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Photographe du Paris artistique et pittoresque de la fin du 19e et début du 20e siècle, qualifié de « forçat de l’objectif », il est le « père » de la photographie moderne.

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Eugène ATGET

Né Jean Eugène Auguste ATGET le 12 février 1857 à 18h à Libourne Gironde 33
Selon acte état-civil n°25

Décédé le 4 août 1927 à Paris

 

 

Matelot rêvant de théâtre, il se fait photographe

Son objectif : faire une collection documentaire pour peintres

Il pratique son art à contre-courant de la mode

La valeur de son œuvre est reconnue à sa mort

Son œuvre devient patrimoine pour l’humanité

Un indépendant original reconnu après sa mort

 

 

Matelot rêvant de théâtre, il se fait photographe

Né d’un père artisan carrossier et devenu orphelin à l’âge de cinq ans, il est élevé par ses grands-parents à Bordeaux. Ce grand port de commerce situé au carrefour des routes terrestres, fluviales et maritimes est un centre actif de trafic maritime entre Méditerranée et Atlantique.

Ainsi, Eugène après de courtes études secondaires, répond à  l’appel du large. A 18 ans, il s’embarque comme garçon de cabine sur un paquebot de ligne desservant l’Amérique du Sud. Il connaît cette vie itinérante de 1875 à 1877. Ce sera son seul et unique grand voyage !

A 21 ans, il débarque à Paris avec l’idée d’entrer aux cours d’art dramatique du Conservatoire. En vain. Après son service militaire, il réussit à intégrer cette formation puis démarre une carrière d’acteur qu’il poursuit pendant quinze ans sans grande réussite. Entré en 1885 dans une troupe ambulante de comédiens, il y rencontre Valentine Delafosse-Compagnon, comédienne avec qui il restera jusqu’à la fin de sa vie.

Victime d’une affection des cordes vocales, il abandonne le théâtre et Paris et se lance dans la peinture, le dessin et la photographie. Dès 1890, de retour à Paris, il s’essaie à la peinture, sans plus de succès.

 

Son objectif : faire une collection documentaire pour peintres

Comprenant que peintres, architectes et graphistes ont besoin de documentation, il s’oriente vers la photographie avec l’idée de réunir une collection documentaire à destination des peintres.

Ainsi, lesté d’une vingtaine de kilos de matériel photographique, il se met à arpenter les rues de Paris, pour en saisir le pittoresque, l’instantané, le détail inhabituel.

Il s’intéresse à des thèmes peu prisés : les « petits métiers de Paris » qu’il voit disparaître. Et aussi les lieux ordinaires que sont les cours d’immeubles, les devantures des boutiques. Il fixe sur l’objectif tout ce qui, selon lui, est artistique ou pittoresque dans Paris. Il travaille par série et photographie jusqu’à épuisement un sujet avant d’en attaquer un autre. Cette manière de faire le fait qualifier de « forçat de la photographie ».  Un tel travail documentaire intéresse d’emblée des institutions telles que la Bibliothèque nationale ou le musée Carnavalet qui achètent par milliers ses photographies.


Musiciens de rue 1898-1899

 

Il pratique son art à contre-courant de la mode

Eugène Atget pratique son art de la photographie loin des techniques en vogue en ce tournant de siècle où imiter la peinture avec des flous et des retouches est très tendance.

Il néglige les appareils plus légers et rapides, et continue d’utiliser du matériel traditionnel en bois exigeant des poses longues. Ainsi la teinte de ses clichés n’est jamais noire et blanche mais oscille du sépia au brun-violacé selon les tirages offrant une gamme de contrastes intéressante.

Le couple Atget s’installe dans le quartier Montparnasse depuis 1899. Malgré une clientèle d’illustres artistes tels que Georges Braque, André Derain, Maurice Utrillo, Maurice de Vlaminck… la situation financière est précaire : le couple vit un temps sur les seuls revenus de sa femme. En effet Atget cesse la photographie pendant la Guerre de 14-18 et jusqu’aux années 1920.

 

La valeur de son œuvre est reconnue à sa mort

La valeur de son œuvre est découverte par les surréalistes peu avant la mort d’Atget en 1927. C’est l’année où le musée des Monuments historiques de Paris acquiert 2.000 plaques de son travail. Cette notoriété trop tardive n’évite pas à cet artiste-photographe une fin de vie misérable.

 

Son œuvre devient patrimoine pour l’humanité

Son œuvre constitue une documentation précieuse sur les quartiers anciens de Paris.

Berenice Abbott assistante du peintre, photographe et réalisateur Man Ray écrit à son propos : On se souviendra de lui comme d'un historien de l'urbanisme, d'un véritable romantique, d'un amoureux de Paris, d'un Balzac de la caméra, dont l'œuvre nous permet de tisser une vaste tapisserie de la civilisation française. 

Les clichés d’Atget – précurseur incompris de son temps – sont reconnus ensuite pour leur valeur esthétique d’exposition et pour leur valeur historique. On a dit à juste titre qu’il avait photographié ces rues comme on photographie le lieu d’un crime… désert… pour relever des indices… Elles inquiètent celui qui les regarde…

Le tirage de ses photographies se trouve principalement au musée Carnavalet, à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, à la Bibliothèque nationale de France ainsi qu’au Museum of Modern Art de New York.

Depuis 1978, une rue du 13e arrondissement de Paris porte son nom.


Le « Paris artistique et pittoresque » rue des Prêtres Saint-Séverin (Paris 5e)

 

 

Un indépendant original reconnu après sa mort

Un indépendant hors normes qui aime la précision du geste dans un esprit avant-gardiste, tel pourrait être l’aperçu du caractère d’Eugène Atget.

En avance sur son temps et donc incompris par ses contemporains, il est un créatif inspiré aux convictions bien arrêtées, qui agit à son idée et en marge des courants à la mode.

La vie ordinaire, celle des petites gens et des métiers en voie de disparition, inspirent particulièrement cet original intuitif. Peu soucieux de la mode en cours, il capte par l’image des instants éphémères qui entrent de fait dans la postérité et deviennent ensuite patrimoine pour ses frères humains.

En avance sur son temps, il œuvre avec une préscience de l’avenir, sans pouvoir trouver de son vivant une notoriété qui ne lui viendra qu’après la mort.

Atget fait partie des photographes choisis pour le carnet de timbres édité par La Poste en 1999.

 

 

En astrologie, d’où vient le goût pour la photographie ?

Pour en savoir plus, consulter le lien :
http://www.janinetissot.com/travaux/photographes.html

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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