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Une grande « Mademoiselle » de la vie musicale de son temps, organiste, compositrice, chef d’orchestre, elle dédie 75 ans de sa vie à la pédagogie. Parmi les milliers d’étudiants qu’elle forme figurent des musiciens d’exception et de grands compositeurs du monde entier.

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Nadia BOULANGER

Née Juliette Nadia le 16 septembre 1887 à 0h15 (minuit et quart) à Paris 9e
Selon acte n°1622 – Archives Paris en ligne – V4 E 6174 – vue 11/31

Décédée le 22 octobre 1979 à 8h30 à son domicile 3, place Lili Boulanger à Paris 9e
Selon acte n°467 aimablement transmis par la mairie de Paris 9e

 

 

La musique en héritage…

Quand sa sœur Marie-Juliette dite Lili, compositrice surdouée, meurt à 24 ans en 1918, Nadia, très marquée par cette disparition, déclare qu’elle ne composera plus jamais et dès lors se consacre à la direction musicale, à la pédagogie et à la diffusion de l’œuvre de sa sœur.

C’est ainsi que débute son exceptionnelle carrière de professeur jusqu’à son décès, à 92 ans.

 

Quand Nadia Boulanger vient au monde, elle a la musique en héritage depuis quatre générations.

Son père, compositeur (prix de Rome), professeur de chant, est alors âgé de 72 ans tandis que sa mère Raïssa princesse de Myschetsky d’origine russe, qui était une de ses élèves, est âgée de 28 ans.

Au Conservatoire de Paris, Nadia étudie le piano, la composition et l’harmonie avec Gabriel Fauré, l’un des plus grands musiciens français de la fin du 19e et début du 20e siècle. Elle débute sa carrière comme pianiste puis organiste et compositrice avant de se consacrer uniquement à la direction d’orchestre et à l’enseignement.

Elle n’a que 16 ans quand elle devient, en 1903,  organiste suppléante de Gabriel Fauré à l’Eglise de la Madeleine.

Cette pédagogue va marquer plusieurs générations de compositeurs même les plus avant-gardistes. Son exigence sévère est à la mesure de son idéal de perfection, associée à une grande largesse d’esprit.

Elle sait être l’artisan minutieux qui se dévoue au service de ses élèves, pour les amener à sortir le meilleur d’eux-mêmes, sachant qu’elle conjugue toujours l’art musical au « plus-que-parfait ».

 


Igor Stravinsky et Nadia Boulanger sur un paquebot transatlantique en 1937

 

Je suis votre degré de tension le plus élevé. Écoutez-le en vous-même.

Voici ce que dit Nadia Boulanger à ses élèves.

Curieuse et toujours à l’écoute du langage musical de son temps, Nadia Boulanger, durant sa vie forme des milliers d’élèves parmi lesquels des compositeurs et interprètes devenus ensuite célèbres tels que : Aaron Copland, Eliott Carter, Igor Markovitch, Daniel Barenboïm, Marius Constant, Astor Piazzolla, Yehudi Menuhin, Quincy Jones…

Elle est l’une des premières femmes chef d’orchestre à diriger de grandes formations symphoniques en France et aux Etats-Unis.

A 21 ans, elle décroche un Second Grand Prix de Rome en composition.

A 25 ans elle dirige ses propres œuvres à la tête d’un orchestre parisien en 1912.

A partir de 1921, elle enseigne au Conservatoire Américain de Fontainebleau dont elle deviendra directrice en 1948. D’emblée, elle apparaît comme un remarquable professeur qui semble tout connaître de l’harmonie et de la tonalité occidentales.

Elle voit défiler dans son cours plusieurs générations d’éminents compositeurs américains. Armand Marquiset, qui deviendra par la suite fondateur des Petits Frères des Pauvres, travaille avec Nadia Boulanger de 1921 à 1925.

Elle est l’assistante de Paul Dukas avant de lui succéder dans la classe de composition de l’Ecole Normale de Musique de Paris et au Conservatoire National Supérieur de Paris.

Pendant le Second Conflit mondial, elle séjourne aux Etats-Unis, où elle dirige les orchestres de Boston, Philadelphie et New York.

« Mademoiselle » Boulanger, c’est ainsi qu’on l’appelle, demeurera célibataire toute sa vie, sans doute par sa nature à la fois solitaire et indépendante ; elle est aussi très croyante et catholique pratiquante.

 

Nadia Boulanger exerce une influence majeure dans la vie musicale de son temps.

Fervente admiratrice de Monteverdi, Schütz et J.S. Bach, elle contribue à faire revivre leurs œuvres sur la scène musicale de son époque.

Elle sait transmettre son savoir et sa passion à des milliers d’étudiants notamment venus de l’étranger qui sont captivés par son talent, ses connaissances et sa philosophie.

En mars 1939, Nadia Boulanger crée à Boston une fondation pour pérenniser la mémoire et la musique de sa sœur Lili et aussi offrir une aide financière à des musiciens. L’association des amis de Nadia et Lili Boulanger est créée en 1965 sur les mêmes objectifs que la fondation américaine avec l’attribution d’une bourse annuelle à des compositeurs ou interprètes de toutes nationalités, sélectionnés par un jury.

Elle décède à l’âge de 92 ans après 75 années consacrées à la pédagogie de la musique où elle symbolise mieux que quiconque le goût de la rigueur afin de frôler, sans répit, une inaccessible perfection.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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