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Génial inventeur et aussi prophète pacifiste de l’Europe avec sa monnaie unique dès 1928, cet ingénieur d’avant-garde croise le destin de Philibert Besson, député trublion de la IIIe République.

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Joseph ARCHER
(François Joseph ARCHER)

Né le 15 février 1883 à 11 heures du matin à Charolles Saône-et-Loire 71
Selon acte n°12 AD71 en ligne (5 E  106/38 vue 3/14)

Décédé le 20 mars 1957 à La Tronche Isère 38

 

 

Archer, le bien nommé, inventeur d’un canon révolutionnaire utilisé en 14-18

Né dans le Bourbonnais, il vient à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne faire ses études d’ingénieur.

Avec son frère, il « bénéficie » d’une éducation très spartiate. En effet, leur mère endurcit ses deux garçons en les faisant marcher pieds nus dans la neige !

Joseph restera toute sa vie un véritable ascète à l’inverse de son frère.

Marié à une amie d’enfance, il a dix enfants qui évoquent volontiers leur père, par ces mots :

« Un génie 100 ans en avance,

Des principes 100 ans en arrière. »

C’est ainsi que Joseph, toujours soutenu par son épouse, dirige en patriarche sa maisonnée qui doit s’aligner derrière lui, habité qu’il est par de grands desseins pertinents, visant au salut de l’humanité.

Devenu industriel dans la Nièvre, il se révèle un inventeur prolifique et imaginatif, avec un esprit très pragmatique.

Mobilisé dans l’infanterie en 1914, il passe la Grande Guerre à se battre  contre l’Etat-major de l’Armée pour faire accepter ses idées fort pertinentes afin de terminer victorieusement ce conflit qui s’enlisait.

En effet, le sergent Archer propose de remplacer le petit canon de tranchée de 58 mm qui était lent, imprécis et facilement repérable par un canon de 85 mm de son invention, aisé à déplacer, peu coûteux, très précis et surtout dix fois plus rapide.

Cette pièce d’artillerie est révolutionnaire à plus d’un titre. Et pourtant  le « Canon Archer » testé avec succès dès 1915, ne sera mis en production que le 18 août 1917, date où Clémenceau en ordonne la fabrication. Mais seuls 300 exemplaires sont mis en service. Ils donnent toute satisfaction lors de l’offensive du 15 juillet 1918.

Dès le mois de mai 1915, l’ingénieur Archer propose une automitrailleuse capable de soutenir l’infanterie en franchissant les tranchées et en transportant rapidement les troupes. Mais on lui préférera longtemps des engins à chenille, lents et peu mobiles.

 

Brillant visionnaire, de son génie inventif sortent des machines et… des idées révolutionnaires

La Guerre finie, Archer, toujours précurseur, se consacre à d’autres projets issus de son esprit aussi fertile qu’ingénieux.

Il entreprend d’électrifier le canton de Saint-Bénin, grâce à une centrale de son invention. Mais le veto des pouvoirs publics le contraint à limiter son entreprise à l’électrification de ses neuf fermes, où il fait amener l’eau grâce à des pompes Archer.

Pour fabriquer du charbon de bois, il invente un astucieux système pour récolter, transporter et tronçonner le bois. Et le gaz produit par le four à charbon de bois pouvait faire marcher une automobile ayant une autonomie de 2 000km. Il imagine pour la vente de ces véhicules, un système coopératif qui fournirait gratuitement le charbon pour la durée de vie du véhicule.

Son système d’avant-garde débouchera sur les coopératives agricoles, visant à réduire le coût des principales denrées alimentaires apportant ainsi un bien-être qui, une fois généralisé, conduit à la Paix entre les nations.

Il invente le Gyrophare dont il équipe sa propre voiture.

Il conçoit aussi la nacelle « Eolia »pour se déplacer aussi bien dans l’air, que sur terre et par mer. Elle est exposée au Conservatoire National des Arts et Métiers.

Sur le plan politique, sa grande idée fixe est d’établir durablement la Paix dans le monde. Et il s’attache à rechercher les moyens économiques, politiques et militaires pour y parvenir.

Son vaste programme  déclenche la risée de ses contemporains, car ce précurseur aux idées dérangeantes, a raison trop tôt.

 

Promoteur de l’Europe et de sa monnaie unique, 65 ans avant le Traité de Maastricht de 1993

Joseph Archer rencontre des hommes politiques dont le député Philibert Besson, avec qui il se lie d’amitié.

Il devient à son tour député de Haute-Loire en 1935, en remplacement de Besson déclaré inéligible  (XVe législature de la IIIe République).

Joseph Archer est longtemps maire de Cizely (Nièvre) et se fait l’ardent défenseur de la paix entre les Nations d’Europe. Il milite pour un programme fédériste de l’Europe où les états sont fédérés sans barrières douanières et avec une monnaie européenne l’Europa. Besson se fait un propagandiste acharné de ce programme car il considère que la France, ainsi, ayant résolu tous ces problèmes nationaux, ayant un idéal international, pourra être véritablement la reine de la paix.

Philibert Besson et Joseph Archer lancent à partir de 1928 des pièces et billets de cette monnaie européenne gagée sur le travail. Selon ces deux révolutionnaires, on ne mesure plus le prix des marchandises en unités monétaires. Dans ce troc, un Europa vaut 2kg de blé, 200gr de viande, 30 gr d’or, 2kg d’acier, 50cl de vin, 10kwh, 30 minutes de travail…

Ces deux précurseurs s’élèvent contre les « vautours » de l’industrie électrique et des chemins de fer et contre les spoliations dont sont victimes les paysans qui vendent leur blé aux industriels de la meunerie. C’est ainsi qu’ils créent, dans la région parisienne, 150 dépôts où l’on vend les « pains Philibert Besson », 29 sous au lieu de 39 sous.

Révoqué de ses fonctions de maire par le Gouvernement de Vichy, il est Interné et connaît des difficultés de santé. Il décède en 1957.

On peut saluer la mémoire de ce visionnaire humaniste qui a eu l’intuition que la paix et l’unité des peuples se bâtiraient par la monnaie, alors appelée « Europa ».

 

 


(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

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