy) ~ 1904 :


https://www.youtube.com/watch?v=iDHo0LbTe5I

 

 

Un charme magnétique et un art inné de la tragédie

Magnifique tragédienne lyrique, Rose Caron est faite pour ce registre grave, envoûtant, mystérieux, où la voix et le déguisement ajoutent du relief au pathétique des tragédies classiques les plus connues.

Entre démon et divin c’est toute la gamme du possible de la nature humaine qui est mise en scène.

Ce talent fou puisé dans le Scorpion lui confère un magnétisme irrésistible qui charme une foule d’admirateurs et des amants célèbres.

Chanter l’amour pathétique convient parfaitement à cette cantatrice qui porte en elle un sevrage affectif chronique. Elle a le don pour restituer avec éclat ces tourments du cœur à travers le spectaculaire de la scène.

Femme de sang-froid, d’elle émane une autorité naturelle qui lui confère aussi le talent d’actrice perfectionniste jusque dans le détail.

Génialement inspirée et novatrice, elle donne toute la mesure de son talent sans trop d’effort, nantie qu’elle est de grandes facilités naturelles capables de relever les défis de la scène.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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