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Auteure de quelque 650 sculptures, cette artiste de talent est la dernière disciple et sans doute la dernière amante d’Auguste RODIN qui lui confie l’organisation du futur Musée Rodin.

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Jeanne BARDEY

Née Jeanne BRATTE le 10 avril 1872 à 5h du matin à Lyon 3e
Selon acte n°473 – Archives de Lyon en ligne – 2 E 916 – vue 76/282

 Décédée le 13 octobre 1954 à Lyon 6e
(Selon acte n°345 – Archives de Lyon en ligne)

 


Portrait présumé de Jeanne Bardey,
photographiée par Pierre Bellingard à Lyon vers 1900.

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:BARDEY_Jeanne.jpg

 

De la peinture avec son époux à la sculpture avec Rodin

Elle s’intègre non sans mal dans l’entourage féminin de Rodin

« Le nouveau est toujours beau » dit Jeanne Bardey

Jeanne et Auguste, deux tempéraments qui se nourrissent mutuellement

 

 

De la peinture avec son époux à la sculpture avec Rodin

Fille d’un marchand de meubles lyonnais, Jeanne a 37 ans quand elle devient, en 1909, praticienne dans l’atelier de d’Auguste Rodin alors âgé de 69 ans.

Déjà initiée à l’art pictural par son mari Louis Bardey peintre décorateur et professeur des Beaux-arts à Lyon, elle devient en 1907 l’élève du peintre François Guiguet qui lui fait connaître ce grand maître de la sculpture.

A la demande de Rodin, Jeanne réalise sculptures et gravures et s’initie aussi à la fresque pour le nouveau musée du Luxembourg à Paris.

Avec son mari, elle réalise la fresque de La Musique pour le théâtre lyonnais du Conservatoire.

Jeanne portraiture même dans les asiles d'aliénés où Rodin n'ose pas s’aventurer. Le sculpteur s’estime content de son élève ; "Voilà ce qu'il m'aurait fallu pour ma Porte de l'enfer", s’exclame-t-il devant certains dessins de malades mentaux.

Le talent de Jeanne est vite reconnu et remarqué par les critiques élogieux qui la comparent à Camille Claudel.

 

Elle s’intègre non sans mal dans l’entourage féminin de Rodin

Devenue veuve en 1915, Jeanne se voit confier par Rodin l’organisation à Paris de son futur musée à l’hôtel Biron, dont elle établit les bases.

Alors, sur la demande de Rodin, elle s’installe à Paris avec sa fille Henriette, elle aussi sculptrice et dernier modèle du grand statuaire. Période âpre et tourmentée car Jeanne est loin d’être désirée dans l’entourage féminin du grand maître. Jeanne s’y fait sa place grâce à son talent.

Alors que Rodin n’a plus toutes ses facultés mentales, devant notaire, il la désigne comme son héritière, puis elle sera finalement écartée de l’héritage du célèbre sculpteur.

 


Timbre postal en hommage à Jeanne Bardey
http://www.phil-ouest.com/Timbre.php?Nom_timbre=Jeanne_Bardey_2017

 

« Le nouveau est toujours beau » dit Jeanne Bardey

Passer dans l’atelier et dans l’intimité d’Auguste Rodin âgé, marque profondément la sculptrice lyonnaise qui se désigne encore en 1943 comme « disciple de Rodin ».

Elle continue de sculpter et peindre souvent en compagnie de sa fille Henriette. Les « dames Bardey » voyagent beaucoup en URSS, en Chine, et notamment en Egypte et en Grèce, pays que Rodin aurait aimé découvrir. Fascinées par la culture de ces pays, elles étudient la pensée des anciens à Louksor et dans les villages perdus. Après guerre, elles deviennent même assistantes de l’égyptologue Alexandre Varille.

N’étant pas obligée de vendre pour vivre, la portraitiste Jeanne expose peu et les quelques prix obtenus la laissent assez méconnue du grand public.

Artiste talentueuse, elle laisse quelque 650 sculptures, plus de 2 000 dessins et gravures, des peintures… Son génie propre est de révéler, avec sensibilité et au-delà de l’apparence, le caractère de l’être humain qui était son modèle préféré.

 


Jeanne et Henriette Bardey en compagnie de Rodin
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:-Madame_Bardey,_Rodin_and_Henriette,_31_Rue_Campagne-Premiere,_Paris-_MET_DP-13601-001.jpg

 

 

Jeanne et Auguste, deux tempéraments qui se nourrissent mutuellement

Jeanne Bardey née du feu du Bélier et de la terre du Taureau est faite pour travailler la matière dure et la métamorphoser jusqu’à en faire jaillir une expression sensible et forte.

Chez elle, le conquérant Bélier a besoin de se faire assistant, élève, chargé de bâtir une œuvre de grande ampleur qui s’inscrit dans un solide et durable patrimoine. C’est le cas quand elle devient praticienne de Rodin et assistante d’un égyptologue.

Curieuse, imaginative  et avant-gardiste, elle échappe cependant à l’intrépidité, audacieuse, fougueuse et irréfléchie du Bélier. Au contraire, sa créativité artistique s’exprime en laboratoire, à la manière persévérante et laborieuse du terrien qui fait sortir de ses mains l’expression profonde et véritable d’un portrait, d’un mouvement.  Il lui faut s’affronter dans une tension réelle avec la matière la plus dure pour en faire surgir une expression humaine forte transmise comme un héritage à ses concitoyens.

En un créatif vis-à-vis, Jeanne marquée par le Taureau trouve en face d’elle son maître le Scorpion Rodin, sachant que la carrière de Jeanne avait besoin de se nourrir du savoir de l’Auguste sculpteur et aussi pour donner de la pérennité à l’œuvre de ce maître à travers la création du musée Rodin.

 

 


(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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