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Sortie de l’oubli par le récent téléfilm Mélancolie ouvrière, cette tisseuse, formidable militante et fondatrice d’un syndicat, marque l’histoire des ouvrières en soierie de l’Isère.

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Lucie BAUD
Née Lucie Marie MARTIN épouse BAUD

née le 23 février 1870 à 16h à Saint-Pierre-de Mésage 38 Isère
Selon acte n°3 AD38 en ligne

 Décédée le 7 mars 1913 à Tullins Isère 38

 

 

Elle travaille dans le tissage dès l’âge de 12 ans,

et fonde un syndicat des ouvrières soyeuses en 1902.

Son militantisme lui vaut d’être renvoyée

C'est à l'action syndicaliste qu'il appartient d'avoir raison des exigences patronales. Lucie Baud

Ardente militante au service d’une cause commune

 

 

Elle travaille dans le tissage dès l’âge de 12 ans,

Née d’une ouvrière en soie et d’un cultivateur qui est aussi charron, Lucie travaille dès l’âge de douze ans dans un tissage mécanique du Péage-de-Vizille, puis à Vizille dès 1888.

De son mariage en octobre 1891 avec un garde-champêtre de vingt ans son aîné, elle aura trois enfants. Mais elle se retrouve veuve à 31 ans.

 

et fonde un syndicat des ouvrières soyeuses en 1902.

L’année suivante, en 1902, elle contacte des militants de la Bourse du Travail de Grenoble qui l’aident à créer un Syndicat des ouvriers et ouvrières en soierie du canton de Vizille dont elle devient secrétaire.

Cette organisation arrive comme un souffle d’espoir pour le prolétariat féminin qui subit depuis une décennie une baisse continue des salaires, induit par le perfectionnement de la mécanique du tissage.

Face à ce problème, Lucie Baud consacre l’année 1904 à organiser l’action si bien qu’en août elle est la seule femme déléguée au 6e Congrès national de l’industrie textile à Reims. Sa présence n’y est que passive car la question du travail féminin n’est pas abordée !

 

Son militantisme lui vaut d’être renvoyée

En 1905, à l’usine Duplan de Vizille, Lucie Baud déclenche la grève qui s’étend à d’autres usines et dure 104 jours.

Elle organise le combat et le soutien solidaire à la protestation des tisseuses de soie qui ont un temps de travail de douze heures par jour avec des métiers qui battent de 80 à 120 coups à la minute ; en outre les apprenties sont mises au travail dès l’âge de douze ans.

Les commerçants d’abord hostiles à ce mouvement suivi par 200 ouvrières, soutiennent par la suite les grévistes notamment en leur fournissant de la nourriture.

Le 1er mai 1905, elle fait partie des orateurs au meeting syndical à Grenoble et se trouve à la tête de tous les cortèges dont certains sont marqués par de violents incidents.

Première victime de la répression patronale, Lucie est renvoyée en même temps que 150 de ses compagnes. Avec la plupart d’entre elles, elle part pour Voiron (Isère) qui est en pleine effervescence revendicative.

Elle participe à la grève générale du printemps 1906 qui débouche vers un succès durable et apporte de meilleures conditions de travail pour les femmes dans toute la région soyeuse du Dauphiné.

 

C'est à l'action syndicaliste qu'il appartient d'avoir raison des exigences patronales. Lucie Baud

Lucie Baud fait une tentative de suicide en septembre 1906.

En 1908, elle livre sa vie et ses combats dans un article du Mouvement socialiste qui est une description précieuse de la condition ouvrière des Iséroises au début du 20e siècle.

Le syndicat créé par Lucie Baud survit à son départ et jusqu’en 1914, s’oppose victorieusement à l’action patronale.

L’ouvrage « Mélancolie ouvrière » de Michelle Perrot sorti en 2012 chez Grasset, inspire le cinéaste Gérard Mordillat qui réalise un téléfilm reprenant le titre du livre et présenté sur Arte le 24 août.

Cette publication et diffusion bienvenues contribuent à sortir de l’oubli une formidable militante de la cause des femmes ouvrières tisseuses en Isère.

 

 

Sources documentaires :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article77375&id_mot=18
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucie_Baud

Institut CGT d’histoire sociale du Rhône

https://www.unige.ch/fapse/edhice/files/6514/7559/4329/le_temoignage.pdf

 

Merci à Marc Brun de m’avoir signalé cette ardente militante de la cause des ouvrières en soie.

 

 

Ardente militante au service d’une cause commune

Marquée à la fois par les Poissons et le Lion, Lucie Baud a le profil d’un leader dévoué à une cause commune.

Elle a l’âme militante et se trouve en première ligne pour s’impliquer avec ardeur dans les problèmes sociaux de son époque.

Guidée par une intuition remarquable, cette militante se révèle une organisatrice clairvoyante et pragmatique.

Cette femme exceptionnelle, marquée par les signes de feu, choisit une arme à feu pour tenter de mettre fin à ses jours.

Tragique fin de destinée pour cette pionnière, qui n’aura eu de cesse d’œuvrer avec les autres pour faire avancer une cause collective.

 

 


(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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