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Inoubliable dans la Revue Nègre, cette métisse « sauvageonne » de 19 ans fait alors scandale avant de susciter l’enthousiasme des Parisiens. Active dans la Résistance, cette chanteuse et danseuse œuvre aussi pour l’émancipation des Noirs.

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Joséphine BAKER
Née Freda Joséphine McDonald

née le 3 juin 1906 à 10h à Saint-Louis Missouri/USA
Source : Dreuille données naissance logiciel Auréas Paris

 Décédée le 12 avril 1975 à 5h30 du matin à Paris 13e
Selon acte n°1131 – Archives de Paris en ligne – vue 15/31

 


En costume burlesque en 1927 (photo de Walery).

 

Vénus d’ébène qui rêve de fraternité universelle

De Broadway à la Revue nègre

Meneuse de revue en compagnie d’un léopard

Sa tribu « arc-en-ciel »… son château puis… la ruine

Femme de scène, libre et au grand cœur

 

 

Vénus d’ébène qui rêve de fraternité universelle

Est-ce son origine à la fois, espagnole, africaine, américaine et amérindienne qui l’amène à lutter contre le racisme et à soutenir l’action de Martin Luther King ?

Et aussi à rêver d’une fraternité universelle, quand elle adopte 12 enfants de toutes origines,  sa tribu arc-en-ciel  qu’elle installe dans son château des Milandes en Dordogne ?

Son image de Vénus d’ébène populaire lui servira pour susciter le soutien de personnalités tant politiques qu’artistiques au service des causes humanistes chères à son cœur.

Joséphine Baker n’a pas encore 20 ans quand elle débarque à Paris en 1925 pour être en première partie de la Revue Nègre au Théâtre des Champs Elysées.

Le scandale de la voir dans sa danse trépidante sur un rythme de charleston, vêtue d’un seul pagne en fausses bananes, fait vite place à l’enthousiasme des Parisiens pour le jazz et les musiques noires. La voilà star !

Joséphine a pour elle sa jeunesse, sa passion pour la danse et la chanson, mais aussi une précoce expérience de la vie. Aînée d’une fratrie dans une famille très pauvre, pour vivre elle doit alterner école et tâches domestiques chez des gens aisés chez qui sa mère travaille. Elle quitte l’école à  13 ans, pour se marier avec Willie Wells.

 

De Broadway à la Revue nègre

Passionnée de danse depuis sa petite enfance, elle intègre une troupe itinérante d’artistes de rue qui lui donne l’occasion de rencontrer à Philadelphie Willie Baker qui sera son second mari en 1921.

Tout juste âgée de 15 ans, elle débute au music hall pour gagner sa vie.

Mais Joséphine voit grand et meurt d’envie d’aller danser à Broadway. Aussi à 16 ans, elle quitte son second mari pour tenter sa chance à New York.


Joséphine Baker en 1969 sur l’aéroport d’Amsterdam.

 

Puis l’opportunité lui est donnée de venir à Paris à l’automne 1925, comme vedette de la Revue nègre qui fera d’elle une star.

Pionnière de la Renaissance Nègre, fondée sur un mélange de jazz, d’art Nègre, de cubisme, de dadaïsme, elle acquiert une formidable célébrité.

On la réclame en Europe et dans le monde.

 

Meneuse de revue en compagnie d’un léopard

C’est l’époque débridée des Années folles où les Noirs sont considérés avec une bienveillante condescendance par opposition à l’esprit colonialiste de la Belle Époque.

Un sicilien Guiseppe Abatino dit Pépito, ancien tailleur de pierre, souvent qualifié de « gigolo » devient en 1926 son amant, son mentor et son impresario, jusqu’à l’échec de sa tournée aux États-Unis en 1936.

Imaginons Joséphine à la tête de la revue des Folies Bergère de 1927, accompagnée d’un léopard à l’humeur fantasque qui fait frémir orchestre et public !

Le cinéma la sollicite pour quelques films mais c’est sur les planches du music-hall qu’elle enchante surtout son public.

 


https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Chateau_Milandes.jpg

 

Mariée en 1937 à un jeune raffineur français Jean Lion, elle acquiert la nationalité française et le couple loue le château des Milandes.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, investie dans la Résistance au titre de contre-espionnage et services secrets, elle fréquente la haute société parisienne, puis rejoint le Maroc et le Moyen-Orient. Engagée dans les forces féminines de l’Armée de l’Air, elle débarque à Marseille en octobre 1944.

Pour son action importante au service de la France Libre, croix de guerre et Légion d’honneur lui seront décernées.

 


Joséphine Baker en 1948 (photo studio Harcourt)

 

La guerre finie, Joséphine Baker devient l’une des premières ambassadrices de la haute couture française.

 

Sa tribu « arc-en-ciel »… son château puis… la ruine

En 1947, le compositeur, chef d’orchestre et violoniste Jo Bouillon devient son 4e mari. Le couple achète le château des Milandes. Là, au nom de son rêve de fraternité universelle, seront accueillis 12 enfants de toutes origines. Tous adoptés sous le nom de Bouillon, ils sont la tribu arc-en-ciel de Joséphine Baker.

Séparée puis divorcée de Jo Bouillon, Joséphine engloutit sa fortune dans le fonctionnement de sa propriété où vivent ses enfants.

Criblée de dettes et harcelée par le fisc, la chanteuse lance un appel en juin 1964 pour sauver son domaine. Malgré l’aide de Brigitte Bardot, le château est vendu en 1968.

Ruinée, Joséphine Baker se voit offrir par son amie la princesse Grace de Monaco, un logement à Roquebrune pour le reste de sa vie.

Remontée sur scène pour divers spectacles, elle enthousiasme encore la salle pour ses 50 ans de carrière le 9 avril 1975. Mais la mort l’emporte trois jours plus tard à l’âge de 68 ans.

 

 

Femme de scène, libre et au grand cœur

Le tempérament de Joséphine Baker est comme un concentré de la vivacité Gémeaux éclairée par le roi Lion.

Danser, être en scène, faire spectacle en toute liberté et enchanter son public, voilà tout ce qui lui plaît.

Curieuse de toute nouveauté, elle ne conçoit la vie qu’en mouvement dans une ambiance insouciante d’éternelle jeunesse, sans jamais s’attarder dans la monotonie.

Peu portée sur la gestion matérielle, elle court à la ruine avec son château au train de vie coûteux.

Être leader à la tête de spectacles grandioses et aussi s’investir pour de nobles causes humanistes résument tout le talent de cette artiste, symbole de la liberté Gémeaux sous le projecteur du Lion maître de la scène et devant un public international.

Qu’auraient été les Années folles, sans l’exceptionnelle Joséphine Baker ?

 

Pour retrouver Joséphine Baker dans J’ai deux amours de Vincent Scotto : https ://www.youtube.com/watch ?v=gRfrUdsL4Pk

 

 

 
(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

 


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